Paulin BÉDARD – La Revue réformée http://larevuereformee.net Thu, 14 May 2015 09:14:00 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.8.13 Psaume 126 La restauration du pèlerin http://larevuereformee.net/articlerr/n269/psaume-126-la-restauration-du-pelerin Thu, 14 May 2015 11:14:00 +0000 http://larevuereformee.net/?post_type=articlerr&p=890 Continuer la lecture ]]> LA RESTAURATION DU PÈLERIN
Psaume 126

Paulin BÉDARD*

Peuple du Seigneur,

La route du pèlerin est parsemée de joies et de larmes. Autrefois, les pèlerins montaient à Jérusalem pour célébrer les grandes œuvres du Seigneur. Sur la route, ils passaient par des hauts et des bas. Ils se souvenaient avec joie des grandes œuvres que Dieu avait accomplies pour eux. Dans leurs peines, ils espéraient que Dieu ferait encore de grandes choses. Nous aussi, nous sommes des pèlerins en route vers la nouvelle Jérusalem. Le Seigneur a fait de grandes choses pour nous. Il nous a restaurés dans sa grâce. C’est un sujet de grande joie. En même temps, le voyage n’est pas terminé. Nous avons besoin que le Seigneur nous restaure encore. Nous attendons une joie encore meilleure. Le Psaume 126 célèbre la restauration du pèlerin.

1. La joie de la restauration passée (Ps 126.1-3)

« Quand l’Eternel ramena les captifs de Sion, nous étions comme ceux qui font un rêve. » (v. 1) Le pèlerin regarde en arrière et se souvient d’une restauration que Dieu a déjà faite dans le passé. Il doit « se pincer » pour être sûr que cela est bien réel. C’est comme un rêve, et pourtant cela est bien réel. Dieu nous a ramenés ! Il nous a restaurés ! De quelle restauration s’agit-il ? Plusieurs pensent qu’il s’agit du retour de l’exil. Une partie d’Israël a été déportée à Babylone. Plus tard, à l’époque de Néhémie, Dieu les a ramenés en Israël. Oui, c’était comme un rêve. Ils ont été punis à cause de leurs péchés, déportés loin de la terre promise et Dieu, dans sa bonté, les a ramenés, il les a restaurés ! Il est possible, en effet, que le verset 1 parle de ce retour de l’exil, mais ce n’est pas certain. Le texte ne le dit pas.

L’expression « ramener les captifs », en hébreu, a un sens très large. Littéralement, on peut traduire : « L’Eternel retourna le retour. » Dieu a fait un retournement. Il a produit un renversement de situation. Le livre de Job contient la même expression : « L’Eternel rétablit la situation de Job. » (Jb 42.10) Job avait perdu ses richesses, ses enfants, sa santé, et Dieu a renversé la situation. L’expression doit donc être prise au sens large de restauration, de rétablissement, de renouveau. Toute l’histoire d’Israël est remplie de renouveaux et de renversements de situation.

Prenons, par exemple, la sortie d’Egypte. Israël était esclave en Egypte, dans la misère profonde. Dieu les a sortis de cette fournaise pour les conduire dans le pays promis. Quelle grande restauration ! Certains pensent que le Psaume 126 célèbre non pas le retour d’exil, mais la sortie d’Egypte, mille ans auparavant. Quand l’Eternel les délivra par son bras puissant, quand il fit périr les Egyptiens dans la mer, c’était comme un rêve. Du jour au lendemain, eux qui étaient des esclaves ont été libérés ! Il fallait « se pincer » pour vérifier que ce n’était pas un rêve. Plus tard, les pèlerins montaient chaque année à Jérusalem pour aller célébrer la fête de la Pâque. Ils marchaient en chantant les « Psaumes des montées ». Qu’est-ce qu’on célébrait lors de la Pâque ? La sortie d’Egypte ! L’Eternel ramena les captifs de Sion, prisonniers en Egypte. Il renversa la situation et les rétablit dans sa grâce.

Mais Dieu n’avait pas terminé. Plusieurs fois, l’Eternel a restauré son peuple. Il leur a donné des juges pour les délivrer de leurs ennemis : Gédéon, Samson, Samuel. Il les a délivrés de Sennachérib. Toute l’armée assyrienne encerclait Jérusalem. Ezéchias implora l’Eternel et Dieu envoya son ange, qui tua 185 000 soldats assyriens. Le lendemain matin, il fallait « se pincer » à Jérusalem, c’était comme un rêve. Les ennemis étaient disparus (2R 19).

Les pèlerins chantent le Psaume 126 pendant qu’ils montent à Jérusalem. Ils commémorent une restauration. Laquelle ? Sortie d’Egypte ? Libération des Philistins ? Mort de Sennachérib ? Retour de l’exil ? Nous ne savons pas et il n’est pas nécessaire de le savoir. L’important, c’est de voir la réaction. Quelle est la réaction des pèlerins ? La joie ! « Alors notre bouche riait de joie, et notre langue poussait des cris de triomphe. » (v. 2) La joie d’être délivrés des Egyptiens, la joie d’être épargnés par les Assyriens, la joie d’être ramenés d’exil. L’événement est tellement surprenant, tellement inattendu qu’il déclenche un rire presque incontrôlable. La bouche est remplie de rires joyeux. La langue pousse des cris de joie. Les choses allaient vraiment mal, mais Dieu a fait pour eux une œuvre très grande. Il a renversé la situation. On s’émerveille de ce que Dieu a fait ; cela provoque l’étonnement et la joie ! Les pèlerins expriment leur émotion avec passion, la passion de louer l’Eternel. Nous étions dans la misère et nous sommes libres ! Quel soulagement et quelle joie !

Même les païens autour d’eux le voient et le savent. « Alors on disait parmi les nations : L’Eternel a fait pour eux de grandes choses ! » (v. 2) Quand les deux espions sont allés à Jéricho, Rahab, la prostituée, leur a dit : « L’Eternel, je le reconnais, vous a donné ce pays, la terreur que vous inspirez s’est abattue sur nous, et tous les habitants de ce pays défaillent devant vous. Car nous avons appris que l’Eternel a mis à sec devant vous les eaux de la mer des joncs, lors de votre sortie d’Egypte (…). » (Jos 2.9-10) Quand Dieu fait du bien à son peuple, il s’arrange pour que les nations païennes le sachent. Même chose au retour de l’exil : « Les nations reconnaîtront que je suis l’Eternel qui sanctifie Israël (…). » (Ez 37.28) L’Eglise s’en réjouit et répond : amen ! « L’Eternel a fait pour nous de grandes choses ! Nous sommes dans la joie ! » (v. 3)

Aujourd’hui, nous sommes venus célébrer ensemble les grandes choses que l’Eternel a faites pour nous ! Sommes-nous dans la joie ? Quand l’Eternel a renversé la situation de son peuple, quand Dieu a envoyé son propre Fils dans le monde, quand Jésus est mort sur la croix pour payer notre dette, quand nous étions esclaves de nos péchés et qu’il nous en a libérés, quand nous étions prisonniers de la condamnation et de la mort et qu’il nous a acquittés, « nous étions comme ceux qui font un rêve ». Tout cela semblait trop beau pour être vrai. Il fallait « se pincer » pour être sûr et certain que c’était bien réel. Oui ! c’est réel ! « Alors notre bouche riait de joie, et notre langue poussait des cris de triomphe ! »

Les païens regardent l’Eglise et se disent : « Le Seigneur a fait pour eux de grandes choses ! » Et l’Eglise répond : amen ! « L’Eternel a fait pour nous de grandes choses ! Nous sommes dans la joie ! » Le Seigneur a fait de grandes choses dans nos vies. Il a complètement renversé la situation. Il nous a délivrés de nos péchés par son Fils. Il nous a donné son Saint-Esprit. Il nous a fait connaître sa Parole. Il a régénéré nos cœurs. Il nous a fait passer de la mort à la vie. Il nous a restaurés dans sa grâce. Chaque fois que nous nous éloignons, il nous ramène à lui. Il nous a fait du bien tellement souvent ; cela devrait provoquer l’étonnement et la joie ! Sommes-nous dans la joie ? Quand nous chantons ensemble des chants joyeux en son honneur, avons-nous le cœur abattu, le visage triste et la bouche qui marmonne, ou nos cœurs et nos bouches expriment-ils des chants joyeux ? Bien sûr, dans la vie chrétienne, il y a des peines et des tristesses, il y a des moments plus difficiles. La route du pèlerin est parsemée de joie et de larmes, mais la joie devrait prédominer, parce que le Seigneur a fait pour nous de grandes choses ! Il nous a restaurés par Jésus-Christ !

Le pèlerin regarde en arrière et se réjouit, parce qu’il se rappelle que Dieu a déjà fait de grandes choses pour son peuple. Mais que Dieu fait-il maintenant et que pouvons-nous espérer pour l’avenir ? Pouvons-nous avoir confiance que le Seigneur va encore nous restaurer ? Oui, certainement ! Le pèlerin regarde en avant, plein d’espérance.

2. L’espérance de la restauration à venir (Ps 126.4-6)

Le pèlerin se souvient que Dieu a déjà restauré son peuple. Ensuite, que fait-il? Il prie, il demande au Seigneur : « Fais-le encore ! » « Eternel, ramène nos captifs comme des torrents dans le Négueb. » (v. 5) « Ramène nos captifs », c’est-à-dire « restaure-nous ». Nous retrouvons la même expression qu’au verset 1. « Retourne un retour. » « Renverse la situation encore une fois. » Pour les chrétiens, la mémoire du passé n’est pas de la nostalgie : « Ah, autrefois, c’était le bon vieux temps ! » Non, la mémoire du passé nous donne une raison de prier et d’espérer que Dieu agira encore. « Tu l’as déjà fait… fais-le encore. » « Merci – je t’en prie. » Tu nous as fait sortir d’Egypte ! Quelle joie ! Merci ! Maintenant, je t’en prie, délivre-nous de Sennachérib. Tu nous as délivrés de Sennachérib. Quelle joie ! Merci ! Maintenant, je t’en prie, fais-nous sortir de Babylone et ramène-nous dans notre pays. Tu nous as envoyé ton Fils bien-aimé, tu nous as délivrés de nos péchés, tu nous as justifiés ! Quelle joie ! Merci ! Maintenant, je t’en prie, sanctifie-nous, transforme-nous. Tu nous as donné ton Saint-Esprit. Nous sommes dans la joie ! Merci ! Maintenant, je t’en prie, que ton Saint-Esprit nous fasse porter encore plus de fruit.

Telle est la prière du pèlerin en marche vers la nouvelle Jérusalem. Cette prière n’est pas seulement pour lui, elle est pour toute l’Eglise. Tu nous as placés dans ton Eglise. Tu nous as donné des anciens, des diacres, des frères et sœurs avec toutes sortes de beaux talents. Merci, Seigneur ! Tu nous donnes le privilège d’entendre ta Parole chaque semaine. Merci pour les enseignements, merci pour le groupe de jeunes, merci pour toutes les personnes qui ont un amour pour toi et pour ton Eglise. Nous sommes dans la joie parce que le Seigneur a fait pour nous de grandes choses. Maintenant, nous t’en prions, continue, Seigneur. Fais-le encore. Restaure-nous encore ! Produis un renouveau dans nos cœurs et dans ton Eglise. Ramène ceux qui se sont éloignés. Fortifie nos mariages et nos familles. Donne à nos jeunes une plus grande maturité. Fais-nous grandir. Ajoute de nouveaux chrétiens dans l’Eglise.

« Eternel, ramène nos captifs comme des torrents dans le Négueb. » Le Négueb est une région assez désertique au sud de la Palestine. L’été, il y fait chaud, l’air y est sec. L’herbe a de la difficulté à pousser. Puis, soudainement, la pluie transforme le paysage. Des torrents jaillissent, puissants et rafraîchissants. En l’espace d’une journée, les fleurs se mettent à pousser. C’est l’image d’une restauration puissante, presque instantanée. C’est l’image de la souveraineté de Dieu capable de transformer un désert en jardin luxuriant. « Le désert et le pays aride s’égayeront; la steppe tressaillira d’allégresse et fleurira comme un narcisse; elle se couvrira de fleurs et tressaillira avec chants d’allégresse et de triomphe. » (Es 35.1-2) « Car je répandrai des eaux sur le sol altéré et des ruisseaux sur la terre desséchée ; je répandrai mon Esprit sur ta descendance et ma bénédiction sur ta progéniture. Ils germeront au beau milieu de l’herbe. » (Es 44.3) Le Saint-Esprit est comme une eau pure déversée sur un sol desséché.

Vous connaissez des gens autour de vous qui sont morts spirituellement ? Le Saint-Esprit est capable de produire un renversement dans leur vie. Et vous-mêmes, il vous arrive peut-être de passer par des sécheresses spirituelles ? Il nous arrive tous de traverser des déserts. Nous perdons de l’intérêt pour la Parole de Dieu, nous prions moins, nous sommes moins fervents, nous prenons nos distances par rapport à des frères et sœurs dans l’Eglise. Dieu est capable de transformer nos vies en profondeur. Depuis la Pentecôte, l’Esprit Saint continue d’arroser l’Eglise comme un torrent d’eau fraîche.

