Dieu et les hommes réconciliés par Jésus-Christ

Dieu et les hommes réconciliés par jésus-christ

Pietro BOLOGNESI*

La réconciliation est un changement dans la relation entre Dieu et l’homme. Elle consiste à établir un pont entre deux parties en conflit, à retourner à une bonne relation, à passer d’un état d’inimitié et d’aliénation à un état de paix et de communion. La réconciliation est donc la restauration d’une relation brisée par le péché. Exprimée ainsi, elle semble une notion assez simple. Et pourtant, lorsqu’on considère les études qui lui ont été consacrées[1], on se rend compte que bien des nuances sont nécessaires.

Nous n’aborderons pas les questions touchant à l’histoire de la doctrine[2]. L’actualité a déjà ses problèmes[3]. On sait comment la conception traditionnelle se heurte à la sensibilité moderne qui voudrait interpréter la réconciliation dans le cadre de la subjectivité dominante. Il y a donc une évacuation du sens classique, impossible à réduire à une question subjective. Le fait qu’il y ait une remise en question de la part des sciences humaines et qu’il y ait plusieurs théories à l’égard de la doctrine semble justifier une certaine prudence, voire une certaine indifférence. Les sensibilités actuelles ne semblent pas à l’aise avec l’idée de réconciliation telle que nous allons l’évoquer. Il est peut-être utile de se rappeler qu’on « doit choisir à ce point entre les sensibilités modernes et l’enseignement clair de Paul[4] ».

Si on comprend la réconciliation dans son sens classique, la réflexion menée à son sujet se situe au cœur de la doctrine du salut[5]. Par rapport aux autres perspectives concernant le salut comme rédemption (Ep 1.7 ; Tt 2.14 ; 1P 1.18-19), justification (Rm 3.24 ; Ga 3.13 ; Ep 1.7 ; 1P 2.24), propitiation (Rm 3.25 ; Hé 2.17 ; 1Jn 2.2, 4.10), sacrifice (Mt 26.28 ; 1Co 5.7 ; Ep 5.2 ; 1P 5.18-19 ; Hé 9.14), etc., « la réconciliation est peut-être le terme le meilleur et le plus expressif[6] ». En tant que restauration d’une relation brisée, d’un ordre rétabli[7], elle répond au besoin de salut de l’homme et elle évoque l’efficace de la croix de Christ sur le plan de la relation personnelle.

Même si toutes les perspectives évoquées font partie de la doctrine du salut et doivent ainsi être gardées ensemble, la réconciliation est liée, en particulier, au grand thème de la justification[8]. On pourrait dire qu’elle est sa conséquence directe. Romains 5.9-10 suggère un parallélisme entre la justification « par le sang de Christ » et la réconciliation avec Dieu par « la mort de son Fils». D’après Romains 5.10, il y a un lien très étroit entre la réconciliation et la mort de Christ. « Etre justifiés » est mis en parallèle avec « être réconciliés ». La justification qui opère « par son sang » est associée à la réconciliation « par la mort de son Fils ». La justification concerne la nouvelle position que le pécheur a devant le Juge ; alors que la justification évoque la relation objective dont le pécheur jouit auprès du Père, la réconciliation est comme son aspect intérieur et personnel. On pourrait dire qu’elle participe à la sphère de l’interpersonnel.

Rm 5.9 : « déclarés justes grâce à son sacrifice » / « sauvés » / « colère à venir »
Rm 5.10 : « ennemis » / « réconciliés par la mort de son Fils » / « sauvés par sa vie »

Si, d’un côté, le thème de la réconciliation peut être lié au centre de la doctrine du salut, de l’autre il en montre les conséquences dans une perspective la plus élargie possible. Si la réconciliation touche la justification, elle en développe aussi les conséquences au niveau de la vie chrétienne. Le fait qu’elle atteint quelque chose de personnel rend ce thème très actuel. La recherche de relations authentiques qui caractérise notre temps contribue à rendre cette doctrine particulièrement séduisante. La nécessité de la réconciliation (dans le domaine familial, conjugal, amical, éducatif, social, politique, ethnique, international) occupe une place remarquable à tous les niveaux de l’agenda moderne.

Il faudrait, cependant, non pas s’enfermer dans une perspective « moderne », mais situer notre sujet dans l’histoire de la rédemption. Paul Wells suggère que la révélation biblique est l’histoire de deux villes : Athènes et Jérusalem. L’une est celle de l’inimitié avec Dieu et l’autre celle de la réconciliation avec lui. La paix avec Dieu est une réalité grâce à la propitiation et à l’expiation du péché. La réconciliation apparaît donc comme étant l’état qui résulte de l’œuvre complète de Christ[9].

