Psaume 134 Le plus grand bien du pèlerin

LE PLUS GRAND BIEN DU PÈLERIN
Psaume 134

Paulin BÉDARD*

Chers frères et sœurs en Jésus-Christ,

Bénir Dieu et être béni par Dieu, voilà les deux plus belles réalités de la vie chrétienne. Bénir Dieu, dire du bien de Dieu, adorer Dieu, voilà le but premier de toute notre vie. Etre béni par Dieu, recevoir de Dieu le bien qu’il a préparé pour ses enfants, voilà notre besoin le plus grand. Bénir Dieu et être béni par Dieu ! Une parole qui monte au ciel, une parole qui descend du ciel. Voilà de quoi remplir notre vie de la plus grande richesse qui soit !

Le Psaume 134 est le dernier des quinze « Psaumes des montées ». Les pèlerins d’Israël sont montés à Jérusalem pour bénir l’Eternel et pour être bénis par l’Eternel. Le tout premier Psaume de la série avait commencé sur une note douloureuse. « C’est à l’Eternel que dans ma détresse j’ai crié (…). Malheureux que je suis (…). » (Ps 120.1, 5) Le dernier Psaume termine le parcours sur une note bienheureuse. « Bénissez l’Eternel ! (…) Que l’Eternel te bénisse ! » (Ps 134.1, 3) Tout au long du trajet, le pèlerin a fait l’expérience de la présence de Dieu. Il a trouvé en Dieu sa protection, sa joie, sa délivrance, son pardon, son espérance. « Le secours me vient de l’Eternel qui a fait les cieux et la terre. » (Ps 121.2) « Je suis dans la joie quand on me dit : Allons à la maison de l’Eternel. » (Ps 122.1) « Fais-nous grâce, Eternel, fais-nous grâce ! » (Ps 123.3) « Notre secours est dans le nom de l’Eternel, qui a fait les cieux et la terre. » (Ps 124.8) Et ainsi de suite. Il est normal que le dernier Psaume de ce long parcours se termine bien, et même très bien. Le Psaume 134 nous parle du plus grand bien du pèlerin.

1. Bénir l’Eternel (Ps 134.1-2)

« Voici : bénissez l’Eternel, vous tous, serviteurs de l’Eternel! » (v. 1) Le Psaume 133, juste avant, avait commencé de la même façon, avec le même mot : « Voici ! » « Voici qu’il est bon, qu’il est agréable pour des frères d’habiter unis ensemble ! » David avait attiré notre attention sur les bienfaits de la communion fraternelle. Voici, portez toute votre attention, c’est important ! Et maintenant, le Psaume 134 attire notre attention sur un bienfait encore meilleur. « Voici, bénissez l’Eternel ! » Voyez comme c’est grand ! Bénir l’Eternel !

Les pèlerins sont sur le point de quitter Jérusalem. La célébration qui a duré une semaine est presque terminée. Ils vont très prochainement redescendre de la montagne de Sion. Ils feront le voyage de retour et rentreront chacun chez soi. Mais juste avant de partir, les pèlerins ont quelque chose à dire à ceux qui restent au temple : « Voici », c’est important, portez attention ! « Bénissez l’Eternel, vous tous, serviteurs de l’Eternel, qui vous tenez dans la maison de l’Eternel pendant les nuits ! » L’exhortation s’adresse aux serviteurs de l’Eternel qui travaillent au temple en permanence, c’est-à-dire les Lévites. Les sacrificateurs et les Lévites étaient les seuls qui avaient le droit de s’approcher de Dieu au temple. Il était strictement interdit à tous les autres d’entrer dans le lieu saint. Dieu est saint et il est dangereux de s’approcher de lui.

Le premier livre des Chroniques nous dit que les Lévites exerçaient plusieurs fonctions dans le temple (1 Ch 9 et 23). Certains travaillaient même la nuit, pour garder l’entrée, pour s’assurer que les lampes restaient allumées ou pour chanter les louanges de Dieu. « Les chantres étaient à l’ouvrage jour et nuit. » (1 Ch 9.33) L’adoration devait se poursuivre jour et nuit. Dans le Psaume 134, les croyants encouragent les Lévites : « Continuez votre travail. N’arrêtez pas. Ne vous endormez pas. Continuez de louer Dieu pendant les nuits. » Les pèlerins vont bientôt partir, mais les Lévites doivent rester au temple. C’était leur devoir de bénir l’Eternel continuellement.