Le pèlerin prie. Il espère un renouveau. Il espère tellement qu’il se met au travail. Il nous encourage à travailler pour qu’un renouveau se produise. Le Psaume 126 contient deux images. Première image, des torrents dans le Négueb : c’est l’image de la souveraineté de Dieu. Il est capable d’agir quand il veut, en un instant s’il le veut. Deuxième image, la semence et la moisson. C’est l’image de la responsabilité humaine. Retroussons nos manches et mettons-nous au travail. « Ceux qui sèment avec larmes moissonneront avec cris de triomphe. Celui qui s’en va en pleurant, quand il porte la semence à répandre, s’en revient avec cris de triomphe, quand il porte ses gerbes. » (v. 6)

Dieu nous a déjà restaurés dans le passé, alors nous prions : « Seigneur, fais-le encore. Restaure-nous encore ! » La prière est nécessaire, mais une fois qu’on a prié, on se lève, on prend son sac de graines et on va semer ses graines. Le renouveau spirituel est toujours l’œuvre du Dieu souverain, mais n’oublions jamais la responsabilité humaine. Dieu nous appelle à prier et ensuite il nous appelle à travailler. Il nous demande de semer nos graines avec la promesse suivante : Dieu produira le renouveau au moyen des graines que nos mains auront semées. Nous sommes co-ouvriers avec Dieu, dit l’apôtre Paul (1 Co 3.9).

Le travail d’un fermier est un travail exigeant. Il faut travailler dur, se lever tôt, se coucher tard, être à son affaire, labourer, patienter, persévérer. Oui, la joie prédomine dans la vie chrétienne, mais il y a aussi des larmes : « Ceux qui sèment avec larmes… Celui qui s’en va en pleurant, quand il porte la semence à répandre… » Pourquoi des larmes ? Parce que le travail est exigeant, parce que la terre n’est pas facile à cultiver, parce que nous risquons même de perdre nos graines. Nous ne connaissons pas l’avenir. Nous ne savons pas si nos graines vont germer, si nos efforts vont produire quelque chose. Il y a des risques et il faut du temps avant de voir le résultat. Souvent nous manquons de patience, nous imaginons des résultats instantanés.

Oui, le Seigneur a promis de nous restaurer, mais il n’a jamais dit que le processus serait facile. Dieu est souverain et peut produire une transformation radicale en un instant, comme avec un torrent qui jaillit. Mais Dieu nous demande aussi de semer et de patienter. Il faut du temps avant de récolter la moisson. Il ne faut pas se décourager si les fruits sont encore peu abondants. Je parle des fruits dans nos propres vies, nos progrès spirituels. Je parle des fruits dans l’Eglise, l’épanouissement de l’Eglise. Je parle aussi des fruits dans l’évangélisation, des nouvelles conversions.

Jésus a semé avec larmes. Il a semé à grands cris. Il a travaillé dur, il a souffert, il est mort, il a été enseveli, comme une graine ensevelie dans la terre pour ensuite produire une belle récolte. Il a supporté la croix, méprisé la honte, « en vue de la joie qui lui était proposée » (Hé 12.2). Aujourd’hui, il est assis sur son trône, à la droite de Dieu. Il est entré dans la gloire et la joie. Il récolte abondamment ce qu’il a semé. Il rassemble son peuple des quatre coins de la terre. Il nous a confié la semence de sa Parole. Allons, nous aussi, semer en pleurant, dans nos vies, dans nos familles, dans l’Eglise et dans le monde. Plus tard, nous récolterons dans la joie. « Ceux qui sèment avec larmes moissonneront avec cris de triomphe. » C’est une promesse !

Nous vivons dans un entre-deux. Le Seigneur nous a déjà restaurés. Il a promis de nous restaurer encore. Nous sommes déjà dans la joie. Pourtant, nous semons dans les larmes. Un mois plus tard, une année plus tard, plusieurs années plus tard, nous récolterons dans la joie. Dieu nous fait porter des fruits déjà sur cette terre. Un jour, ce sera la grande récolte finale. Soyons patients et persévérants. Ayons confiance qu’un jour, quand Jésus reviendra, il complétera parfaitement son œuvre de restauration. Ce jour-là, nous entrerons dans la nouvelle Jérusalem. Le Seigneur essuiera toute larme de nos yeux (Ap 21.4). C’est une promesse ! Nous serons réunis avec tous les pèlerins de l’Ancien et du Nouveau Testament. Nous porterons tous ensemble nos gerbes dans une joie complète. Nous chanterons ensemble un chant nouveau, le chant de la grande moisson, le chant de la restauration pleinement accomplie. Nous serons dans la présence de Jésus et nous crierons : Oui, l’Eternel a vraiment fait pour nous de grandes choses ! Nous sommes dans la joie ! Amen.

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Psaume 127 La source de bénédiction du pèlerin http://larevuereformee.net/articlerr/n269/psaume-127-la-source-de-benediction-du-pelerin Thu, 14 May 2015 11:14:00 +0000 http://larevuereformee.net/?post_type=articlerr&p=891 Continuer la lecture ]]> LA SOURCE DE BÉNÉDICTION DU PÈLERIN
Psaume 127

Paulin BÉDARD*

Bien-aimés du Seigneur,

Nous continuons notre marche sur la route du pèlerin avec les « Psaumes des montées ». Le Psaume 127 nous fait voir que les pèlerins en Israël n’étaient pas seulement des voyageurs. Ils étaient aussi des bâtisseurs. C’étaient des gens qui voyageaient trois fois par année pour aller célébrer l’Eternel à Jérusalem, mais, pendant le reste de l’année, ils étaient occupés à bâtir des maisons, à protéger des villes et à prendre soin de leurs familles. Toutes ces activités, ils devaient les entreprendre en comptant sur celui qu’ils allaient célébrer à Jérusalem. Comment nos familles, comment nos projets, comment nos travaux peuvent-ils prospérer ? Seulement si Dieu donne sa bénédiction. Le Psaume 127 nous parle de la source de bénédiction du pèlerin. Le Seigneur est la source de toute bénédiction.

1. Sans la bénédiction du Seigneur, tous nos efforts sont inutiles (Ps 127.1-2)

Ce Psaume est divisé en deux parties, mais il contient trois sujets : le travail, la sécurité, la famille. D’abord le travail : « Si l’Eternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain. » (v. 1) Le roi Salomon nous enseigne que tous nos efforts déployés au travail sont inutiles sans la bénédiction du Seigneur. Le travail est un don de Dieu (Gn 1.28, 2.15). Après la chute, le travail est devenu difficile parce que Dieu a maudit le sol à cause du péché (Gn 3.17-19). Au lieu de s’humilier, les hommes sont devenus arrogants. Ils se sont mis à penser qu’ils pouvaient produire des bons fruits par leurs propres efforts. Ils se sont mis à s’enorgueillir de leurs accomplissements. Pensez à la tour de Babel. L’orgueil a poussé les hommes à construire cette tour. Ils s’imaginaient pouvoir bâtir une tour jusqu’au ciel par leur propre force. Dieu a mis fin à leur projet (Gn 11.1-9). Leur travail était inutile. « Si l’Eternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain. »

Il y a beaucoup de gens habiles et laborieux qui ont la même attitude aujourd’hui. Ils refusent de reconnaître que Dieu est la source de tout ce qu’ils possèdent. Ils prétendent que Dieu n’a rien à voir avec le succès qu’ils ont dans leur travail ou dans leur entreprise. Nous savons qu’au bout du compte leur succès ne va pas durer longtemps. La vie est courte et un jour nous allons nous présenter devant Dieu. Ceux qui s’imaginent indépendants vont s’apercevoir qu’ils ont travaillé toute leur vie en vain, pour absolument rien. Les accomplissements de ceux qui meurent en dehors de Jésus-Christ vont disparaître en fumée.

Salomon utilise trois fois le mot « vain ». Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ? « Vanité des vanités, tout est vanité. » (Ec 1.2) Le livre de l’Ecclésiaste écrit par Salomon a montré toute la vanité qu’il y a à vivre sans Dieu. Salomon en a fait lui-même l’expérience. Qu’est-ce que Salomon a bâti ? Il a bâti une famille avec des centaines de femmes et de concubines. Il a bâti un royaume qui a fini par tomber en ruine à cause de sa polygamie et de ses péchés. Salomon a fait des mauvais choix. En conséquence, son travail est devenu inutile.

Mais Salomon, par la grâce de Dieu, a aussi fait de bonnes choses. Il a entrepris un très beau projet de construction. Il a bâti une maison, la maison de l’Eternel, le temple à Jérusalem. C’est là, au temple, que les pèlerins se rendaient pour adorer Dieu. Cette maison était une bénédiction parce que Dieu était impliqué dans le projet. Si l’Eternel bâtit la maison, ceux qui la bâtissent ne travaillent pas en vain. Leur travail est utile, parce qu’ils reconnaissent que Dieu est la source de toute bénédiction.

Quelle est notre attitude face à notre travail, à nos projets ou à nos études ? Prévoyons-nous avoir du succès grâce à nos efforts ? Ou bien croyons-nous que Dieu seul pourra bénir nos travaux ? Si nous pensons que tout cela dépend de nous, tôt ou tard nous allons découvrir que tous nos efforts sont inutiles. Toutes les fois que nous entreprenons un nouveau projet, commençons d’abord par nous demander si c’est la volonté de Dieu, et commençons par prier pour que Dieu bénisse nos projets.

Ce Psaume s’applique aussi à l’Eglise, la maison du Seigneur. Nous sommes co-ouvriers avec Dieu. Comme Salomon, nous faisons des efforts pour bâtir la maison du Seigneur, le temple du Saint-Esprit. « Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain. » Si nous travaillons à bâtir l’Eglise sans compter sur l’aide du Seigneur, nos efforts seront inutiles. Si nous pensons pouvoir attirer des gens à l’Eglise par d’autres moyens que ceux choisis par Dieu (sa Parole et son Esprit), tous nos efforts seront inutiles. Certaines Eglises cessent de prêcher l’Evangile. A la place, elles inventent des trucs pour attirer les gens. Parfois, elles ont beaucoup de succès, car elles ne parlent plus du péché ou de la repentance ; soyons certains que leur succès ne durera pas longtemps.

Jésus est un Roi plus grand que Salomon. Dans toutes ses entreprises, il a toujours compté sur la bénédiction de son Père. Il a toujours obéi à sa Parole. Il a prié pour tous ses besoins. Nous pouvons être certains qu’il n’a pas travaillé en vain. Son enseignement, sa mort sur la croix, sa résurrection, tout cela n’a pas été inutile. Jésus a dit : « Je bâtirai mon Eglise et les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle. » (Mt 16.18) Nous pouvons être certains que son projet de construction va réussir. Tous ceux qui travaillent en comptant sur Jésus-Christ et sur sa bénédiction peuvent être certains que leur travail ne sera pas inutile. « Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, progressez toujours dans l’œuvre du Seigneur, sachant que votre travail n’est pas vain dans le Seigneur. » (1 Co 15.58)

Deuxième sujet du Psaume : la sécurité. « Si l’Eternel ne garde la ville, celui qui la garde veille en vain. » (v. 1) Nous bâtissons, ensuite nous voulons protéger ce que nous avons bâti. Le roi Salomon avait à cœur la protection de Jérusalem. Il avait des chevaux, il avait une armée, mais il avait compris que c’est Dieu qui protège la ville. Combien de fois avez-vous entendu nos dirigeants nous dire que la sécurité de notre ville ou de notre pays dépendait de Dieu ? Un pays peut avoir l’armée la plus puissante, si nous ne cherchons pas la protection de Dieu, tôt ou tard, le pays sera détruit soit par des envahisseurs, soit par la décadence morale. Cela est arrivé des centaines de fois dans l’histoire. Cela est arrivé à Jérusalem, quand Israël a cessé de mettre sa confiance en Dieu.

Dieu promet que la nouvelle Jérusalem sera gardée en parfaite sécurité. Il promet même de garder ses enfants en sécurité durant tout leur voyage sur la terre. Inutile d’avoir peur. Ayons confiance en lui. Il est notre sécurité. Même si Dieu venait nous chercher cette nuit, nous avons la promesse que, si nous sommes unis à Jésus, nous allons nous réveiller dans la gloire avec Dieu. Mais pour ceux qui cherchent leur sécurité ailleurs qu’en Jésus, ils se réveilleront, un jour, au milieu des pires tourments.

Ceux qui comprennent que leur vie est vaine et inutile peuvent réagir de deux façons. Certains se désespèrent et peuvent aller jusqu’au suicide. En dehors de Jésus-Christ, ils ne voient pas de sens à leur vie. D’autres, au contraire, se mettent à travailler plus fort. Dans leur désir de trouver un sens à leur vie, ils redoublent d’énergie. « En vain vous levez-vous tôt le matin, vous couchez-vous tard, et mangez-vous le pain d’affliction. » (v. 2) Ces gens deviennent esclaves de leur travail. Ils brûlent la chandelle par les deux bouts. Ils pensent qu’en travaillant toujours plus, ils y trouveront un sens d’accomplissement. Ils n’arrivent jamais à se contenter de ce qu’ils ont, mais tous leurs efforts sont inutiles. Un jour, ils devront se présenter devant le Juge des vivants et des morts. Aujourd’hui déjà, ils mangent « le pain d’affliction ». Leur pain provient d’un travail pénible. Leur pain, ils le mangent avec un cœur troublé. Ils sont tellement préoccupés par les soucis du travail qu’ils n’arrivent même pas à goûter paisiblement le fruit de leur travail. Ils ne sont pas capables de prendre plaisir à manger un bon repas. Les soucis les affligent.

Le Seigneur « en donne autant à son bien-aimé pendant qu’il dort » (v. 2). Cela ne veut pas dire que nous pourrions dormir sans jamais faire l’effort de travailler. Cependant, ceux qui comptent sur Dieu reçoivent des cadeaux gratuits plus riches que tout le salaire de ceux qui comptent sur leur propre force. Connaissez-vous l’autre nom qui est donné à Salomon dans la Bible ? Salomon s’appelait aussi Yedidya (2 S 12.25), qui veut dire « bien-aimé de l’Eternel ». Nous retrouvons le même nom dans ce Psaume. Salomon utilise son nom ! Le Seigneur « en donne autant à son bien-aimé pendant qu’il dort ». Qu’est-ce que Dieu a donné à Salomon, son bien-aimé, pendant qu’il dormait ? Dieu lui a donné la sagesse, comme Salomon l’avait demandé pendant son sommeil (1 R 3). Il lui a donné la sagesse de diriger son royaume. Il lui a aussi promis des richesses.