I. L’initiative du Dieu réconciliateur

Le thème de la réconciliation implique de considérer quatre passages. Ils utilisent directement le terme katallagè : a) Romains 5.11 ; b) 11.15 ; c) 2 Corinthiens 5.18 ; d) 5.19. On trouve aussi le verbe katallassein : Romains 5.10 [deux fois] ; 1 Corinthiens 7.11 ; 2 Corinthiens 5.18-20. En 1 Corinthiens 7.11, on trouve katallaghèto avec référence au mariage. Le fait que seul Paul en parle signifie simplement que cet aspect était suffisamment évident comme conséquence de l’œuvre de Christ[10]. On pourrait le voir comme une conséquence de la réflexion paulinienne sur le sens d’être « en Christ ».

Spicq estime qu’il y a là une transformation des relations entre Dieu et les hommes conforme au schéma des réconciliations mentionnées dans les textes païens[11]. La réconciliation est l’action par laquelle Dieu élimine les raisons de son aliénation du pécheur. Par sa nature, elle suppose l’initiative de Dieu face au péché des hommes. En affirmant cela, on souligne le fait que la réconciliation vient de Dieu et qu’elle est appliquée aux circonstances de l’homme lorsqu’il est sauvé par grâce[12].

Il est absolument nécessaire que Dieu prenne l’initiative de mettre fin au conflit. Le présupposé est que Dieu est en colère, car il y a une hostilité envers lui[13]. Dieu est justement en colère à cause des « fautes » des hommes (2Co 5.19), de leurs « œuvres mauvaises » (Col 1.21) et de leur opposition aux exigences de la loi (Ex 34.6-7). Grâce au sacrifice de Jésus qui s’est livré à la colère de Dieu, l’homme peut être réconcilié.

En dehors de l’alliance, l’homme est, en effet, opposé à Dieu et à tout ce qu’il fait (Rm 8.7). Dès sa naissance, il est ennemi de Dieu. Mais, à un certain moment, Dieu cesse de tenir compte des fautes et il choisit de restaurer la relation brisée par le péché grâce à l’œuvre de Christ.

Cette inimitié concerne l’homme et Dieu en même temps. Dieu est en colère légitimement. « La colère de Dieu est un thème persistant dans la Révélation[14]. » C’est l’expression de sa sainteté. Si, à cause de son péché, l’homme est opposé à Dieu, à cause de sa sainteté, Dieu est opposé au pécheur. Etre sous l’emprise du péché signifie donc aussi être sous l’emprise de la colère divine. Celui qui a été offensé doit donc être réconcilié (Mt 5.23-24 ; Rm 11.15 ; 1Co 7.11). Comme les hommes sont ennemis de Dieu, ils doivent être réconciliés. La question à laquelle la réconciliation doit faire face est celle du péché. Romains 5 rapproche « sauvés par lui de la colère » (v. 9) avec « nous étions ennemis » (v. 10). Si la situation de l’homme pécheur devant Dieu est celle qui résulte de la juste colère du Créateur, le salut implique la nécessité d’être sauvés de la colère de Dieu. Dieu met fin à l’état existant d’hostilité et à sa juste colère.

Dieu est hostile au péché et « on peut affirmer que la Bible présente d’une manière nette et constante un Dieu qui agit d’une manière incessante contre toute forme de mal[15] ». Le péché est évidemment beaucoup plus sérieux du côté de Dieu que du côté de l’homme. François Turrettini souligne que l’aliénation existe du côté de Dieu comme du côté de l’homme. C’est pourquoi « il fallait une réconciliation des deux côtés : de la part de Dieu, en éloignant sa colère ; de la part de l’homme, au travers d’une conversion »  ut ergo utrinque fuit abalienatio ; ita utriunque reconciliatio praestari debuit, à parte Dei per irae aversionem, à parte hominum per conversionem »). Et il poursuit : « La réconciliation est effectuée en faisant la paix par le sang de sa croix (Col 1.20) et par un sacrifice expiatoire (hilasmon, 1Jn 2.2). Mais cela n’implique pas seulement la conversion, mais avant tout l’apaisement de la colère de Dieu (qui est obtenue par la mort d’une victime). »  Reconciliatio fit per pacificationem in sanguine (Col 1.20) et hilasmon (1 Joh 2.2). At hoc conversionem non innuit, sed primario irae Dei placationem, quae morte victimae procuratur[16]»)

Le péché ne suscite pas seulement l’hostilité de l’homme, mais aussi celle de Dieu. A cause du péché, les hommes sont aliénés de Dieu et objets de sa juste malédiction. Le véritable problème est justement le péché. La vérité est que l’homme n’est jamais dans une position de neutralité. Ou il essaie d’attenter à la souveraineté de Dieu, ou il lui est soumis. A cause de cela, l’homme a un grand problème. « Le problème de l’humanité n’est pas qu’elle a quelque chose contre Dieu, mais que lui a quelque chose contre nous[17]. » D’un point de vue linguistique, les mots « ennemi », « inimitié », « hostilité » impliquent une réciprocité[18]. Il serait donc injuste de penser que l’inimitié concerne seulement l’homme. Tout en étant ((un fait)) réciproque, la réconciliation n’est pas la rencontre de deux volontés, elle est « surtout une initiative de Dieu[19] ». « De Dieu » (ek Theou) signifie que « Dieu est le réconciliateur. L’homme n’est jamais l’auteur de la réconciliation[20]. » Il s’agit de l’action décisive de Dieu par laquelle il cesse de tenir compte des fautes grâce au sacrifice de son Fils.