N’est-ce pas remarquable ? Les pèlerins qui se préparent à partir ont sûrement à l’esprit bien d’autres sujets de conversation. « Je dois préparer mes bagages et ne rien oublier. Avec qui allons-nous voyager ? J’ai du travail qui m’attend à la maison. J’aimerais visiter mon beau-frère. » Nous pouvons très bien comprendre. Que faisons-nous quand le culte est terminé ? Nous nous mettons à parler entre nous de toutes sortes de sujets : le sport, le travail, la famille, la santé, les voyages, la température. Nous changeons rapidement du mode « adoration » au mode « conversation ».

Le Psaume 134 oblige les pèlerins à penser autrement. La fête est sur le point de se terminer et voilà que les adorateurs sont encore en mode « adoration ». Ils ont le grand désir que Dieu continue d’être adoré, même une fois qu’ils auront quitté Jérusalem. Ils s’apprêtent à reprendre la route, ils seront bientôt de retour chez eux, ils se remettront à leurs activités régulières : travail, famille, train-train quotidien ; mais leur souci premier, c’est que Dieu continue d’être béni à Jérusalem. « Voici, bénissez l’Eternel, vous tous, serviteurs de l’Eternel, qui vous tenez dans la maison de l’Eternel pendant les nuits ! » Voilà le bien le plus grand, le trésor le plus précieux du pèlerin. Voilà le plus grand désir qui brûle dans son cœur. Que l’Eternel soit béni sans arrêt, jour et nuit !

Mais que signifie exactement « bénir l’Eternel » ? Bénir l’Eternel signifie dire du bien de lui, dire combien il est grand et puissant. Bénir Dieu, c’est reconnaître son caractère majestueux dans un acte d’adoration. Dieu a-t-il vraiment besoin d’être béni ? Lorsqu’on bénit quelqu’un, on enrichit cette personne d’un bienfait qu’elle n’a pas. On lui apporte quelque chose qui lui manque. Qu’est-ce qui manque à notre Dieu ? Qu’est-ce qui pourrait l’enrichir davantage ? Il possède toutes les richesses. Il n’a besoin de rien. Quand nous bénissons Dieu, nous n’ajoutons rien à tout ce qu’il possède. Nous l’adorons pour ce qu’il est. Nous reconnaissons qu’il possède tout et qu’il est immensément grand.

« Elevez vos mains vers le sanctuaire et bénissez l’Eternel ! » (v. 2) Les serviteurs élevaient leurs mains pour bénir Dieu. Il était fréquent d’élever les mains pour prier. Au verset 2, le mot qôdesh en hébreu a deux sens possibles : « sanctuaire » ou « sainteté ». Il est possible de traduire : « Elevez vos mains de sainteté et bénissez l’Eternel. » Pour bénir l’Eternel, il faut avoir des mains saintes. Paul dit : « Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, en élevant des mains pures, sans colère ni contestation. » (1 Tm 2.8) Pour prier Dieu, il faut des mains pures, des mains saintes. Nos mains symbolisent nos actions. Pour bénir Dieu dignement avec nos bouches, il faut que nos actions soient pures et saintes. Il n’était pas suffisant d’être né dans la tribu de Lévi, il fallait avoir des mains pures, une vie purifiée par le sang des sacrifices offerts sur l’autel. Il fallait que les serviteurs de Dieu soient pardonnés, purifiés et sanctifiés pour pouvoir bénir Dieu d’une manière qui lui soit agréable. Dieu demande une adoration qui vient d’un cœur pur et d’une vie sainte. « Elevez vos mains de sainteté et bénissez l’Eternel. »

Le Psaume 134 est maintenant accompli en Jésus-Christ. Nous n’avons plus besoin d’aller au temple de Jérusalem trois fois par année pour adorer Dieu. Jésus s’est offert lui-même en sacrifice pour nos péchés. Il a béni et glorifié son Père quand il était sur la terre. Et maintenant qu’il est au ciel, il est entré dans le sanctuaire céleste pour continuer de glorifier son Père. Il intercède pour nous continuellement auprès du Père. Jésus est devant son Père, jour et nuit, pour le bénir et pour prier en notre faveur. Il le fait sans arrêt, continuellement. Il élève des mains pures, des mains de sainteté, des mains innocentes qui ont été transpercées pour nos péchés. Il déverse sur nous son Esprit Saint pour qu’à notre tour nous devenions des adorateurs en esprit et en vérité. Si nous croyons en lui, il purifie nos cœurs, il purifie nos mains et nos actions pour qu’à notre tour nous puissions élever des mains pures, des mains de sainteté, et bénir l’Eternel.