Jésus est le bien-aimé de son Père, le bien-aimé par excellence. « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toute mon affection. » (Mt 17.5) Jésus est plein de sagesse et plein de richesse. Quand nous sommes unis à lui, nous devenons des bien-aimés du Seigneur et nous recevons gratuitement des trésors immenses. Il nous en donne beaucoup plus pendant que nous dormons que tout le salaire de ceux qui pensent être la source de leur propre bonheur. Quel Dieu plein de grâce nous avons !

2. Avec la bénédiction du Seigneur, nous trouvons le vrai bonheur (Ps 127.3-5)

La deuxième partie du Psaume semble traiter d’un sujet bien différent. Salomon a parlé du travail et de la sécurité, maintenant il parle de la famille. Certains commentateurs pensent qu’à l’origine ces deux parties étaient deux Psaumes séparés qui auraient, par la suite, été collés ensemble. C’est bien mal comprendre la Bible. Au fond, tous ces sujets vont ensemble. Pourquoi travailler et bâtir une maison ? Pour la famille. Pourquoi garder la ville ? Pour protéger la famille. Si l’Eternel bâtit la maison et si l’Eternel garde la ville, c’est pour nous donner le bonheur d’avoir une famille à la gloire de Dieu. Cela aussi est un don de l’Eternel. Travail, protection, famille : le Seigneur est la source de toute bénédiction !

« Voici que des fils sont un héritage de l’Eternel, le fruit des entrailles est une récompense. » (vv. 3-5) Les enfants sont une récompense, non pas dans le sens que nous méritons d’en avoir, mais dans le sens qu’ils sont précieux. Une telle idée ne correspond pas tellement à la mentalité moderne. Aujourd’hui, bien des gens pensent que les enfants sont un fardeau, une charge financière, une responsabilité pénible. Quelle tristesse ! La Bible nous dit, au contraire, que les enfants sont un héritage de l’Eternel, un cadeau précieux du Seigneur. D’autres s’imaginent que l’enfantement est seulement un phénomène naturel que nous pourrions contrôler par des techniques de reproduction, comme si nous avions le contrôle sur la vie. La Bible nous dit que c’est Dieu qui rend stérile et qui rend fertile. Les enfants sont un cadeau de Dieu.

Les jeunes qui ont le désir de se marier ou les jeunes couples déjà mariés devraient prendre au sérieux cette parole. Les enfants sont une grande richesse pour la famille, pour l’Eglise et pour la société. Au lieu de décider tout seuls à quel moment vous aurez des enfants et combien d’enfants vous voulez avoir, commencez plutôt par vous mettre à genoux en demandant à Dieu : « Quelle est ta volonté pour notre couple, Seigneur ? Nous sommes à ton service. Nous comptons entièrement sur toi pour notre famille, toi seul est la source de toute bénédiction. »

« Comme les flèches dans la main d’un héros, ainsi sont les fils de la jeunesse. » (v. 4) Salomon utilise une image militaire. Les enfants sont comme des flèches dans la main d’un guerrier. Ils sont une protection devant l’ennemi. Le guerrier doit bien viser pour atteindre la cible. Les parents sont responsables d’éduquer leurs enfants dans la foi. C’est la cible visée. Tant que la flèche n’a pas quitté la main, tant que les enfants n’ont pas quitté la maison, nous devons viser la cible pour que nos enfants apprennent à connaître la Parole de Dieu et à répondre avec amour à l’appel du Seigneur. Encourageons les jeunes parents à lire la Bible à leurs enfants, à prier avec leurs enfants, à être un bon exemple pour leurs enfants. Rappelons-nous cependant que nous ne pouvons pas donner la foi à nos enfants. Le Seigneur nous garde humbles. Encore là, nous dépendons entièrement de la grâce de Dieu. Comptons sur lui et sur sa promesse. Il est la source de toute bénédiction.

« Heureux l’homme qui en a rempli son carquois ! » (v. 5) Savez-vous combien de flèches on pouvait mettre dans un carquois ? Imaginez un guerrier qui s’en va à la guerre, il veut apporter plus que quatre ou cinq flèches avec lui. On dit qu’un carquois à cette époque contenait trente flèches. Un carquois dans un char en contenait cinquante. Evidemment, aucun mariage monogame ne peut remplir un tel carquois. On comprend, bien sûr, l’idée générale. C’est une bénédiction pour des parents d’avoir plusieurs enfants. Mais Salomon ne pense pas seulement à des familles individuelles. Il pense à toute la famille de Dieu. Le Seigneur avait promis à Abraham une descendance nombreuse comme les étoiles du ciel. C’est un bonheur et une bénédiction pour l’Eglise d’avoir beaucoup d’enfants, un carquois bien rempli. Les enfants sont une bénédiction quand ils sont des flèches qui atteignent la cible, et non pas quand ils transpercent le cœur des parents. Les parents sont vraiment heureux quand leurs enfants marchent avec le Seigneur. Prions que Dieu donne à notre Eglise plusieurs familles et plusieurs enfants qui apprennent à connaître le Seigneur. Encore là, nous dépendons de la bénédiction de Dieu en toutes choses.

« Ils n’auront pas honte, quand ils parleront avec des ennemis à la porte. » (v. 5) Salomon utilise maintenant une image juridique. La porte de la ville était l’endroit où les anciens exerçaient la justice. Si quelqu’un intente un procès contre vous, il vous amène à la porte de la ville pour vous accuser devant les anciens. Si l’accusateur est méchant et vous accuse faussement, comment vous défendrez-vous si vous êtes seul ? Si vous avez plusieurs fils avec vous, ce sera une protection. Ils parleront pour vous, en votre faveur. Autrement dit, les enfants sont une sécurité pour les parents, une protection qui est un don de Dieu.

Salomon a eu des centaines de femmes, mais curieusement la Bible ne mentionne qu’un seul fils de Salomon, Roboam, qui a continué la lignée royale promise à David. Salomon n’avait qu’une seule flèche dans son carquois. Il avait besoin de bien viser… Une flèche qui a parcouru les siècles, en suivant la trajectoire de Roboam, Abiyam, Asa, Ezéchias, Josias, jusqu’à Jésus-Christ. La flèche a fini par atteindre la cible. Elisabeth remplie de l’Esprit a dit à Marie : « Le fruit de tes entrailles est béni ! » (Lc 1.42) Son fils est un héritage de l’Eternel, le don de Dieu le plus précieux. Heureux ceux qui se confient en lui !

Nos enfants peuvent être une joie et un bonheur pour nous seulement parce que Jésus, le Fils promis, est venu nous sauver et nous protéger. C’est lui qui a reçu la flèche destinée aux ennemis de Dieu. Il a été transpercé par la lance du soldat. C’est lui qui est mort à notre place à cause de nos péchés, pour apaiser la colère de Dieu. C’est lui qui parle pour nous aux portes de la ville. C’est lui qui prend notre défense contre Satan, notre accusateur. C’est lui qui plaide pour nous et qui nous défend devant le tribunal de Dieu. C’est lui qui règne aujourd’hui sur son Royaume et qui bâtit son Eglise. Tout notre salut vient de Jésus-Christ. Comptons sur lui. Il est la source de toutes bénédictions spirituelles.

Pendant notre pèlerinage sur terre, nous sommes occupés à travailler, à protéger nos villes et à prendre soin de nos familles. N’oublions jamais que nous sommes des pèlerins voyageurs. Nous sommes en marche vers la nouvelle Jérusalem. Nous allons adorer Dieu et remercier notre Sauveur pour toutes les bénédictions qu’il nous accorde si généreusement. Comptons sur lui dans toutes nos entreprises. Nos efforts ne sont pas inutiles. Même le jour où nous allons nous endormir du sommeil de la mort, le Seigneur en donne encore plus à ses bien-aimés pendant qu’ils dorment. Un jour, nous ressusciterons et nous recevrons gratuitement l’héritage et la récompense préparés par son Fils bien-aimé. Amen.

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Psaume 128 Les bénédictions du pèlerin http://larevuereformee.net/articlerr/n269/psaume-128-les-benedictions-du-pelerin Thu, 14 May 2015 11:14:00 +0000 http://larevuereformee.net/?post_type=articlerr&p=892 Continuer la lecture ]]> LES BÉNÉDICTIONS DU PÈLERIN
Psaume 128

Paulin BÉDARD*

Chers frères et sœurs en Jésus-Christ,

Les pèlerins en Israël se rendaient trois fois par année à Jérusalem. Ils allaient remercier leur Dieu pour toutes les bénédictions reçues, en espérant recevoir encore d’autres bénédictions qui viendraient de la montagne de Sion. Pendant la route, les pèlerins chantaient le Psaume 128. Ils chantaient leur bonheur d’être bénis par l’Eternel. C’étaient des pèlerins heureux ! Nous sommes des pèlerins en route vers la nouvelle Jérusalem. Sommes-nous des pèlerins heureux et bénis ? Certainement ! Pendant notre voyage, nous sommes appelés à nous réjouir des nombreuses bénédictions que le Seigneur déverse sur nous et qu’il a promis de déverser encore.

Le bonheur chanté dans le Psaume 128 commence par un homme qui craint l’Eternel. Ses bénédictions s’étendent ensuite à son travail, à sa famille et puis à la ville de Jérusalem, aux générations futures et finalement à tout Israël. Le bonheur d’appartenir au Seigneur ressemble à des cercles sur l’eau. Quand on jette une pierre dans l’eau, les cercles s’élargissent et se propagent au loin comme les bénédictions de Dieu. Le Psaume 128 nous fait contempler les riches bénédictions du pèlerin.

1. Le fidèle du Seigneur est heureux (Ps 128.1)

Le premier verset donne le ton au reste du Psaume. « Heureux quiconque craint l’Eternel et marche dans ses voies. » (v. 1) Une déclaration de bonheur ! Qui ne veut pas vivre heureux ? Quelles sont les conditions du bonheur ? « Heureux quiconque craint l’Eternel et marche dans ses voies. » Cette déclaration peut sembler surprenante. Très peu de gens pensent que, pour être heureux, il faille craindre l’Eternel et marcher dans ses voies. Nous savons, pourtant, dans nos cœurs, que c’est la seule façon d’être heureux.

Que veut dire « craindre l’Eternel » ? Devons-nous avoir peur de lui et chercher à fuir loin de Dieu ? Pas du tout. Craindre Dieu, c’est avoir un amour rempli de respect et de révérence pour Dieu ; c’est reconnaître qu’il est le Dieu souverain. Le monde entier lui appartient, il est digne d’être servi et adoré de tout cœur. Si nous craignons l’Eternel, nos vies seront centrées sur lui et non pas sur nous. Nous voudrons lui plaire et lui obéir en toutes choses. Toutefois, il n’est pas suffisant d’avoir la crainte de l’Eternel dans nos cœurs. Nous devons également marcher dans ses voies avec nos pieds. Celui qui aime Dieu de tout son cœur obéira à ses commandements de toutes ses forces. Voilà la recette du bonheur !

Mais alors, qui peut vraiment vivre heureux ? Qui peut espérer recevoir la bénédiction de Dieu ? Craignez-vous l’Eternel de tout votre cœur ? L’aimez-vous de toute votre âme et de toutes vos forces ? Marchez-vous pleinement dans ses voies chaque jour, sans jamais vous éloigner du bon sentier ? Nous connaissons la réponse. Nous ne faisons jamais parfaitement ces choses. Nous ne craignons pas Dieu de tout  notre cœur et nous ne marchons pas dans ses voies de toutes nos forces.

Le Psaume 128 nous parle de Jésus-Christ. Jésus a craint l’Eternel parfaitement. Jésus a parfaitement marché dans ses voies. Il a aimé son Père de tout son cœur et il a obéi à sa volonté en toutes choses. Heureux celui qui craint l’Eternel et qui marche dans ses voies ! Oui, Jésus est heureux ! Il a pleinement mérité de recevoir cette récompense. Il est monté au ciel dans un bonheur complet. Si nous sommes unis à lui par la foi, Jésus nous fait partager ce grand bonheur. Nos péchés sont effacés, son obéissance parfaite nous est donnée gratuitement. Nous sommes bénis en lui, à cause de lui. Au lieu de voir en nous tous nos péchés, Dieu voit en nous la perfection de son Fils. Il peut donc déverser sur nous ses riches bénédictions. Nous n’avons pas besoin de les mériter. Jésus les a méritées pour nous ! Par la foi, nous avons déjà reçu la bénédiction de Dieu. Et maintenant, nous apprenons à craindre l’Eternel et à marcher dans ses voies pour exprimer notre reconnaissance. Croyons en Dieu, croyons dans son Fils et croyons que ces bénédictions sont pour nous.

A quoi ressemble une personne heureuse ? Les bénédictions décrites au Psaume 128 sont des bonheurs simples, mais profonds. Premier cercle de bénédiction : le travail.

2. Son travail est béni (Ps 128.2)

« Tu jouis alors du travail de tes mains, tu es heureux, tu prospères. » (v. 2) Oui, le travail est une bénédiction. C’est un don de Dieu ! Depuis la chute, Dieu a maudit le sol. Les chardons et les épines rendent le travail difficile. Il faut gagner son pain à la sueur de son front. La malédiction colle au travail. « Vanité des vanités ! (…) Que reste-t-il à l’homme de toute la peine qu’il se donne sous le soleil ? » (Ec 1.2-3) Mais pour celui qui craint l’Eternel et qui marche dans ses voies, « tu jouis alors du travail de tes mains, tu es heureux, tu prospères ». La malédiction est renversée et Dieu bénit le travail de nos mains.