L’homme a besoin d’être réconcilié, car il a été créé pour être en communion avec Dieu. Sans une telle relation, l’homme n’est pas humain. Il a besoin de cette relation, car le péché l’a aliéné de Dieu et l’a rendu incapable d’être en communion avec son Créateur. Il parait évident que, dans une telle situation, l’homme ne peut pas se réconcilier lui-même. Il n’en sent même pas le besoin.D’ailleurs, il serait incapable de mettre fin à une inimitié aussi profonde. Il a donc besoin d’une intervention surnaturelle.

Dieu est toujours celui qui réconcilie. Il est le sujet par excellence de la réconciliation. C’est ainsi qu’on peut comprendre l’exhortation « Soyez réconciliés (…) » (2Co 5.20). Le verbe est au temps actif lorsque Dieu est le sujet et au passif lorsque c’est l’homme qui doit être réconcilié[21]. Avec la philologie, on ne bâtit pas la théologie, mais elle est un élément à prendre en compte. La réconciliation est tout entière œuvre de Dieu. C’est ainsi que l’on souligne son initiative miséricordieuse. Il n’y a pas de réciprocité, comme si les deux partenaires étaient mis sur le même plan. Avant que l’homme en sente le besoin, avant qu’il puisse se rendre compte du drame de son existence, Dieu a pris l’initiative. En venant sur terre pour expier les fautes des pécheurs, Jésus-Christ a accompli la volonté de Dieu. La réconciliation va donc être comprise comme une décision de la part de Dieu. « Tout cela vient de Dieu » (ek Theou : 2Co 5.18).

La réconciliation apparaît donc comme l’harmonie retrouvée, comme un acte paternel de la part du Père. Un acte qui implique une pleine restauration dans la relation. A la colère de Dieu suscitée par l’offense faite contre lui et sa loi, suit le salut de l’orgè vengeresse avec le rétablissement de la paix. Dieu renonce à sa juste colère et redevient bienveillant. C’est comme si un couple marié en arrivait jusqu’au divorce avant de se réconcilier[22]. L’état de paix est un élément propre à développer une atmosphère de confiance et de liberté avec Dieu. La paix de la réconciliation n’est pas seulement une affaire privée et individuelle entre Dieu et l’homme. Elle est aussi l’état de shalom, chanté par les psalmistes.

II. Jésus-Christ est le moyen de la réconciliation

Après avoir considéré la nature de la réconciliation, il nous faut en considérer le moyen. La réconciliation ne peut pas se produire sur un simple décret de Dieu, qui ne peut pas abaisser ses exigences. Dieu ne s’est pas adapté à la situation. L’Ecriture affirme que « Dieu nous a réconciliés avec lui par Christ » (2Co 5.18 ; aussi Col 1.22). Grâce à la mort de Christ, Dieu met un terme à sa juste hostilité vis-à-vis de nous. Il nous a donc réconciliés avec lui à la croix. La réconciliation est en Christ. C’est dans sa mort que se trouve le fondement de la réconciliation[23]. Si le péché a bouleversé, la grâce a restauré.

Comme cela a déjà été souligné, l’homme est passif dans la réconciliation. C’est Christ qui le sauve de la colère de Dieu. Ce ne sont pas les pécheurs qui sollicitent la grâce ou qui peuvent demander à être réconciliés avec Dieu. C’est Dieu qui prend l’initiative. Il la prend, car il est un Dieu de grâce et de miséricorde.

« Dieu était en Christ réconciliant le monde » (2Co 5.18-19) est au passé et évoque l’œuvre complète de Christ non pas tant par l’incarnation que par son expiation à la croix. Christ est notre représentant dans l’alliance avec Dieu et, à cause de notre union avec lui, nous devenons « justice de Dieu » (2Co 5.21). « La croix de Christ n’est pas seulement un acte pénal, mais aussi fédératif, car Christ y a accepté son office de médiateur et s’est identifié à notre condamnation. La mort de Christ a le caractère juridique de la représentativité[24]. »

Par le sacrifice du Fils, Dieu révèle la profondeur de son amour. Et, du même coup, il définit quelle était la condition antérieure du pécheur sous la colère de Dieu (Rm 1). Le sacrifice de la croix apparaît donc essentiel pour le salut du pécheur. Le péché du pécheur est transféré à Christ et la justice de Christ est transférée au pécheur. Les pécheurs échangent leur péché avec la justice du Christ. En Christ, Dieu ne tient pas « compte de leurs fautes » (2Co 5.19) et il condamne « l’innocent… à notre place » (2Co 5.21). C’est que Dieu s’est effectivement et non pas fictivement montré solidaire du pécheur en prenant sa place, en portant et ôtant le péché.