Nous ne sommes pas comme ces pèlerins en Israël qui devaient quitter la présence de Dieu à Jérusalem. Nous avons libre accès dans la présence de Dieu. « Vous vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste. » (Hé 12.11) Nous n’avons pas besoin de confier à des spécialistes la responsabilité de bénir l’Eternel à notre place. Chacun d’entre nous est libre de s’approcher du trône de la grâce en tout temps. « Puisque nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus le Fils de Dieu (…) approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, en vue d’un secours opportun. » (Hé 4.14, 16)

Nous sommes unis à Jésus, notre grand Sacrificateur. C’est notre privilège de venir dans la présence même de Dieu. Voilà notre bien le plus grand ! Voilà notre richesse la plus précieuse ! Vous rendez-vous compte de l’immense privilège que nous avons ? Il ne s’agit pas d’une expérience temporaire, une fois par semaine. Nous avons accès à sa présence chaque jour, à chaque instant, jour et nuit. Bien sûr, nous ne pouvons pas toujours nous concentrer sur Dieu pour le bénir continuellement. Nous avons notre travail, nos occupations et nos responsabilités. C’est normal. Nous avons toutefois la liberté de louer Dieu n’importe où et n’importe quand. Nous devrions avoir au plus profond de notre cœur le désir de nous approcher de la présence de Dieu.

Nous sommes facilement portés à critiquer, à murmurer, à contester, à nous mettre en colère, à dire des paroles vides ou désagréables. Efforçons-nous au contraire de bénir notre Dieu. Nous avons tellement de raisons de le bénir. Avons-nous vraiment à cœur de bénir Dieu ? Est-ce là notre plus grand désir, notre bien le plus précieux ? Faisons-nous notre joie de dire au Seigneur qu’il est grand, jour après jour ? Exerçons-nous à bénir l’Eternel en toute circonstance. Profitons de chaque occasion pour dire du bien de notre Dieu, pour parler de sa grandeur et de sa grâce. Même la nuit, quand le sommeil fait défaut, quand vous souffrez d’insomnie, bénissez l’Eternel. Bénissez l’Eternel le jour et la nuit, en élevant des mains pures, purifiées par le sang de Jésus.

Le Psaume 134 n’est pas encore tout accompli. Nous sommes encore loin de le vivre pleinement, mais prenons courage ! Un jour, il sera entièrement et parfaitement accompli. Les serviteurs de l’Eternel qui bénissaient Dieu continuellement dans le temple sont un reflet de ce qui nous attend dans l’avenir, un reflet de ce que nous serons dans la gloire éternelle. L’apôtre Jean a vu dans une révélation la foule immense des rachetés qui bénissaient Dieu continuellement. « Ils sont devant le trône de Dieu et lui rendent un culte jour et nuit dans son temple. » (Ap 7.15) Nous aurons la joie de bénir Dieu et d’adorer Jésus-Christ parfaitement et continuellement. Mais pour cela, il nous faut d’abord être bénis par Dieu.

2. Etre béni par l’Eternel (Ps 134.3)

Le verset 3 répond aux versets précédents : « Que l’Eternel te bénisse de Sion, lui qui a fait les cieux et la terre ! » Cette réponse était probablement prononcée par un sacrificateur avant le départ des pèlerins. Le sacrificateur avait le rôle de bénir le peuple. Les pèlerins disaient aux Lévites : « Bénissez l’Eternel ! » Et le sacrificateur leur répondait : « Que l’Eternel te bénisse de Sion, lui qui a fait les cieux et la terre ! »

Quelle est la différence entre bénir Dieu et être béni par Dieu ? Rien n’est plus différent. Quand nous bénissons Dieu, il le mérite pleinement. Quand Dieu nous bénit, c’est par pure grâce, jamais sur la base de nos supposés mérites. Quand nous bénissons Dieu, nous reconnaissons sa grandeur. Nous déclarons qu’il possède tout en lui-même. Quand Dieu nous bénit, il nous donne ce que nous n’avons pas. Il fait de nous ce que nous ne sommes pas. Quand nous bénissons Dieu, nous n’ajoutons rien à toute la richesse qu’il possède. Nous reconnaissons simplement sa perfection et sa gloire. Quand Dieu nous bénit, il fait de nous de nouvelles créatures en Jésus-Christ. Il nous renouvelle entièrement par son Esprit. Il nous accorde le salut éternel qu’il nous est impossible d’acquérir par nous-mêmes. Il fait de nous ses enfants, les héritiers de son Royaume. Bénir et être bénis sont deux choses très différentes, mais deux choses qui vont ensemble. Quand Dieu nous bénit souverainement par sa grâce, nous avons alors la joie et le devoir de le bénir dans l’adoration.