Si l’on pose la question « Que faut-il pour être heureux? », combien de personnes, pensez-vous, parleront de leur travail ? Le travail n’est pas souvent vu comme une bénédiction. On préfère penser aux vacances ou aux loisirs. Les vacances et les loisirs sont légitimes, autant qu’ils nous permettent de revenir au travail frais et dispos. On préférerait gagner à la loterie pour n’avoir plus jamais à travailler le reste de sa vie. Nombreux sont ceux qui souhaitent prendre leur retraite le plut tôt possible. Et pourtant, d’après la Bible, jouir du travail de ses mains est une bénédiction. Cela fait partie du bonheur que Dieu nous donne !

Le Psaume 128 soulève toutefois une grande question : Dieu est-il vraiment fidèle à sa promesse ? Ceux qui craignent l’Eternel et qui marchent dans ses voies jouissent-ils vraiment tous du travail de leurs mains ? Est-ce que Dieu bénit le travail de tous les chrétiens fidèles ? Il y a des gens parmi nous qui jouissent du travail de leurs mains. Oui, Dieu bénit leur travail. Il les fait prospérer. Remercions-le pour ses bénédictions ! Il y en a d’autres parmi nous pour qui le travail est ardu et frustrant. Le travail de leurs mains porte peu de fruit et se transforme parfois en échec. Est-ce parce qu’ils manquent de foi ou qu’ils sont moins obéissants ? Non. La bénédiction n’est pas liée au mérite. Nous ne croyons pas à « l’évangile de la prospérité » si répandu dans certains milieux chrétiens. « Croyez en Jésus et tout ira bien, vous deviendrez riches et en santé. » Pas du tout ! Nous subissons encore durement les conséquences de la chute.

Il faut comprendre le Psaume 128 à la lumière de Jésus-Christ. Jésus est celui qui a craint l’Eternel parfaitement et qui a parfaitement marché dans ses voies. Alors Dieu a béni le travail de ses mains. Jésus a travaillé dur, à la sueur de son front, qui est même devenue comme des grumeaux de sang. Jésus a douloureusement ressenti les épines quand on a enfoncé sa couronne d’épines sur sa tête. Jésus a travaillé à la gloire de Dieu et son travail a transpercé ses mains et l’a conduit à la mort. Il a été maudit à notre place. Il a subi la malédiction pour nos péchés. Mais son Père a fait prospérer le travail de ses mains. Jésus est ressuscité, il est monté au ciel dans la gloire. Aujourd’hui, Jésus jouit du travail de ses mains. Nous sommes le fruit de son travail ! Le rassemblement de son Eglise depuis le commencement du monde jusqu’à la fin est le fruit de son dur labeur. Par conséquent, si nous sommes unis à lui par la foi, notre travail n’est pas vain dans le Seigneur (1 Co 15.58).

Notre travail est parfois pénible et frustrant, c’est parfois un échec en apparence. Souvenons-nous que le travail de Jésus à la croix a été extrêmement pénible et a semblé un échec en apparence. Mais Dieu a béni son travail pour que nous puissions être bénis dans le nôtre. Marchons par la foi, sachant que notre travail n’est pas vain dans le Seigneur. Dieu fera fructifier le travail de nos mains, d’une façon ou d’une autre. « Que la tendresse du Seigneur, notre Dieu, soit sur nous ! Affermis pour nous l’ouvrage de nos mains, oui, affermis l’ouvrage de nos mains ! » (Ps 90.17) Si nous ne récoltons pas les fruits aujourd’hui, nous les récolterons demain, sinon nous les récolterons au jour de la grande moisson.

Les cercles du bonheur s’élargissent. Nous passons du travail à la famille.

3. Sa famille est bénie (Ps 128.3-4)

« Ta femme est comme une vigne féconde dans l’intérieur de ta maison ; tes fils sont comme des plants d’olivier, autour de la table. C’est ainsi qu’est béni l’homme qui craint l’Eternel. » (vv. 3-4) L’homme qui craint l’Eternel reçoit des bénédictions conjugales et familiales. Sa femme « est comme une vigne féconde ». La vigne féconde est un symbole de bénédiction. C’est une image qui représente la réjouissance. Quelle joie de vivre en compagnie d’une épouse fidèle ! Elle est féconde, bien sûr, parce qu’elle porte des enfants, mais aussi parce que son travail est fructueux. C’est une joie de rentrer à la maison et de goûter au fruit de son travail.

Remarquez bien qu’elle est une vigne féconde « dans l’intérieur de sa maison ». Cela ne veut pas dire qu’elle est toujours confinée entre quatre murs. La femme vaillante de Proverbes 31 est très occupée à l’extérieur de la maison ; elle fait du commerce, elle prend soin des malheureux. La Bible souligne tout de même l’importance du rôle de l’épouse à l’intérieur du foyer (Tt 2.4-5). Une épouse qui prend soin de son foyer n’est pas une malédiction, comme plusieurs le pensent aujourd’hui. Au contraire ! C’est une grande bénédiction pour son mari, pour sa famille, pour l’Eglise et pour la société. Voilà un des bonheurs simples et profonds que Dieu prend plaisir à donner à ceux qui le craignent et qui marchent dans ses voies.

Les bénédictions ne s’arrêtent pas là ! « Tes fils sont comme des plants d’olivier, autour de la table. » L’olivier est un autre symbole de prospérité. Autour de l’arbre principal des parents, les nouvelles pousses grandissent et deviennent solides. Ils apporteront leur contribution à la famille. Un jour, ils produiront des olives qui donneront de l’huile, une huile utile pour la maison et qui fait rayonner le visage de joie. Les enfants sont autour de la table. Les parents pourvoient à leurs besoins et se réjouissent de voir tous ces visages réunis ensemble autour d’un bon repas. C’est un bonheur d’avoir des enfants qui grandissent autour de nous, qui deviennent solides dans la foi et qui portent de bons fruits.

Encore une fois, le Psaume 128 nous oblige à nous poser la question : Dieu est-il toujours fidèle à sa promesse ? Ceux qui craignent l’Eternel et qui marchent dans ses voies reçoivent-ils vraiment toujours ces bénédictions ? Certains parmi nous sont bénis de vivre un mariage heureux, avec un mari fidèle, une épouse fructueuse et des enfants qui font la joie de leurs parents. D’autres parmi nous vivent des tensions dans leur mariage ; d’autres n’ont pas encore trouvé de conjoint ; d’autres ont des enfants rebelles ; d’autres n’ont pas encore la bénédiction d’avoir des enfants. Est-ce parce qu’ils manquent de foi ou qu’ils ne sont pas assez obéissants ? Non. La bénédiction ne va pas au mérite. Ces bénédictions peuvent venir plus tard, en leur temps. Il ne faut pas désespérer. Remercions le Seigneur pour l’abondance de bénédictions qu’il nous donne déjà et comptons sur lui pour l’avenir.

Cependant, il est important de comprendre le Psaume 128 à la lumière de Jésus-Christ. C’est Jésus qui a parfaitement craint l’Eternel et qui a parfaitement marché dans ses voies. C’est lui qui est parfaitement heureux et qui reçoit toutes ces bénédictions. Peut-être penserez-vous que Jésus ne s’est jamais marié et qu’il n’a pas eu d’enfants. C’est vrai. Toutefois, Jésus est un Epoux fiancé à son Eglise. Nous sommes son Epouse, une épouse qui fait sa joie. Le Saint-Esprit nous rend fructueux et nous fait porter toutes sortes de bons fruits à sa gloire. Ce bon fruit inclut des nouveaux croyants. Galates 4 nous dit que l’Eglise est la mère des croyants. Jésus a une grande famille, une épouse et des enfants qui font sa joie. Son travail est béni et sa famille est bénie.

Oui, en Jésus-Christ, Dieu est fidèle à ses promesses ! Voilà la récompense que Jésus reçoit parce qu’il a craint l’Eternel de tout son cœur et parce qu’il a marché dans ses voies de toutes ses forces. Quand nous sommes unis à Jésus par la foi, nous recevons gratuitement ces bénédictions. Que nous soyons mariés ou célibataires, que nous ayons des enfants ou non, nous avons tous le bonheur de faire partie de la grande famille de Dieu. Nous sommes heureux et bénis d’appartenir à son Eglise, son épouse féconde dans sa maison, ses enfants qui font sa joie autour de sa table, la table de la sainte cène. Réjouissons-nous et remercions le Seigneur de nous avoir accordé ce si grand cadeau !

Mais ce n’est pas tout. Les cercles de bénédiction s’élargissent encore.

4. Il verra la bénédiction s’étendre au loin (Ps 128.5-6)

« L’Eternel te bénira de Sion. » (v. 5) C’est le point de départ de toute bénédiction, la montagne de Sion. C’est là, pourrions-nous dire, que la pierre tombe dans l’eau. A partir de là, les cercles s’agrandissent. C’est là, à Sion, que les pèlerins se rendaient pour célébrer l’Eternel et recevoir de lui ses bénédictions. C’est là, dans le temple de Jérusalem, que les sacrifices d’animaux étaient offerts pour les péchés du peuple. C’est là où la Parole de Dieu était proclamée et où la bénédiction d’Aaron était prononcée (Nb 6.23-26). Les pèlerins marchaient les yeux fixés sur Jérusalem, la source de toute bénédiction.

Jésus est allé à Sion. Il a fait partie de ces pèlerins qui se rendaient à Jérusalem pour célébrer les trois fêtes annuelles (la fête de la Pâque avec la fête des pains sans levain, la fête des semaines ou des prémices de la moisson, la fête des huttes ou des récoltes, Ex 23.14-17 ; Lv 23 ; Dt 16.1-16). Mais la dernière fois qu’il s’y est rendu, ce n’était pas pour recevoir une bénédiction. C’était pour recevoir la terrible malédiction à cause de nos péchés, quand il a été offert en sacrifice d’expiation sur la croix. Aujourd’hui, nous n’allons plus en pèlerinage dans l’ancienne ville de Jérusalem. Nous levons les yeux vers la nouvelle Jérusalem, le sanctuaire céleste, là où Jésus est entré, après avoir accompli parfaitement notre rédemption. C’est de là, de cette Jérusalem d’en haut, que viennent sur nous toutes bénédictions. Jésus est la source de notre bonheur. C’est lui, au ciel, le point de départ de tous les cercles concentriques.

Les grands cercles de bénédictions nous atteignent, nous, notre travail, notre famille, notre Eglise, et les cercles s’élargissent pour s’étendre au loin. « Et tu contempleras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie. Tu verras les fils de tes fils. Que la paix soit sur Israël ! » (vv. 5-6) Les cercles s’élargissent dans le temps. Tu auras le bonheur de voir les fils de tes fils. Ce sera une joie de voir nos petits-enfants et nos arrière-petits-enfants bénis par l’Eternel. Les bénédictions de Dieu sont là pour durer longtemps, car il est fidèle à son alliance, de génération en génération. Même si nous n’avons pas d’enfants ou de petits-enfants nous-mêmes, ce sera une joie et un bonheur de voir les générations suivantes vivre pour Jésus-Christ et grandir dans son Eglise. Les cercles de bénédiction s’élargissent aussi dans l’espace. Nous verrons le bonheur de Jérusalem, et même que tout Israël au grand complet sera dans la paix.

Les pèlerins de l’Ancien Testament n’ont pas toujours contemplé le bonheur de Jérusalem tous les jours de leur vie. Le malheur s’est parfois abattu sur Jérusalem. La paix n’a pas toujours régné en Israël. Les ennemis sont venus de l’extérieur, souvent parce que des troubles ont surgi de l’intérieur. Dieu a-t-il été infidèle à sa promesse? Non. Cette promesse est pour Jésus-Christ, pour celui qui a craint l’Eternel parfaitement et qui a parfaitement marché dans ses voies. Jésus monté au ciel peut désormais contempler le bonheur de Jérusalem tous les jours de sa vie. Jésus est entré dans la joie de son Père. Il nous donne sa Parole et son Esprit pour nous communiquer déjà un avant-goût de cette joie et de ce bonheur de la nouvelle Jérusalem céleste. Unis à Jésus, nous sommes déjà bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes (Ep 1.3). Remercions-le et célébrons-le de nous faire goûter à ce grand bonheur ! Un bonheur qui nous est déjà donné gratuitement.

Mais nous sommes encore des pèlerins en route vers la nouvelle Jérusalem. Nous ne sommes pas encore arrivés. Nous vivons encore dans un monde déchu, frappé par toutes sortes de malédictions. Aujourd’hui, nous marchons par la foi et non par la vue. Un jour, nous goûterons pleinement à cette joie et à ce bonheur. Ce jour-là, nous contemplerons avec notre Sauveur le bonheur de Jérusalem pour toute l’éternité. Par conséquent, montrons notre reconnaissance. Vivons aujourd’hui pour lui. Soyons dans la joie. Craignons l’Eternel et marchons dans ses voies. Car c’est ainsi qu’est béni l’homme qui craint l’Eternel. Amen.

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Psaume 129 La délivrance du pèlerin http://larevuereformee.net/articlerr/n269/psaume-129-la-delivrance-du-pelerin Thu, 14 May 2015 11:14:00 +0000 http://larevuereformee.net/?post_type=articlerr&p=894 Continuer la lecture ]]> LA DÉLIVRANCE DU PÈLERIN
Psaume 129

Paulin BÉDARD*

Chers frères et sœurs en Jésus-Christ,

Le voyage du pèlerin n’est pas de tout repos. Oui, nous marchons avec joie vers la nouvelle Jérusalem. Le Seigneur nous bénit de tant de bénédictions. Le Psaume 128 nous a présenté les bénédictions du pèlerin. Cependant, le pèlerin du Seigneur vit aussi des combats. Des ennemis se dressent contre l’Eglise et lui veulent du mal. Ces ennemis sont puissants et féroces. Réussiront-ils à détruire l’Eglise du Seigneur ? Quel sort est réservé aux méchants ? Le Seigneur est juste. Il a déjà délivré son peuple. Il délivrera encore. Le pèlerin peut marcher le cœur reconnaissant et le cœur confiant. Le Psaume 129 nous parle de la délivrance du pèlerin. Le Psaume se divise en deux parties.