L’œuvre est donc achevée en Christ. Elle s’appuie sur son sacrifice une fois pour toutes. « Le Dieu qui a refusé de tenir compte de nos péchés en a tenu compte en Christ[25]. » Il a été fait péché pour nous afin que nous devenions justice de Dieu en lui[26]. Ainsi, grâce à la mort de son Fils, l’hostilité de Dieu est passée sur Jésus-Christ et elle a pris fin pour ceux auxquels Christ s’est substitué. Par ce sacrifice, Dieu rétablit une confiance obscurcie et détruite. Il se réconcilie avec le pécheur. La nouvelle création de Dieu n’est pas observable par tous, mais elle est là, efficace et pleine d’espérance.

Il s’agit, comme après les sacrifices de l’ancienne alliance, de retrouver la joie de la communion. De la détresse, on passe à l’allégresse, de la perdition au salut. En présence de l’Eternel, il y a place pour une relation restaurée (Lv 7.15-18 ; Ps 51.12-19, 16.7-9, 19.12-15). Mais cela demande un sacrifice. Entre l’adorateur et l’offrande, il y a un échange. Il ne s’agit nullement d’un échange impersonnel, mais plutôt d’un rapport impliquant la foi.

Entre le sacrifice de Jésus et les exigences de Dieu, il n’y a pas opposition, mais une totale harmonie. L’extraordinaire de l’Evangile est dans le fait que Dieu lui-même a porté le poids de notre péché et en a payé le prix. Et tout cela afin que des pécheurs puissent bénéficier de la plénitude de la grâce.

On comprend ainsi que, avec ce thème, on touche au cœur la doctrine du salut (sōtēria). C’est un sujet qui plonge au cœur du merveilleux « échange » qui a eu lieu à la croix. « Le prix de notre réconciliation a été l’aliénation de Christ[27]. » Par rapport aux autres loci de la doctrine du salut, le locus de la réconciliation donne à la dimension personnelle sa véritable qualité. Comme la rupture de l’alliance a été non seulement une fracture juridique, mais aussi relationnelle, la réconciliation présente les mêmes caractéristiques. Elle apparaît donc comme son aspect intérieur et personnel. Ce que la justification a annoncé prend vie. La réconciliation est, à la foi, objective et subjective, accomplie et appliquée, un acte de Dieu et un état de l’homme, Extra nos et In/pro nobis, abstraite et concrète, indicative et impérative, kerygmatique et parénétique, verticale et horizontale, déjà présente et pas encore, personnelle et cosmique. Colossiens 1.19-22 va dans le même sens lorsque il évoque la perspective universelle de la réconciliation.

La réconciliation a une connotation juridique[28]. « Tout sacrifice présuppose une certaine notion de la Loi… toute peine sacrificielle n’existe qu’en conséquence d’un principe antérieur de légalité qui a été bafoué, qui la structure matériellement… Tout langage sacrificiel est juridique par nature. Dans l’Ecriture, les langages légal, juridique et sacrificiel sont tellement fréquents, à propos de la mort de Christ, qu’il est difficile de ne pas conclure que certains mots, lorsqu’ils sont utilisés, sont chargés de signification[29]. » A la croix, le Fils s’est livré pour le pécheur en rétablissant une relation personnelle et formelle. Il s’agit d’un acte par lequel l’acte accusateur à été cloué (Col 2.14).

III. L’annonce de la réconciliation par les ambassadeurs

Après avoir vu l’initiative de Dieu en tant que réconciliateur, perçu la nature de la réconciliation et réfléchi au moyen donné par Dieu, Jésus-Christ, il nous faut réfléchir à ses effets. La réconciliation doit être reçue. Elle engage toute la personne qui désire que l’offensé abandonne sa juste inimitié. Il s’agit non pas seulement de comprendre sa nature et comment l’envisager, mais d’en saisir les effets. Pour être effective, la réconciliation doit donner lieu à une sorte d’acceptation de la part de l’homme. « Soyez réconciliés (…) ! » (2Co 5.20) La réconciliation comporte donc une responsabilité vis-à-vis de toutes relations. On pourrait parler d’une dimension ethnique, personnelle et cosmique.

– Ethnique. La réconciliation a pour effet d’abattre le mur spirituel qui séparait les Juifs des païens (Ep 2.14). Grâce au sacrifice de Christ, les païens qui étaient « étrangers aux alliances conclues par Dieu pour garantir sa promesse » sont entrés et font partie d’un nouveau peuple, d’une nouvelle humanité formée de Juifs et non-Juifs (Ep 2.15). Eux qui étaient à la fois « loin de Dieu et loin d’Israël » sont « devenus proches par le sang de Christ ». Christ qui est notre paix a rendu possible la paix (Ep 2.15) en détruisant le mur de séparation, car il a fait de deux « un seul » (Ep 2.14).