Nous avons absolument besoin d’être bénis. Nous sommes des pécheurs qui ont besoin d’être pardonnés et recréés par la grâce et la puissance de Dieu. Sans sa bénédiction, tout ce qui reste, c’est la malédiction. Dans l’alliance, il y a seulement deux possibilités : la bénédiction ou la malédiction. Pour ceux qui rejettent le Seigneur et qui refusent de croire et d’obéir à sa Parole, c’est la malédiction qui demeure sur eux, le malheur et la mort éternelle. Nous dépendons entièrement de la bénédiction de Dieu en Jésus-Christ pour notre vie, aujourd’hui et dans l’éternité. Recherchons sa bénédiction. Désirons-la comme le trésor le plus précieux. Elle nous est promise : « Que l’Eternel te bénisse de Sion ! »

D’où vient sa bénédiction ? Elle vient d’un endroit bien précis. Elle vient de Sion. Dans l’Ancien Testament, c’est là que les pèlerins se rendaient, à Jérusalem, sur la montagne de Sion, pour recevoir la bénédiction des mains du sacrificateur. La bénédiction de Dieu était d’abord symboliquement représentée par les sacrifices d’animaux pour le pardon des péchés. La bénédiction était, ensuite, prononcée par le sacrificateur qui bénissait le peuple. « Que l’Eternel te bénisse et te garde ! Que l’Eternel fasse briller sa face sur toi et t’accorde sa grâce ! Que l’Eternel lève sa face vers toi et te donne la paix ! » (Nb 6.24-26) Aujourd’hui, d’où vient sa bénédiction ? Elle vient encore d’un endroit bien précis. Elle vient de la Jérusalem céleste, là où Jésus est monté. « Après avoir accompli la purification des péchés, il s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts. » (Hé 1.3) Pour avoir la vie éternelle, il faut la bénédiction de Dieu, et cette bénédiction vient de Jésus-Christ, uniquement.

Il nous reste encore une question qui peut nous trotter dans la tête. Cette bénédiction est-elle continuelle ? Est-elle disponible tous les jours ou est-elle seulement pour des occasions spéciales ? Les pèlerins en Israël pouvaient se demander : cette bénédiction, est-elle seulement pour les bons moments que nous passons à Jérusalem ? Non ! Elle était là pour éclairer chaque jour de leur vie. « Que l’Eternel te bénisse de Sion. » Cette parole voulait dire : la bénédiction que tu as reçue à Sion dure le reste de ta vie. Quand Jésus est monté au ciel, il a béni son Eglise. « Il leva les mains et les bénit. Pendant qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et fut enlevé au ciel. » (Lc 24.50-51) Cette bénédiction de notre Sauveur en gloire continue le reste de notre vie et demeure sur son Eglise de génération en génération.

Mais n’y a-t-il pas des situations qui peuvent nous rendre malheureux, des circonstances capables de nous enlever cette joie et cette paix avec Dieu ? Eh bien non, malgré les sombres nuages qui peuvent parfois planer sur nos têtes, aucune circonstance ne peut nous priver de la bénédiction de Dieu. Aucun nuage ne peut nous cacher la lumière de sa face. Pourquoi ? Parce que celui qui nous bénit est le Créateur tout-puissant. « Que l’Eternel te bénisse de Sion, lui qui a fait les cieux et la terre ! » Il est le Créateur tout-puissant et le Maître souverain du ciel et de la terre. Quand il bénit, rien ne peut s’y opposer.

Oui, soyons assurés de sa bénédiction qui nous est promise. Dépendons constamment de sa grâce. Ne soyons pas découragés si certains d’entre nous sont malades ou éprouvés. Ne soyons pas découragés de voir l’Eglise grandir si peu. Ne soyons pas découragés de voir l’Evangile si souvent rejeté. Ne soyons pas inquiets face à l’avenir de l’Eglise. Cessons de nous inquiéter. Croyons que Dieu bénira encore son Eglise, non pas à cause de nous, mais à cause de Jésus-Christ. Croyons qu’il a de grandes bénédictions en réserve pour nous dans l’avenir. Continuons de bénir notre Dieu sans nous lasser, sans nous arrêter. Il en est digne. Continuons de compter sur sa bénédiction. Nous en sommes indignes, mais Dieu nous l’a promise à cause de son Fils Jésus-Christ. Bénissez l’Eternel ! Que l’Eternel nous bénisse ! Amen.

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