1. La délivrance passée est célébrée (Ps 129.1-4)

Le pèlerin rappelle à sa mémoire des souvenirs douloureux. « Souvent ils m’ont attaqué dès ma jeunesse. » (v. 1) Le psalmiste parle d’une façon très personnelle mais, en fait, il raconte toute l’histoire d’Israël. Le chef de chorale entonne la première strophe et invite toute l’assemblée à répondre après lui. « Souvent ils m’ont attaqué dès ma jeunesse – qu’Israël le dise ! – souvent ils m’ont attaqué dès ma jeunesse. » (vv. 1-2) Tout Israël doit le répéter parce que tout Israël a été attaqué dès sa jeunesse.

A quand remonte la jeunesse d’Israël ? Au moment où Dieu l’a fait sortir d’Egypte. « Quand Israël était jeune, je l’aimais, et j’ai appelé mon fils hors d’Egypte. » (Os 11.1) Dès sa jeunesse, en Egypte, le peuple de Dieu a été durement opprimé par les Egyptiens. Mais Dieu les a délivrés ! Plus tard, Israël a subi les attaques d’autres ennemis, pas seulement de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur. Pourquoi ont-ils tourné en rond dans le désert pendant quarante ans ? A cause de leurs péchés. Le péché est un ennemi redoutable qui se cache dans nos cœurs et qui nous attaque durement. Et puis, bien sûr, l’ennemi le plus redoutable, c’est le diable. Depuis l’entrée du péché dans le monde, Dieu a promis qu’un Sauveur viendrait écraser la tête du serpent (Gn 3.15). Entre-temps, Dieu annonce un grand conflit entre le diable et la descendance de la femme. Israël a toujours été au milieu de ce grand conflit. « Souvent ils m’ont attaqué dès ma jeunesse – qu’Israël le dise ! » (v. 1) Les attaques ont continué. Pendant la période des Juges, souvenez-vous, les Philistins et les Madianites les ont attaqués. Durant l’époque des rois, rappelez-vous, les Assyriens, les Babyloniens et d’autres encore les ont attaqués. Des attaques de l’extérieur, mais aussi des attaques de l’intérieur.

Pourquoi ces ennemis sont-ils venus les attaquer ? Souvent, c’était parce que Dieu les châtiait à cause de leurs révoltes. Le péché est un ennemi à l’intérieur de nos murs. Satan aussi voulait les détruire pour empêcher que la promesse du Sauveur s’accomplisse. Oui, souvent, ils m’ont attaqué, tous ces ennemis ! Le Psaume 129 aidait les pèlerins à prendre conscience que chacun d’eux était personnellement impliqué dans ce combat.

Mais pourquoi rappeler ces souvenirs douloureux ? Pour se souvenir des délivrances du Seigneur. « Mais ils ne l’ont pas emporté sur moi. » (v. 2) N’est-ce pas étonnant ? Après toutes ces attaques, le peuple de Dieu aurait dû être anéanti. Mais non ! Il a survécu. C’étaient des survivants ! Les ennemis ne l’ont pas emporté sur moi. Les Egyptiens, les Philistins, les Madianites, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Romains, les nombreux péchés d’Israël, ses révoltes, ses murmures, ses idolâtries, ses injustices, Satan lui-même, tous ces ennemis terribles nous ont affligés, mais ils n’ont pas gagné. « Ils ne l’ont pas emporté sur moi. » Chaque pèlerin devait s’identifier personnellement à cette délivrance. Chacun devait pouvoir dire : « Moi aussi, le Seigneur m’a délivré. » Pourquoi ? Pour susciter la reconnaissance dans le cœur de chaque fidèle.

Les attaques étaient féroces. « Des laboureurs ont labouré mon dos, ils y ont tracé de longs sillons. » (v. 3) La charrue est passée sur le dos d’Israël. Ils ont labouré mon dos. Ils ont déchiré ma chair. Le dos d’Israël a été taillé d’incisions longues et profondes. C’est l’image des dures afflictions du peuple de Dieu. C’est le résumé de toute l’histoire d’Israël. Chaque pèlerin est appelé à s’identifier à cette expérience douloureuse.

Les ennemis ne sont pas tendres. Ils veulent la destruction de l’Eglise. Ils veulent ma destruction. Mais « l’Eternel est juste : Il a détaché les cordes des méchants » (v. 4). Oui, l’Eternel est juste ! Réjouissons-nous ! Les ennemis sont injustes, mais Dieu, lui, est toujours juste dans sa façon de traiter son peuple. Il est juste même dans leurs souffrances. Il est juste aussi pour les libérer de leurs souffrances. Le Seigneur est juste parce qu’il est fidèle à sa promesse. « Il a détaché les cordes des méchants. » Il a coupé le câble qui rattachait la charrue aux bœufs. La charrue ne creuse plus de sillons. Il a coupé la corde qui gardait Israël prisonnier. Ils sont libres ! Oui, l’Eternel est juste pour délivrer son peuple de ses ennemis. Il est juste pour me délivrer.

Jésus a probablement chanté le Psaume 129. Chaque année, Jésus s’est rendu à Jérusalem pour célébrer les trois fêtes annuelles avec les autres pèlerins (la fête de la Pâque avec la fête des pains sans levain, la fête des semaines ou des prémices de la moisson, la fête des huttes ou des récoltes, Ex 23.14-17 ; Lv 23 ; Dt 16.1-16). Ces paroles, dans sa bouche, ont pris un sens très profond. « Souvent ils m’ont attaqué dès ma jeunesse – que Jésus le dise ! – souvent ils m’ont attaqué dès ma jeunesse, mais ils ne l’ont pas emporté sur moi. » (vv. 1-2)

Dès sa jeunesse, Hérode est venu l’attaquer. Tout au long de sa vie, Jésus a subi les pires attaques. La dernière fois qu’il est monté à Jérusalem, il savait ce qui l’attendait. Il pouvait dire et chanter avec émotion : « Des laboureurs ont labouré mon dos, ils y ont tracé de longs sillons. » (v. 3) Le fouet des soldats romains est venu frapper son dos. Au bout du fouet, on attachait un morceau de métal ou un os pointu pour déchirer la peau et pour creuser des sillons dans la chair. Le Psaume 129 est devenu pour Jésus un chant très personnel qui résumait la douleur de toute sa vie. Qui étaient ses ennemis ? Hérode, Pilate, les Romains, les Juifs, les chefs religieux, la foule entière. Ils l’ont tous crucifié. Le diable en personne est venu l’attaquer férocement. Mais quels étaient encore ses ennemis qui l’ont crucifié ? Nous-mêmes, nous étions là, nous aussi, avec nos péchés ! Son dos a été labouré à cause de nos péchés. Nous méritions des souffrances éternelles, c’est lui qui les a subies à notre place. « C’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. » (Es 53.5)

Jésus pouvait dire, cependant, avec joie : « mais ils ne l’ont pas emporté sur moi ». Oui, Jésus est mort à cause de mes péchés, mais dans sa mort même, il a remporté la victoire. Jésus n’est pas resté dans le tombeau. Il est ressuscité ! L’Eternel est juste ! Il a détaché les cordes des méchants ! Dieu a délivré son Fils de tous ses ennemis. Jésus est victorieux ! Il est vivant aujourd’hui pour nous faire marcher avec joie sur la route du pèlerin. Soyons reconnaissants ! Il nous conduit par sa Parole et par son Esprit vers la nouvelle Jérusalem.

Alors, à notre tour, nous redirons : « Souvent ils m’ont attaqué dès ma jeunesse – que l’Eglise le dise ! » Ces paroles doivent devenir personnelles pour chacun de nous. Jésus a dit : « Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, moi, j’ai vaincu le monde. » (Jn 16.33) Paul ajoute : « C’est par de nombreuses tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu. » (Ac 14.22) Des tribulations, des épreuves, des souffrances, des combats, des persécutions, des ennemis de toutes sortes qui cherchent à détruire l’Eglise. Voilà un bon résumé de l’histoire de l’Eglise. C’est le programme de notre vie. A notre tour, nous pouvons dire : « mais ils ne l’ont pas emporté sur moi ». Une parole personnelle. Chacun de nous devrait pouvoir dire : « C’est moi que Jésus est venu délivrer. »

Les ennemis du chrétien sont redoutables : les persécutions en Corée du Nord et dans plusieurs pays dans le monde, la sécularisation qui progresse, les évolutionnistes qui deviennent plus agressifs, les musulmans qui se multiplient, les médias qui font mauvaise presse aux chrétiens. Des ennemis extérieurs, mais aussi des ennemis intérieurs, nos propres péchés qui nous attaquent inlassablement. Nos péchés qui viennent labourer notre dos comme une charrue et qui nous déchirent. Des ennemis spirituels, le diable et les démons avec leurs flèches enflammées. Tous ces ennemis détestent et oppriment les chrétiens. Mais « l’Eternel est juste, il a détaché la corde des méchants ». Il nous a délivrés en Jésus-Christ ! Nous sommes libérés ! Nous sommes des survivants ! Soyons reconnaissants ! Dieu est juste, il est fidèle à son alliance.

Le pèlerin, donc, regarde en arrière. Il se souvient des afflictions d’autrefois et célèbre la délivrance passée. Le pèlerin regarde aussi en avant, il espère la délivrance à venir.

2. La délivrance à venir est espérée (Ps 129.5-8)

Les versets 5 à 8 peuvent être compris comme une prière ou comme une promesse. Dans les versets précédents, les verbes étaient au passé. Maintenant, les verbes sont au futur. Il est possible de traduire comme dans la Bible à la Colombe : « Qu’ils soient honteux et qu’ils reculent (…). Qu’ils soient comme l’herbe des toits. » C’est alors l’expression d’une prière pour la défaite des ennemis. Il est également possible de traduire : « Ils seront honteux et ils reculeront (…). Ils seront comme l’herbe des toits. » C’est alors l’expression d’une promesse qui annonce leur défaite certaine. Une prière ou une promesse. Les deux traductions sont correctes. L’idée principale demeure sensiblement la même. Dieu, dans sa justice, jugera ses ennemis, il les renversera, c’est promis, c’est certain. Et parce qu’il l’a promis, nous prions pour que vienne son jugement. Cette promesse ou cette prière contient quatre éléments.

Premièrement, les ennemis d’Israël échoueront. « Qu’ils soient honteux et qu’ils reculent, tous ceux qui ont de la haine pour Sion ! »  (v. 5) Les ennemis ont de grandes prétentions. Ils se pensent forts. Ils pensent pouvoir malmener l’Eglise comme ils veulent. Dieu va toutefois les mettre en échec. Ils auront honte et seront obligés de reculer.

Deuxièmement, les ennemis d’Israël seront éphémères. Ils ne dureront pas longtemps. « Qu’ils soient comme l’herbe des toits, qui sèche avant qu’on l’arrache ! » (v. 6) A cette époque, les maisons avaient des toits plats. Des mottes de terre s’accumulaient à certains endroits et permettaient aux graines de germer. L’herbe commençait à pousser, mais aussitôt le soleil venait la sécher. C’est ce qui arrivera à tous ceux qui détestent Sion et qui ont de la haine pour Dieu et pour son plan.

Troisièmement, leurs œuvres seront stériles. Ils ne porteront aucun fruit. « Le moissonneur n’en remplit pas sa main, ni le lieur de gerbes sa poche. » (v. 7) Normalement, le moissonneur s’en va au champ et remplit sa main de belles gerbes. Un autre vient pour attacher les gerbes ensemble. Eh bien, cela n’arrivera pas aux ennemis d’Israël !

Quatrièmement, ils ne seront pas bénis, ni eux ni leurs œuvres. « Et les passants ne disent pas : Que la bénédiction de l’Eternel soit sur vous ! Nous vous bénissons au nom de l’Eternel ! » (v. 8) A cette époque, au temps des moissons, c’était la coutume, en Israël, de se bénir mutuellement. « Voici que Booz vint de Bethléem et dit aux moissonneurs : Que l’Eternel soit avec vous ! Ils lui répondirent : Que l’Eternel te bénisse ! » (Rt 2.4) Pour les méchants, cela n’arrivera pas. Que les méchants ne reçoivent pas cette bénédiction ! Que personne ne souhaite la bénédiction de Dieu sur eux ! Qu’ils soient mis en échec, qu’ils soient éphémères, que leurs œuvres soient stériles et que la bénédiction ne repose pas sur eux ! C’est la prière du pèlerin. C’est la promesse qui lui donne une pleine espérance.

Certains diront peut-être que le Psaume 129 n’a pas l’air très chrétien. Prier pour la défaite des ennemis ? Espérer leur défaite ? Ne sommes-nous pas, au contraire, appelés à aimer notre prochain ? Il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas d’une vengeance personnelle. La Bible nous interdit de nous venger nous-mêmes. La vengeance appartient à l’Eternel. Il faut laisser Dieu exercer lui-même son jugement. Nous sommes appelés à aimer notre prochain, certainement. Le Seigneur nous demande de présenter l’autre joue et de répondre au mal par le bien. Mais le Seigneur nous enseigne aussi à prier : « Que ton règne vienne. » Que faut-il pour que le règne de Dieu vienne ? Il faut absolument que les ennemis qui s’opposent à son règne soient vaincus, qu’ils soient honteux, qu’ils reculent, que leurs vies soient éphémères, que leurs œuvres soient stériles, qu’ils ne soient pas bénis, mais au contraire qu’ils soient maudits. C’est Dieu lui-même, dans sa Parole, qui annonce des bénédictions et des malédictions. Il est juste et fidèle, il accomplira toute sa Parole pour que son règne vienne. Nous sommes appelés à compter sur cette promesse. Nous sommes appelés à prier pour que toute sa volonté s’accomplisse, incluant le jugement des méchants.