Si on pense au mépris et à la haine réciproque des Juifs et des païens, on peut saisir quelque chose du miracle de la réconciliation. L’hostilité a été effacée. La séparation a été dépassée. Les deux ethnies participent au royaume de Dieu, à la même famille (Ep 2.19), à la même promesse messianique (Ep 3.6). Ceux qui étaient exclus sont devenus « concitoyens » et « membres de la famille de Dieu » (Ep 5.19). Toute supériorité est effacée.

Cela doit se manifester aussi à l’intérieur de la communauté chrétienne. Les Eglises doivent devenir des microcosmes de la communauté finale réunie, sans plus aucune séparation, aux pieds de l’Agneau. C’est peut-être à cause des divisions existant parmi les chrétiens de Corinthe que Paul les implore : « Soyez réconciliés (…) ! » (2 Co 5.20) Il ne s’agit pas de trouver un compromis entre chrétiens, ni de faire assaut de charité chrétienne, mais d’être réconciliés avec Dieu par Christ. A l’horizon de la promesse faite à Abraham, toutes les familles de la terre sont bénies par le peuple de Dieu réconcilié avec lui.

A partir de là, l’Eglise peut être un véritable modèle de relations. Elle ne prêche pas seulement la réconciliation, mais elle est elle-même un modèle de réconciliation. La réconciliation avec Dieu et la réconciliation avec ses fils sont inséparables au point que toute scission ou discorde lacère ou déchire la personne de Christ lui-même (1Co 1.13).

D’un point de vue apologétique, la vision d’une réconciliation entre des gens divers est un des messages les plus frappants qu’on puisse communiquer. Les conflits sont partout présents et le peuple de Dieu a la possibilité d’incarner une nouvelle société libérée des conflits traditionnels. Apaisées avec Dieu, les personnes peuvent vivre une véritable communauté.

– Personnelle. Dans la réconciliation, il y a aussi un élément très personnel. Le pécheur est en paix avec Dieu. Ses conflits sont apaisés. Il a la liberté de s’approcher de Dieu dans une prière confiante. Il s’agit de « l’accès (prosagôgè) à Dieu » (Rm 5.2). « Accès à Dieu » implique aussi retrouver sa propre place dans la création et le sens de sa vocation dans son dessein. Par l’alliance, Dieu restaure l’unité de la personne. Il est inimaginable d’être réconcilié avec Dieu et de ne pas partager une telle délivrance avec soi-même.

S’il est vrai que « celui qui est en Christ est une nouvelle créature » (2Co 5.17), on pourrait évoquer la guérison personnelle dans un sens strict. En réconciliant le pécheur avec lui, Dieu lui montre comment dépasser la compartimentation de sa vie. L’acceptation de la part de Dieu est un puissant moteur pour être réconcilié avec son propre passé. L’homme se sent aussi poussé à renouveler toutes ses relations dans le présent et à anticiper le renouvellement de la création.

Le renouvellement dégage une nouvelle énergie. Le rétablissement de la relation du fils prodigue avec le père semble solliciter l’autre frère d’adopter une nouvelle position. Tout se passe comme si l’énergie libérée par la réconciliation met en marche de nouveaux questionnements là où la conviction d’un droit avait étouffé une véritable relation.

La réconciliation transforme les hommes en ambassadeurs de la réconciliation. Si les évangélistes peuvent annoncer la paix (Ep 2.17), c’est parce que Dieu a accompli la réconciliation. L’œuvre de la réconciliation accomplie en Christ n’est pas une décision impersonnelle. Elle vise des pécheurs qui ont à se repentir et à croire. Ceux-ci doivent être exhortés à être réconciliés avec Dieu. Il faut donc qu’une annonce soit faite.

La figure de l’ambassadeur comporte en général autorité et dignité. L’ambassadeur parle avec une parole forte qui n’a pas besoin de recommandations. A l’arrière-plan, il y a l’autorité de la personne qui l’a envoyé. Il jouit donc d’une bonne réputation. Cependant, la figure de l’ambassadeur est plutôt liée ici à une invitation[30]. « C’est au nom du Christ que nous vous supplions. » (2Co 5.20) Les ambassadeurs bibliques sont marqués par une sorte de faiblesse, qui se nourrit constamment de la grâce de Dieu. Malgré leurs limitations, Dieu se sert d’eux, « comme si Dieu exhortait par nous » (2Co 5.20) !