Jésus lui-même a promis qu’un jour son jugement viendrait. Il l’a promis dans des termes encore bien plus forts que le Psaume 129. Jésus lui-même répondra à cette prière de son peuple. Il accomplira sa promesse. Nous devons laisser entre ses mains le soin d’accomplir son jugement à sa façon.

Par exemple, en Actes 12, le roi Hérode maltraitait les chrétiens. Il a fait mourir Jacques. Il a fait mettre en prison l’apôtre Pierre. Les frères ont prié pour la délivrance. Quel a été le résultat ? Hérode est mort, rongé par les vers, parce qu’il n’avait pas donné gloire à Dieu. Hérode a reculé, il a été honteux, sa vie a été éphémère, ses œuvres stériles, il a été maudit par Dieu. Autre exemple, en Actes 9, Saul de Tarse persécutait l’Eglise, il approuvait le meurtre d’Etienne, il se préparait à faire mourir beaucoup d’autres chrétiens. Et qu’est-il arrivé ? Jésus est apparu à Saul et il a fait de lui l’apôtre Paul. Saul a reculé, il a été honteux, ses œuvres mauvaises ont été éphémères et stériles, et Dieu a fait de lui un apôtre puissant pour propager l’Evangile partout dans l’Empire romain. Jésus accomplit son jugement comme il veut. Il a délivré son Eglise par la mort d’Hérode, il a aussi délivré son Eglise par la conversion de Paul. Quand nous prions « Que ton règne vienne, renverse tes ennemis, fait reculer ceux qui détestent Sion », nous laissons entre les mains du Seigneur le soin de faire venir son règne comme il veut, soit par des châtiments, soit par des conversions.

Mais n’oublions pas que nos ennemis ne sont pas seulement des personnes. Notre grand ennemi, c’est le péché. Notre pire ennemi, c’est le diable. Nous prions « Délivre-nous du mal, délivre-nous du Malin ». Nous ne souhaitons aucun bien, ni à nos péchés, ni au diable. Que mes péchés soient éphémères, qu’ils cessent de porter tous ces mauvais fruits dans ma vie, que mes péchés soient renversés par ta puissance. Que le diable soit honteux. Que les œuvres des ténèbres soient stériles. Que les démons soient châtiés éternellement. Nous en avons la promesse et nous prions pour que Dieu accomplisse sa promesse. Jésus viendra tout accomplir au jour du jugement. Nous avons une grande espérance ! Nous serons alors totalement délivrés de tous nos ennemis !

Le pèlerin, donc, regarde en arrière. Il célèbre la délivrance passée. Il est plein de reconnaissance. Ses ennemis ne l’ont pas emporté. Le pèlerin regarde aussi en avant. Il se réjouit de la délivrance promise à venir. Il prie pour cette délivrance. Il est plein d’espérance. Il sait que les ennemis seront vaincus. Oui, l’Eternel est juste ! Soyons dans la joie ! Il est fidèle à ses promesses. Il nous a déjà délivrés en Jésus-Christ. Il nous délivrera encore par Jésus-Christ. Nous sommes en route vers la nouvelle Jérusalem. Soyons des pèlerins reconnaissants pour le passé et confiants pour l’avenir. L’Eternel est juste, il nous délivrera de tous nos ennemis. Amen.

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Psaume 130 Le pardon du pèlerin http://larevuereformee.net/articlerr/n269/psaume-130-le-pardon-du-pelerin Thu, 14 May 2015 11:14:00 +0000 http://larevuereformee.net/?post_type=articlerr&p=895 Continuer la lecture ]]> LE PARDON DU PÈLERIN
Psaume 130

Paulin BÉDARD*

Chers frères et sœurs,

Le Psaume 130 s’appelle un « cantique des montées ». Il était chanté pendant que les pèlerins montaient vers Jérusalem pour aller adorer Dieu. Ces croyants montaient physiquement les collines jusqu’à la montagne de Sion. Il fallait aussi qu’ils « montent » spirituellement, que leur cœur s’élève vers Dieu.

Le pèlerin du Psaume 130 est pourtant au plus creux. Il est en détresse au plus profond de l’océan de ses angoisses à cause de ses péchés. Mais Dieu lui fait la grâce d’élever son cœur au plus haut, vers le trône de la grâce. Il monte vers Jérusalem, symbole sur terre du trône de la grâce qui est au ciel. Le Psaume 129 nous avait parlé de la délivrance du pèlerin. Le Seigneur a délivré son peuple de ses ennemis ; il promet encore sa délivrance. Le Psaume 130 se concentre sur un ennemi particulier, un ennemi des plus redoutables : le péché. Lorsque le poids du péché nous tire vers le bas, il nous faut regarder vers le haut pour espérer en l’Eternel, espérer son pardon. Le Psaume 130 célèbre le pardon du pèlerin.

1. Un cri désespéré (Ps 130.1-2)

Le pèlerin se sent comme englouti dans une mer déchaînée. Il est entraîné au fond de l’océan. « Des profondeurs de l’abîme je t’invoque, Eternel ! Seigneur, écoute ma voix ! » (v. 1) Il est au milieu d’un grave danger et c’est là qu’il appelle à l’aide l’Eternel, le Dieu de l’alliance. Au secours, Seigneur !

Il est tellement difficile de nous exercer à la prière. Quand tout va bien et que nous vivons dans la prospérité, nos prières sont froides et sans ferveur. Nous nous pensons en sécurité dans notre confort. Quand tout va mal et que nous traversons les pires adversités, ce n’est pas mieux. Nous sommes paralysés par la douleur ou terrorisés par le danger, incapables de lever nos regards vers le Seigneur. N’est-il pas remarquable d’entendre cet homme, plongé dans une situation désespérée, élever son cœur vers Dieu et le supplier de toutes ses forces, avec ardeur et avec passion ! Dans son trou, le pèlerin désespéré élève sa voix vers le trône de la grâce pour y trouver grâce au moment opportun.

Ce pauvre malheureux n’a pas essayé de flatter Dieu pour gagner sa faveur. Il n’a pas essayé de se montrer gentil aux yeux de Dieu. Il n’a pas fait de promesse : « Non, non, je ne le ferai plus jamais, je le promets. » Ou encore : « A partir d’aujourd’hui, je m’engage à faire mieux. » Pas du tout ! Cet homme est profondément humilié par son propre péché. Tout ce qu’il désire, c’est obtenir la faveur de son Père céleste. Tout ce qu’il veut, c’est être entendu pour pouvoir être pardonné de tous les torts qu’il a causés. « Seigneur, écoute ma voix ! Que tes oreilles soient attentives à la voix de mes supplications ! » (v. 2) On ne peut pas forcer Dieu. On ne peut pas acheter la faveur de Dieu. On doit simplement l’implorer pour qu’il entende nos prières.

Le seul autre endroit dans l’Ancien Testament qui contienne cette expression, « Que tes oreilles soient attentives », se trouve en 2 Chroniques 6.40. Salomon a fait cette prière lors de la dédicace du temple : « Maintenant, ô mon Dieu, que tes yeux soient ouverts et que tes oreilles soient attentives à la prière faite en ce lieu ! » Dieu a répondu à Salomon : « Désormais mes yeux seront ouverts et mes oreilles seront attentives à la prière faite en ce lieu » (2 Ch 7.15) Dieu entendait les prières faites au temple ou faites en direction du temple. Pourquoi ? Parce qu’au temple le grand sacrificateur offrait des sacrifices d’animaux. Ces sacrifices représentaient le grand sacrifice de Jésus offert plus tard sur la croix.

Comment ce pèlerin pouvait-il oser demander à Dieu d’écouter sa voix dans sa détresse ? Parce que son cœur était orienté vers Jérusalem, vers le temple, là où l’Evangile de la grâce était déjà proclamé au moyen d’une aide visuelle sanglante. Oui, les oreilles du Seigneur sont attentives aux prières faites en ce lieu ou en direction de ce lieu. Comment pouvons-nous espérer que Dieu entende nos prières dans nos détresses ? Uniquement grâce au sang de Jésus versé à la croix pour nos péchés. Crions à l’Eternel et mettons notre confiance dans le sang de Jésus. C’est tout ce qu’il faut demander, une oreille attentive, que Dieu écoute ma voix, qu’il soit attentif à mes supplications. Voyez la grande simplicité de cette prière. Que personne ne dise que prier est compliqué. « Seigneur, entends ma voix, je suis dans la détresse, au secours ! Au secours à cause de Jésus ! »

2. Un pardon assuré (Ps 130.3-4)

Soudain, la détresse se transforme en grande assurance devant Dieu. « Si tu gardais (le souvenir) des fautes, Eternel, Seigneur, qui pourrait subsister ? Mais le pardon (se trouve) auprès de toi, afin qu’on te craigne. » (vv. 3-4) Dans le texte, nous voyons quelques mots entre parenthèses. Ces parenthèses signifient que, dans le texte en hébreu, ces mots ne sont pas là. C’est le traducteur qui a jugé bon de les ajouter pour mieux nous faire comprendre. La poésie hébraïque est souvent très comprimée. On ménage le nombre de mots pour produire un effet poétique plus puissant. « Si tu gardais les fautes, Eternel, Seigneur, qui pourrait subsister ? Mais le pardon est auprès de toi, afin qu’on te craigne. » Oui, si Dieu gardait (le souvenir) des fautes, si Dieu s’en souvenait, qui pourrait tenir devant lui ? Le pèlerin a d’abord supplié le Seigneur dans sa détresse personnelle. Il pense maintenant à toute la race humaine, pas seulement à lui, mais à tous les hommes. Il reconnaît que personne ne peut prétendre être juste devant Dieu. Ni lui ni personne d’autre.

Quand Dieu nous envoie des épreuves, souvent notre orgueil nous amène à penser: « Mais pourquoi une telle chose m’arrive-t-elle ? Il me semble que je mérite mieux que ça… » Le pèlerin du Psaume 130 ne raisonne pas du tout de cette façon ! Dans la détresse que Dieu lui envoie, il sait qu’il mérite beaucoup plus. Dieu pourrait m’envoyer des détresses bien pires. « Si tu gardais les fautes, Eternel, Seigneur, qui pourrait subsister ? » Nous n’osons pas imaginer à quoi notre vie pourrait ressembler si Dieu gardait le souvenir des fautes, si le Seigneur retenait contre nous tous les torts que nous avons causés, toutes les offenses que nous avons commises contre sa sainte majesté. « Qui pourrait subsister ? » Littéralement : « Qui pourrait tenir debout ? » Le Psaume ne donne pas directement la réponse à la question. Poser la question, c’est y répondre. Nous n’avons pas toujours besoin de donner à nos interlocuteurs toutes les réponses bien  « mâchées ». Il suffit parfois de poser la bonne question. En plus, la question est posée à Dieu, dans la prière : « Si tu gardais les fautes, Eternel, Seigneur, qui pourrait subsister ? » Evidemment, Dieu connaît la réponse, il est le Dieu saint. Le pèlerin connaît la réponse, lui aussi. Vous connaissez aussi la réponse dans vos cœurs. Si Dieu nous punissait comme nous le méritons, où serions-nous ? Qui pourrait rester là, debout devant lui et debout dans la vie ?

« Mais le pardon (se trouve) auprès de toi ! » Quelle vérité toute simple et tellement glorieuse ! Quelle simplicité de l’Evangile ! Quelle assurance émouvante et solide du pèlerin ! Lui qui, il y a un instant, était englouti au plus profond de l’océan par la gravité de ses péchés, il a maintenant dans son cœur cette confiance sereine et paisible. Il est capable de déclarer devant Dieu et devant le monde entier que nous n’avons aucune justice en nous-mêmes, mais que le pardon se trouve auprès de l’Eternel. C’est la plus belle nouvelle au monde ! Le pardon est auprès de toi, Seigneur ! Sommes-nous capables de prononcer cette prière avec autant de simplicité ? « Le pardon (se trouve) auprès de toi. »

Comment le pèlerin peut-il exprimer une telle assurance devant Dieu ? Parce qu’il est tourné vers Jérusalem, vers le temple, là où les sacrifices d’animaux sont offerts chaque jour pour les péchés du peuple. Ce n’est pas le pèlerin qui, tout à coup, a la bonne idée de demander pardon à Dieu. C’est Dieu qui est venu au-devant d’Israël pour donner à son peuple une image, une représentation visuelle du sacrifice de Jésus. C’est Dieu qui, de toute éternité, a prévu et préparé le moyen par lequel nous sommes délivrés de notre profonde misère. Comment exprimer à notre tour cette même confiance ? En regardant à Jésus, en tournant nos regards vers lui, qui est descendu au plus profond, au plus creux de son agonie sur la croix, pour accomplir la purification des péchés de son peuple. Il est ensuite ressuscité, il est monté au ciel, il est assis à la droite du Père, et c’est là que nous regardons pour trouver le pardon.

« Afin qu’on te craigne. » Qu’est-ce que cela veut dire ? « Le pardon se trouve auprès de toi, afin qu’on te craigne. » Vous souvenez-vous des trois choses qu’il faut connaître pour vivre et mourir dans l’heureuse assurance d’appartenir à Jésus-Christ ? Voici les trois choses à connaître : le péché, la grâce et la gratitude ; la grandeur de mon péché, la délivrance en Jésus-Christ et la reconnaissance que je lui dois. C’est exactement ce que nous trouvons au Psaume 130. « Si tu gardais le souvenir des fautes, Seigneur, Eternel, qui pourrait subsister ? Mais le pardon se trouve auprès de toi, afin qu’on te craigne. » Le Seigneur a le désir de pardonner, parce qu’il veut être craint.

Notre salut se trouve en lui seul. Toute notre vie devrait être une expression continuelle de gratitude. Nous avons été pardonnés ; tout ce qui nous reste à faire, c’est de craindre l’Eternel, non pour gagner des points, mais par pure reconnaissance. Dieu ne nous pardonne pas pour que nous puissions prendre nos péchés à la légère. « Ce n’est pas grave, de toute façon, Dieu va me pardonner ! » Non, Dieu pardonne pour que nous puissions le craindre, pour que nous puissions vivre dans une obéissance nouvelle, par la puissance du Saint-Esprit. Le pardon ne devrait pas nous amener à rester dans le péché. Le pardon devrait nous amener à la véritable adoration, à l’amour pour Dieu et pour ses commandements. « Afin qu’on te craigne. »

3. Une espérance entière dans l’Eternel (Ps 130.5-6)

Le pèlerin vient de faire une déclaration générale. Il vient de dire que Dieu fait grâce à des pauvres pécheurs qui se tournent vers lui. Il en a l’assurance. Maintenant le pèlerin applique cette vérité générale à sa vie personnelle. « J’espère en l’Eternel, mon âme espère, et je m’attends à sa parole. » (v. 5) Le pronom redevient « je ». On aura beau proclamer des grandes vérités à tout le monde, si on n’est pas capable de dire : « Oui, c’est vrai pour moi », tout cela ne vaut pas grand-chose. « J’espère en l’Eternel », oui, moi personnellement. Le mot « espérer » signifie attendre, comme quelqu’un tendu vers l’avant, avec le désir profond de voir quelque chose se produire. Le pèlerin est tendu vers l’avant. Toutes les fibres de son être sont tendues dans l’espoir que Dieu agira et qu’il tiendra parole : « et je m’attends à sa parole ». Tout le gâchis qu’il a causé par son péché n’aura pas le dernier mot. Il y a un avenir, il y a une espérance pour ceux qui s’attendent en l’Eternel et qui mettent leur confiance dans ses promesses.

Mais il faut attendre, il faut être patient, il faut espérer que la Parole de Dieu s’accomplisse en ma faveur. « Mon âme (compte) sur le Seigneur, plus que les gardes (ne comptent) sur le matin, que les gardes (ne comptent) sur le matin. » (v. 6) « Mon âme (compte) sur le Seigneur, plus que les gardes sur le matin. » Les gardes doivent veiller, ils doivent persévérer, ils doivent être vigilants au cas où un ennemi surgirait. Ils aspirent au matin pour qu’enfin finisse leur tour de garde. Ils sont conscients de chaque minute qui s’écoule lentement au milieu de la nuit noire. Ils espèrent une chose : que le matin enfin se lève. Mon âme compte sur le Seigneur encore plus que les gardes ne comptent sur le matin. Mon âme espère en Dieu. Mon âme attend l’aube de l’amour de Dieu, l’aube de sa miséricorde en ma faveur. Peut-être ai-je beaucoup péché, peut-être ai-je blessé beaucoup de personnes, peut-être ai-je causé beaucoup de gâchis autour de moi, dans ma famille, dans l’Eglise ou dans ma propre vie, mais j’ai une espérance. Le pardon de Dieu me donne une espérance pour l’avenir. J’espère en l’Eternel de tout mon cœur, de toute mon âme. Je m’attends à lui de toutes les fibres de mon être. Est-ce là votre prière ? Est-ce là votre espérance ?

4. Une solide proclamation à toute l’Eglise (Ps 130.7-8)

Maintenant, la longue attente est terminée pour celui qui a crié à l’Eternel dans son désespoir. Il était dans les profondeurs de l’abîme, il a regardé vers le haut pour crier à l’Eternel. Il a reçu le pardon de ses péchés, il en a l’assurance. Il espère en Dieu, confiant dans l’avenir. Et maintenant, que fait-il ? Il exhorte ses frères à faire de même. Il proclame la bonne nouvelle. « Israël, attends-toi à l’Eternel ! » (v. 7) Pourquoi Israël peut-il aussi s’attendre à l’Eternel ? « Car la bienveillance est auprès de l’Eternel, et la libération abonde auprès de lui. C’est lui qui libérera Israël de toutes ses fautes. » La bienveillance est auprès de l’Eternel. La bienveillance, la hèsèd en hébreu, c’est un mot qui revient souvent, qui se rapporte à l’alliance et qui est difficile à traduire en français. Grâce, bienveillance, fidélité, loyauté, amour indéfectible du Dieu de l’alliance. Tous ceux qui agonisent dans les profondeurs de leurs péchés et qui crient leur détresse au Seigneur, tous ceux-là reçoivent le pardon à cause de sa bienveillance et de sa grâce. Le pèlerin en a fait lui-même l’expérience. Il annonce maintenant joyeusement la bonne nouvelle au milieu de l’assemblée. « Israël, attends-toi à l’Eternel ! »

Ce cadeau n’est pas seulement une promesse pour l’avenir. C’est une réalité déjà présente. Dans l’Ancien Testament, on voyait déjà venir au loin quelque chose de grand : « C’est lui qui libérera Israël de toutes ses fautes. » Le temple annonçait un sacrifice plus grand à venir, le sacrifice de Jésus-Christ à la croix. La libération, la rédemption, c’est là qu’elle s’est finalement accomplie. Les sacrifices d’animaux ne faisaient que l’annoncer pour qu’Israël puisse espérer. Jésus est venu l’accomplir. Il a payé pour tous les péchés passés de son peuple, les péchés des pèlerins de l’Ancien Testament, les péchés d’Israël. Il a aussi payé pour tous les péchés à venir de son Eglise. Déjà, dans l’Ancien Testament, les croyants pouvaient dire : « La libération abonde auprès de lui. » La libération du péché était déjà abondante pour eux. Le pèlerin en faisait la proclamation solide et joyeuse. A combien plus forte raison nous aussi, nous qui vivons après la venue de Jésus, une fois qu’il a vraiment accompli la libération, la rédemption par son sacrifice. Oui, certainement, nous pouvons proclamer avec force : « La libération abonde auprès de lui », elle est abondante.

Libération ! Libéré de ses fautes ! Pas seulement pardonné, mais libéré ! Libéré de la condamnation du péché, libéré de la puissance du péché. « Que le péché ne règne donc pas dans votre corps mortel », dit l’apôtre Paul (Rm 6.12), car nous sommes morts au péché, nous sommes morts avec Jésus, nous sommes unis à lui dans sa mort et sa résurrection pour que le péché n’exerce plus son emprise sur nous. La libération abonde auprès du Seigneur. Elle est bien plus grande que nous ne pouvons l’imaginer ou que nous ne pouvons l’espérer.

Pensez-vous que vos péchés soient si horribles ? Pensez-vous que vous êtes incapables de vous sortir du trou quand vous retombez toujours dans les mêmes péchés ? Etes-vous découragés par tous les péchés qui sont encore là, dans votre vie, dans votre famille ou dans l’Eglise? Eglise du Seigneur, attends-toi à l’Eternel ! Dans la profondeur de ta misère, lève les yeux vers le haut ! Lève ton cœur vers le trône de la grâce ! Espère en ton Dieu ! Car la bienveillance, la fidélité, la grâce, l’amour, la loyauté indéfectible se trouvent auprès de l’Eternel. La libération abonde auprès de lui. Marchons plein d’espérance vers la nouvelle Jérusalem. C’est lui qui libérera son Eglise de toutes ses fautes. Amen.

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Psaume 131 Le calme du pèlerin http://larevuereformee.net/articlerr/n269/psaume-131-le-calme-du-pelerin Thu, 14 May 2015 11:14:00 +0000 http://larevuereformee.net/?post_type=articlerr&p=898 Continuer la lecture ]]> LE CALME DU PÈLERIN
Psaume 131

Paulin BÉDARD*

Peuple bien-aimé du Seigneur,

Il n’est pas facile de rester calme. Etes-vous toujours capables de garder votre cœur en paix ? Pour la plupart d’entre nous, il faut vraiment lutter pour y arriver. Nous sommes souvent ballottés par les vagues de nos émotions. Une journée, nous sommes tout joyeux et, le lendemain, nous vivons des frustrations ou des découragements. Notre vie quotidienne ressemble souvent à des eaux turbulentes. Combien de fois nos vies ressemblent-elles aux eaux tranquilles et paisibles du Psaume 131 ?

David a écrit ce Psaume pour exprimer le calme que Dieu a mis dans son cœur. Le Saint-Esprit a donné ce Psaume à l’Eglise pour que les eaux tumultueuses de notre cœur se transforment en eau calme. En Israël, les pèlerins du Seigneur montaient à Jérusalem trois fois par année pour célébrer les fêtes en l’honneur de l’Eternel (la fête de la Pâque avec la fête des pains sans levain, la fête des semaines ou des prémices de la moisson, la fête des huttes ou des récoltes, Ex 23.14-17; Lv 23 ; Dt 16.1-16). Pendant la route, ils chantaient les « Psaumes des montées ». Ils chantaient le Psaume 131 pour les aider à calmer leur esprit tourmenté. Le Psaume 131 nous décrit le calme du pèlerin. Ce tout petit Psaume contient trois grandes vérités.

1. Le calme trouve sa source dans l’humilité (Ps 131.1)

David prie de façon remarquable. Il commence par parler de son cœur. « Eternel, je n’ai pas un cœur arrogant. » (v. 1) David s’adresse à celui qui connaît nos cœurs ! Que veut dire avoir un cœur orgueilleux ou arrogant ? Cela veut dire refuser la place que Dieu nous attribue dans sa création. S’élever à la place de Dieu, déterminer soi-même ce qui est bien et mal et se penser au-dessus des autres. L’orgueil est cet instinct naturel que nous recevons tous à la naissance et qui nous afflige de bien des façons. David mentionne, ensuite, les yeux : « Je n’ai pas des regards hautains. » L’orgueil vient du cœur, mais son expression visible se manifeste dans les yeux. Ce que le cœur désire, les yeux le cherchent. On a dit que les yeux sont le miroir de l’âme. Un seul regard peut communiquer tellement de choses : la colère, la haine, la convoitise, la jalousie. Un cœur arrogant regarde les autres de haut, avec mépris.

David n’avait ni un cœur arrogant ni des yeux hautains. Pourtant, la tentation était bien réelle pour lui. C’était un musicien talentueux, un poète accompli. C’était un guerrier redoutable qui a remporté de grandes victoires. C’était le roi d’Israël ! Il avait tout pour être gonflé d’orgueil. Par la grâce de Dieu, il a gardé un cœur humble devant son Dieu et un regard doux devant les hommes.

Dans sa jeunesse, il était simple berger et cela lui convenait. Quand son père lui a demandé d’aller porter de la nourriture à ses frères sur le champ de bataille, il y est allé en toute simplicité. Son frère Eliab s’est alors mis en colère : « Je connais ton insolence et la malice de ton cœur. C’est pour voir la bataille que tu es descendu. » (1 S 17.28) Fausse accusation ! Faux témoignage contre David ! David a entendu le géant Goliath mettre au défi le Dieu d’Israël. David a voulu se battre contre lui, non parce qu’il voulait des honneurs, mais parce que l’honneur de Dieu était bafoué. Plus tard, dans la caverne, quand il était pourchassé par Saül, David aurait pu tuer Saül et prendre sa place sur le trône. On l’accusait d’ailleurs d’être ambitieux. Mais non, il a humblement attendu que la promesse de Dieu s’accomplisse. Son humilité lui permettait de calmer son cœur dans l’adversité. Quand David est devenu roi, par la suite, il savait que cet honneur et cette responsabilité venaient de la grâce de Dieu seule, et non pas de ses mérites. David savait qu’il était pécheur. Il s’est humilié, il a demandé pardon pour ses péchés.

David ajoute : « Je ne m’engage pas dans des questions trop grandes et trop merveilleuses pour moi. » (v. 1) Cela veut-il dire que nous devrions éviter de réfléchir aux grandes questions théologiques de la Bible ? Pas du tout ! David voulait continuellement approfondir ses connaissances de la Parole de Dieu. Il méditait régulièrement la Parole. Mais voyez-vous, il y a bien des choses que Dieu ne nous a pas révélées. Pourquoi David a-t-il été si méchamment persécuté par Saül ? Pourquoi plus tard son propre fils Absalom s’est-il révolté contre lui ? Comment la promesse du Messie qui a été donnée à David s’accomplira-t-elle un jour ? David savait que ces questions étaient trop grandes, trop merveilleuses pour lui. Il acceptait humblement ses limites, sans chercher à comprendre les secrets de Dieu. L’humilité procurait à David un cœur calme et paisible devant les circonstances de sa vie qu’il ne comprenait pas.

David était l’image d’un autre roi, un roi qui allait venir mille ans plus tard. Jésus, notre grand Roi, Jésus, le Fils de David, a parfaitement accompli le Psaume 131. Jésus a dit: « Je suis doux et humble de cœur. Venez à moi (…) et vous trouverez du repos pour vos âmes. » (Mt 11.28-29) Son humilité est la source de notre repos ! L’apôtre Paul a dit : « Lui dont la condition était celle de Dieu (…), il s’est dépouillé (…), il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix. » (Ph 2.6-8) Jésus est un Roi plus excellent que David. C’est le Fils éternel de Dieu, le Tout-Puissant plein de majesté, sans aucun péché, contrairement à David. Ce grand Roi glorieux s’est humilié jusqu’à mourir sur la croix pour nos péchés d’orgueil et d’arrogance. Il nous a réconciliés avec Dieu. Son humilité est la source de notre paix avec Dieu ! Son humilité calme nos cœurs !