Il y a dans l’œuvre de Dieu une formidable énergie. C’est pourquoi « l’amour de Christ nous oblige » (2Co 5.14). Paul se sentait poussé par l’amour de Christ. C’était une force irrésistible. Se savoir en paix avec Dieu l’incitait à aller vers les pécheurs encore hostiles à Dieu. L’idée de paix est d’une extraordinaire richesse[31]. Elle n’est pas seulement absence d’hostilité, mais pleine harmonie. Elle n’est pas seulement loin de ce qui est faux, mais proche de ce qui est juste. C’est le terrain sur lequel il est possible de grandir et de viser la plénitude. Tous les bienfaits sont désormais accordés.

Les réconciliés deviennent à leur tour des messagers et des ambassadeurs. Ils éprouvent peut-être une certaine faiblesse, mais ils savent aussi qu’ils n’annoncent pas un message ayant leur propre autorité. Ce qu’ils annoncent ce n’est pas leur expérience, ni leur réflexion, mais ce dont ils ont été chargés. La force de leur message vient de la réconciliation accomplie par Dieu au moyen du sacrifice de Jésus-Christ. Tel est leur message. A cause de la merveilleuse œuvre accomplie par le Fils, les chrétiens sont en ambassade.

– Cosmique. L’œuvre de la réconciliation n’a pas seulement une signification ethnique et personnelle, elle a aussi un effet cosmique. Pour Paul, le Christ est le « cosmocrator » aux pieds de qui le Père a placé toutes choses (Ep 1.22). Par une telle vision, on est comme éblouis[32]. Pour Paul, la mort et la résurrection de Jésus-Christ ont un effet universel et cosmique.

D’après Colossiens 1.20, la primauté de Christ indique que le Père a réconcilié toutes choses (« tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux »). Sa seigneurie concerne l’œuvre de la création comme celle de la rédemption ; l’univers et aussi l’Eglise. A cause de son sacrifice, Christ est entré dans son règne (Ep 1.21-23) et il a instauré l’ordre nouveau au sein de la création. Dès ce moment-là, il y a comme une réconciliation progressive qui touche tous ceux qu’il sauve. Par ses ambassadeurs, il réconcilie à soi-même. « Il réconciliait le monde avec lui-même » (2Co 5.19: forme imparfaite « èn katallassōn »).

Paul semble utiliser un néologisme (apokatallasō) pour souligner avec encore plus de force ce qu’il veut dire. Pour certains, ce que Paul veut souligner n’est pas tout à fait clair. Il y a sûrement un accent sur la souveraineté de Christ sur les hérétiques de Colosses, qui semblaient enseigner l’existence d’intermédiaires angéliques entre le Créateur et la réalité matérielle. Il y aussi le bouleversement intervenu au niveau cosmique[33]. Paul avait déjà parlé de façon générale d’une création qui aurait dû être « libérée de la servitude de la corruption » (Rm 8.21). Cet événement se situerait dans le futur. Une sotériologie individualiste ne semble pas adéquate dans la perspective biblique.

Les puissances doivent être soumises et mises dans l’impossibilité de nuire, étant placées sous ses pieds[34]. Il y a vraiment un grand contraste avec leur activité actuelle (Ep 6.12). Elles plieront les genoux dans une soumission obligée (Ph 2.9-11). Il s’agirait donc d’une « pacification… force à une puissance irrésistible[35] ». Dieu a, en effet, tout mis sous les pieds de Jésus-Christ (Ep 1.10, 22). Comme une nouvelle création (ktisis, 2Co 5.19), une résurrection (Rm 11.15), il y a place pour une assurance confiante, fière, joyeuse (kauchèma: 2Co 5.11).

Il s’agit d’un sens cosmique général. Parce que Paul a parlé de la nouvelle création en Christ comme de quelque chose qui dépasse la vieille création ruinée par le péché d’Adam (2Co 5.17), il est difficile de limiter la pensée de Paul seulement aux êtres humains. Il n’est pas non plus vraisemblable qu’il pense seulement à tous les croyants ou les païens opposés à Israël (comme en Rm 11.15). Il semble envisager l’univers dans son ensemble. « Toutes choses » sont en train d’être réconciliées au travers de la croix de Christ.

Les effets de l’obéissance du deuxième Adam ne peuvent être moindres que les effets de la désobéissance du premier Adam. Comme la désobéissance d’Adam à eu des répercussions sur la création entière, l’obéissance de Christ portera l’harmonie dans l’univers entier. Le cosmos sera, enfin, en paix avec Dieu grâce à l’œuvre rédemptive de Christ (cf. Rm 8.18-21; Ep 1.10 ; Ph 9-11 ; Col l.20). Il ne s’agit pas d’un universalisme sotériologique. Ce qui est visé, ce sont les hommes. « Et vous qui étiez autrefois étrangers et ennemis par vos pensées et par vos mauvaises œuvres, il vous a maintenant réconciliés pas sa mort dans le corps de sa chair. » (Col 1.21) Si on veut comprendre quelque chose de la glorieuse amplitude de l’œuvre de la rédemption de Christ, il faut aussi penser à sa dimension cosmique. Tous les ennemis seront soumis.

Paul semble illustrer la nature de la réconciliation à l’aide d’un motif militaire (2Co 2.14, 10.3-5 ; Col l.13, 2.15). C’est comme si la guerre décisive avait déjà eu lieu et il est seulement question du temps avant que les armes soient déposées. Dans sa sagesse, le ministère de la réconciliation est déjà en train d’encourager les ennemis à déposer les armes. La contemplation de la glorieuse vérité du programme de Dieu de réconcilier le monde au travers l’Evangile de Christ pousse Paul à une exhortation pleine de force : « Soyez réconciliés avec Dieu ! »

Dans ses multiples résonances, la réconciliation nourrit une énorme dynamique théologique. Elle est une de ces vérités qui touchent l’homme au plus près. Comme elle enseigne que Dieu est désormais apaisé, elle le pousse en avant. Comme à cause de l’Evangile, toute hostilité a pris fin, on peut jouir de la paix qui a commencé à la croix et être, à tous les niveaux, un ambassadeur pour la seule gloire de Dieu.

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* P. Bolognesi est directeur de l’Institut de théologie évangélique (IFED) à Padoue (Italie).

[1] G.K. Beale, « The Old Testament Background of Reconciliation in 2 Corinthians 5-7 and Its Bearing on the Literary Problem of 2 Corinthians 6.14-7:1 », NTS (35/4) (1989), 550-581 ; J. Dupont, La réconciliation dans la théologie de saint Paul, Bruges, Desclée de Brouwer 1953 ; J. Fitzmyer, « Reconciliation in Pauline Theology », No Famine in the Land : Studies in Honor of John L. McKenzie, ed. J.W. Flanagan and A.W. Robinson ; Missoula, MT : Scholars Press, 1975, 155-77 ; D. Gunthrie, New Testament Theology, Downers Grove, IL, IVP 1981, 486-92 ; E. Käsemann, « Some Thoughts on the Theme The Doctrine of Reconciliation in the New Testament », The Future of our Religious Past : Essays in Honor of Rudolf Bultmann, ed. J.M. Robinson and R.P. Scharlemann, New York, Harper, 1971, 49-64 ; G.E. Ladd, A Theology of the New Testament, Grand Rapids, Eerdmans 1974, 450-56 ; I.H. Marshall, « The Meaning. of ‘Reconciliation’ », Unity and Diversity in New Testament Theology : Essays in Honor of George E. Ladd, ed. R.A. Guelich, Grand Rapids, Eerdmans 1978, 117-32 ; R. Martin, Reconciliation : A Study of Paul’s Theology, Atlanta : John Knox 1981 ; L. Morris, The Apostolic Preaching of the Cross, Grand Rapids, Eerdmans 1955, 186-223 ; J. Murrray, « The Reconciliation », in Collected Writings of John Murray, vol. 4, Edimbourg, Banner of Truth 1982, 92-112 ; H. Ridderbos, Paul : An Outline of His Theology, Grand Rapids, Eerdmans 1975, 182-86 ; L. Sabourin, « Christ made ‘Sin’ (2Co 5.21) : Sacrifice and Redemption in the History of a Formula », in S. Lyonnet, L. Sabourin (eds.), Sin, Redemption and Sacrifice : A Biblical and Patristic Study, AnBib, 48, Rome, PBI 1970, 187-296 ; C. Stenschke, « The New Testament Doctrine of Reconciliation in the Light of Modern Theology » (FEET 1998) ; R.V. Taylor, Forgiveness and Reconciliation, London, Macmillan 1941, 83-129 ; D. Tidball, The Message of the Cross, Leicester, IVP 2001, 216-231.

[2] P. Wells résume ainsi les conceptions sur le sacrifice de la croix : « Une rançon payée au diable (Origène) ; une récapitulation de la vie humaine (Irénée) ; un exemple de foi et d’obéissance (Pélage, Abelard, Socini) ; le paiement d’une dette (Anselme) ; une substitution pénale (Luther et Calvin) ; une démonstration de justice (Grotius) ; une influence mystique (Schleiermacher) ; une victoire sur le mal (G. Aulen) ; une démonstration de l’amour de Dieu (le libéralisme). » « La croix : un sacrifice ? », LRR (1999), 76.

[3] Pour une réflexion sur le présent, H. Blocher, « Le sacrifice de Jésus-Christ : la situation théologique présente », Hokhma (1999), n° 71, 15-35.

[4] R. Gaffin, « Atonement in the Pauline Corpus », in The Glory of the Atonement, C.E. Hill and F.A. James III (ed.), Downers Grove, IVP, 2004, 158.

[5] Cela ne signifie pas pour autant qu’elle en soit le « thème principal » ou le « centre » de la théologie paulinienne, comme le soutient R.P. Martin, Reconciliation. A Study of Paul’s Theology, 5.

[6] J.I. Packer, God’s Words, Leicester, IVP 1981, 121.

[7] J. Murray, Redemption Accomplished and Applied, Grand Rapids, Eerdmans, 1955, 39.

[8] « La réconciliation est parallèle à la justification », F. Büchsel, TWNT I, 256 (GLNT, I, 685).

[9] P. Wells, Cross Words, Fearn, Christian Focus Publ. 2006, 212.

[10] I.H. Marshall, « The meaning of… », 127-8.

[11] C. Spicq, Notes de lexicographie néo-testamentaire, Göttingen, Vandenoeck & Ruprecht 1978, t. I, 407.

[12] Cf. un classique comme L. Morris, The Apostolic Preaching of the Cross et The Cross of Jesus, 6-7.

[13] Irénée : « Pour nous il réconcilia son Père, contre lequel nous avions péché et par son obéissance il a guéri notre désobéissance. » (Adv. Haer. V,17,1). L’obéissance du deuxième Adam réconcilie Dieu offensé par le premier Adam. Augustin souligna que les hommes avaient besoin d’un Réconciliateur pour apaiser la haine de Dieu en offrant un sacrifice (Enchiridion ad Laur. X,33 : in hac hira cum essent homines per originale peccaturm… necessarius erat mediator, hoc est reconciliator, qui hanc iram sacrificiis singularis… oblatione placaret. » CCL 46,68. Cf. aussi J. Calvin, Inst., II.xvi.6 ; II.xvi.3.

[14] R. Nicole, Our Sovereign Saviour, Fearn, Christian Focus, 2002, 96.

[15] L. Morris, The Apostolic Preaching of the Cross, 196.

[16] F. Turrettini, Institutio theologiae elencticae, in qua status controversiae perspicue exponitur, Praecipua Orthodoxorum Argumenta proponuntur & vindicatur, & Fontes solutionum aperiuntur, Genevae [1679-85]; citation de la meilleure version par Benedict Pictet, Trajecti ad Rhenum, Ernestum Voskuyl, 1696, pars secunda, 471 ; tr. angl. Institutes of Elenctic Theology, vol. 2, Phillipsburg, Presb. and Ref., 1994, 433.

[17] P.G. Ryken, The Message of Salvation, Leicester, IVP 2001, 120.

[18] J. Stott, La croix de Jésus-Christ (orig. The Cross of Christ, Leicester, IVP 1987), Bâle, Editions Brunnen, 1988, 191.

[19] F. Büschel, TWNT I, 255 (GLNT I, 684).

[20] C. Hodge, Second Epistle to the Corinthians. An exposition, Londres, Banner of Truth 1959, 142.

[21] J. Denney, The Christian Doctrine of Reconciliation, Carlisle, Paternoster 1998, 233ss ; J. Stott, La croix de Jésus-Christ, 190 : « Lorsque le verbe est à la voix passive, c’est l’homme qui est le sujet. »

[22] L’exemple paradoxal est suggéré par R. Nicole, op. cit., 91.

[23] H. Ridderbos, Paul. An Outline of His Theology, 186-7; T.R. Schriener, Paul Apostle of God’s Glory in Christ, Downers Grove, IVP, 2001, 222-223.

[24] P. Wells, « La croix : un sacrifice ? », op. cit., 82.

[25] J. Stott, La croix de Jésus-Christ, op. cit., 193.

[26] Cf. J. Calvin, Inst., II.xvi.2. Sur le sujet de la satisfaction, voir aussi F. Turrettini, op. cit., vol. II, 418ss.

[27] S.B. Ferguson, « Preaching the Atonement », in The Glory of the Atonement, C.E. Hill and F.A. James III (ed.), op. cit.

[28] J. Murray, Redemption Accomplished…, 39. 

[29] P. Wells, « La croix : un sacrifice ? », op. cit., 77, 79.

[30] A. Bash, Ambassadors for Christ : An Examination of Ambassadorial Language in the New Testament (WUNT 2/92), Tübingen, J.C.B. Mohr (Paul Siebeck), 1997.

[31] W. Foerster, « Eirênē », ThWNT II, 398 (tr. it. GLNT III, col. 191).

[32] Pour la vision cosmique, voir P.E. Hughes, qui affirme « that the cosmic rehabilitation is brought about through the salvation of fallen mankind », Paul’s Second Epistle to the Corinthians, Grand Rapids, Eerdmans 1962, 209.

[33] P.T. O’Brien, Colossians, Philemon, Waco, Word 1982, 53.

[34]  J. Murray, « The Reconciliation », WTJ XXIX (1966), maintenant dans Collected Writings of John Murray, vol. 4, 99.

[35] F.F. Bruce, The Epistles to the Colossians, to Philemon and to the Ephesians, Grand Rapids, Eerdmans 1984, 210 ; P.T. O’Brien, aussi.

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