Jésus notre Roi envoie son Esprit Saint dans nos cœurs pour qu’à notre tour nous devenions humbles. Il nous incite à confesser nos péchés, comme David l’a fait. Il nous pousse à reconnaître que tout ce que nous avons, nous l’avons reçu par pure grâce. Nous ne pouvons nous vanter d’absolument rien. Puisque Jésus s’est humilié, nous dit Paul, ayons les mêmes sentiments que lui. « Ne faites rien par rivalité ou par vaine gloire, mais dans l’humilité, estimez les autres supérieurs à vous-mêmes. » (Ph 2.3) C’est souvent l’orgueil qui cause des querelles dans l’Eglise. L’humilité sera une source de paix en nous, dans nos cœurs. L’humilité sera aussi une source de paix entre nous, dans l’Eglise.

Nous sommes des pèlerins du Seigneur. Nous sommes en route vers la nouvelle Jérusalem. Nous avons reçu le Psaume 131 pour nous aider à nous apaiser durant notre voyage sur cette terre, jusqu’au but ultime, dans la nouvelle Jérusalem. Sommes-nous capables de prier comme David ? « Eternel ! je n’ai ni un cœur arrogant, ni des regards hautains. » Qu’en est-il de toutes nos questions qui nous troublent et qui perturbent notre esprit ? « Pourquoi cette épreuve m’arrive-t-elle? Pourquoi Dieu m’envoie-t-il cette maladie, cet accident, cette difficulté ? Pourquoi Dieu fait-il tourner les événements de cette façon ? Comment Dieu va-t-il s’y prendre pour réaliser son plan ? » Ayons l’humilité de reconnaître nos limites. « Je ne m’engage pas dans des questions trop grandes et trop merveilleuses pour moi. » Oui, j’étudie la Bible à fond, je veux connaître tout ce qu’il m’a révélé, mais les questions qui concernent les secrets de Dieu, je les laisse entre ses mains. Et alors, Dieu calmera nos cœurs. Son Esprit nous donnera sa paix dans nos âmes.

2. Le calme se repose dans le contentement (Ps 131.2)

Au verset 2, David continue sa prière : « Loin de là, j’ai imposé le calme et le silence à mon âme, comme un enfant sevré auprès de sa mère ; mon âme est en moi comme un enfant sevré. » En hébreu, « imposer le calme » signifie niveler, égaliser, comme on égalise un terrain. David a nivelé ses émotions, il a calmé son cœur, il a contenu ses turbulences. S’il avait besoin de se calmer, c’est sûrement parce que son âme était parfois troublée. Rappelez-vous sa colère contre Nabal. Ce Nabal dur et mauvais avait refusé de donner de la nourriture à David et à ses compagnons. Quelle offense pour David ! Un affront intolérable ! David avait résolu de tuer Nabal par vengeance. Il sentait le besoin irrésistible de prendre les choses en mains et de se faire justice lui-même. Il a fallu l’intervention providentielle d’Abigaïl pour éviter le drame (voir 1 S 25).

Dans toutes ses adversités, David a dû apprendre à se calmer. Cela n’a pas été facile. « J’ai imposé le calme et le silence à mon âme, comme un enfant sevré auprès de sa mère. » Quelle belle image ! Le sevrage d’un enfant est un processus douloureux pour la mère et pour l’enfant. La mère doit renoncer à ce contact proche et intime avec son enfant. Quel déchirement de priver son enfant du sein maternel et d’entendre l’enfant pleurer et pleurer ! L’enfant est habitué à se nourrir du lait de sa maman. C’est si bon ! Il ne veut pas arrêter. La mère a besoin d’être forte : « Non, c’est mieux pour toi de changer de nourriture. » L’agitation continue tant que le sevrage n’est pas terminé. Une fois sevré, l’enfant reste enfin calme auprès de sa mère. Il est simplement content d’être à ses côtés. Il sait qu’elle l’aime et qu’elle prend soin de lui, même s’il n’a plus son lait.

Le Psaume 131 nous dessine l’image du contentement. David a dû apprendre le contentement. Il a été sevré de son orgueil. Il a été sevré de son désir de trouver des réponses à ses questions trop grandes et trop merveilleuses pour lui. Il a sevré son âme spirituellement pour enfin trouver le repos et le contentement dans le Seigneur lui-même, non pas dans les bénédictions qu’il recevait, mais dans la personne même de son Dieu.

Le sevrage spirituel est un processus douloureux. Il a fallu que David attende pendant des années avant de recevoir la couronne promise, sans savoir pourquoi Saül le pourchassait. Même quand il est devenu roi, David a continué d’apprendre le contentement. Souvenez-vous de sa rencontre avec Chimeï (2 S 16). David endurait des souffrances pénibles parce que son propre fils Absalom s’était révolté contre lui. Absalom est entré dans Jérusalem avec ses troupes pour détrôner son père. David a dû s’enfuir encore une fois. Sur la route, il a rencontré Chimeï. Cet homme s’en est pris durement à David. Chimeï était quelqu’un de la maison de Saül. Pourtant, David n’avait rien fait de mal contre Saül. Chimeï a dit des choses épouvantables à David. Il s’est moqué de lui, il a dit du mal de lui, il l’a maudit, il lui a dit que c’est son fils Absalom qui deviendrait roi, il a lancé des pierres à David et à tous les serviteurs du roi. Comment David a-t-il réagi ? Qu’est-ce qu’un David arrogant aurait fait, pensez-vous ?

Qu’auriez-vous fait ? Vous êtes le roi, on vous maudit injustement, on vous lance des pierres à la figure, on vous calomnie publiquement. Est-ce que vos émotions ne deviendraient pas comme des montagnes russes ? Est-ce que vous ne voudriez pas prendre les choses en main, vous faire justice, punir le méchant, protéger votre réputation ?

Plus jeune, c’est sûrement ce que David aurait fait, comme il a voulu le faire avec Nabal. Mais maintenant, entre Nabal (1 S 25) et Chimeï (2 S 16), il y a eu un sevrage. David a imposé le calme et le silence à son âme. Il a nivelé ses émotions. Il a été sevré de ce genre de réaction remplie d’orgueil, centrée sur lui. Ce n’est plus son ego blessé qui était la force motrice de sa vie. Ecoutez sa réponse : « S’il maudit, c’est que l’Eternel lui a dit : Maudit David ! Qui donc lui dira : Pourquoi agis-tu ainsi ? » (2 S 16.10) David fait passer le Seigneur avant son ego. Il ne comprend pas pourquoi Chimeï agit de la sorte aussi méchamment. Mais David ne cherche plus à défendre son honneur personnel. Il laisse tout cela dans les mains du Seigneur. « Peut-être l’Eternel regardera-t-il ma peine et me fera-t-il du bien en retour de sa malédiction d’aujourd’hui. » (2 S 16.12) David a dû apprendre le contentement. Il s’est contenté de la promesse de Dieu pour lui et pour son royaume (2 S 7). Dans l’adversité, il a été capable de se calmer parce qu’il a appris à se reposer dans l’amour et la grâce de Dieu. Il s’est contenté de la personne même de son Dieu.

Mille ans plus tard, la promesse de Dieu en faveur de David s’est finalement accomplie en Jésus-Christ. Jésus a parfaitement vécu le Psaume 131. Il a imposé le calme et le silence à son âme quand il a été bafoué, quand il a été méprisé, quand on s’est moqué de lui, quand on l’a accusé faussement. Oui, Jésus a vécu des émotions fortes à Gethsémané. Des angoisses profondes l’ont troublé devant la coupe de la colère de Dieu qu’il devait boire à notre place. Mais il a calmé son cœur en acceptant humblement la volonté de son Père. Il a fait confiance à son Père sans aller au-delà avec des questions trop profondes. Au moment de mourir pour nos péchés, pour nos péchés d’orgueil et d’arrogance, Jésus a imposé le calme à son âme. « Père, je remets mon esprit entre tes mains. » (Lc 23.46) Il n’a pas cherché à prendre en main sa réputation, sa justice, son honneur. Il s’en est remis entre les bonnes mains de son Père. Il s’est contenté de la promesse de son Père. Promesse de résurrection, promesse de recevoir le trône éternel dans le Royaume des cieux, promesse de régner, promesse d’une Eglise rassemblée pour sa gloire.

Aujourd’hui, Jésus notre Roi nous dit : « Ma grâce te suffit. » (2 Co 12.9) Quand les échardes et les épines viennent nous transpercer, contentons-nous de la grâce du Seigneur qui nous suffit. Il déverse en nous son Esprit Saint pour que nous apprenions le contentement. Paul, en prison à cause de sa foi, a écrit ceci : « J’ai appris à me contenter de l’état où je me trouve. Je sais vivre dans l’humiliation et je sais vivre dans l’abondance. » (Ph 4.11-12) Le contentement ne vient pas tout seul. Il nous faut apprendre à nous contenter. Nous avons besoin d’un sevrage. Paul a été sevré pour être capable de se reposer calmement en Dieu, en toutes circonstances, même quand il était en prison à cause de sa foi.

Le secret du contentement ne se trouve pas dans ce qui nous arrive, mais plutôt dans ce que nous faisons avec nos circonstances. Trop souvent, nous nous imaginons qu’il faut qu’un certain nombre de conditions soient remplies pour être contents. « Si au moins j’avais un autre emploi, là je serais content. Si j’avais un mari, une épouse, des enfants, si j’avais une autre maison, si j’avais plus d’argent, si j’avais d’autres talents, si mon Eglise était différente, là je serais content. Comment Dieu peut-il permettre que telle épreuve m’arrive? » Apprenons plutôt à dire avec David : « J’ai imposé le calme et le silence à mon âme, comme un enfant sevré auprès de sa mère. » Je me suis contenté de la grâce de Dieu et de son amour pour moi. Je me suis contenté de sa présence bénie. Je suis à côté de Dieu et je suis pleinement content et satisfait.

3. Le cœur apaisé se nourrit d’espérance (Ps 131.3)

Comment David pouvait-il garder son calme intérieur ? Sa « recette » se trouve au verset 3 : « Israël, attends-toi à l’Eternel, dès maintenant et à toujours ! » Maintenant, il s’adresse à Israël, mais, bien sûr, il a commencé par lui-même. Au milieu des épreuves, David ne regardait pas à lui-même, il regardait à l’Eternel, son Dieu. « Je ne sais pas pourquoi cela m’arrive, Seigneur, mais je sais que tu le sais. Père, je ne sais pas quel est le but de cette épreuve, mais je sais que tu as un but. Et je sais que le but que tu as pour moi et pour tous tes enfants est toujours plein de grâce, plein d’amour, et que c’est pour mon bien que cela m’arrive. »

David est passé par le processus difficile d’apprendre à son âme à ne plus boire le lait naturel de la confiance en soi et à ne plus penser que nous avons toutes les réponses. Il a appris à se nourrir d’une meilleure nourriture, celle de la confiance en Dieu, celle de l’espérance en Dieu. « Je mets mon espérance dans le Seigneur et dans le Seigneur seul. » David ayant lui-même appris cette leçon, il l’enseigne ensuite à Israël. David appelle tout le peuple de Dieu à suivre son exemple. Vous aussi, mes frères et sœurs, mettez votre espérance dans le Seigneur ! Croyez dans ses promesses, tous les jours de votre vie, jusqu’à la fin de votre pèlerinage sur terre, jusqu’à l’entrée dans la nouvelle Jérusalem.

N’est-ce pas libérateur ? Que se passe-t-il quand nous manquons de confiance en Dieu ? L’orgueil refait surface. Nous ruminons des rancunes dans nos cœurs. L’amertume nous ronge les os. Nous cherchons à défendre notre réputation. Nous mettons toute notre énergie à nous protéger. Nous ne sommes jamais capables de nous relaxer. Jamais libres de nous reposer dans le contentement et de nous réjouir dans la grâce que Dieu nous a donnée. Avez-vous déjà remarqué que les personnes les plus malheureuses, les plus grincheuses, les plus critiques sont celles qui passent leur temps à vivre pour elles-mêmes ?

Mettons notre espérance dans le Seigneur. Que notre âme soit libre, en repos ! Mettez votre espérance dans celui qui a fait justice à David en punissant Nabal et Chimeï, dans celui qui a fait justice à Jésus en le ressuscitant des morts et en lui donnant le trône éternel de David. Abandonnez votre cause entre les mains du Seigneur. Sevrez vos âmes de toute confiance en vous-mêmes et mettez votre confiance uniquement dans le Seigneur, votre Dieu. Quand viendra le jour du malheur – la maladie, un accident, un échec financier ou la perte soudaine d’un être cher –, vous ne perdrez pas votre paix. Il y aura certes des turbulences, mais vous pourrez calmer votre cœur.

Seigneur, je m’humilie devant toi. Je ne te demande pas une explication, mais je regarde à toi pour que tu me sauves. Tu ne m’as pas promis une explication, tu m’as promis ton salut. Je ne vais pas chercher à fouiller dans tes plans secrets, mais je m’attends à toi pour que tu me viennes en aide au moment voulu. Tes voies sont trop élevées pour moi. Ton plan parfait s’est accompli dans la vie de ton Fils d’une façon que personne n’a compris au moment où tout cela s’est produit. J’ai confiance, Père, que ton plan pour ma vie s’accomplira parfaitement, lui aussi, à cause de Jésus. Je m’abandonne à toi. Viens calmer mon âme. Viens mettre ta paix dans mon esprit. Amen.

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Psaume 122 La joie du pèlerin http://larevuereformee.net/articlerr/n269/psaume-122-la-joie-du-pelerin Thu, 14 May 2015 11:13:59 +0000 http://larevuereformee.net/?post_type=articlerr&p=886 Continuer la lecture ]]> LA JOIE DU PÈLERIN
Psaume 122

Paulin BÉDARD*

Bien-aimés en Jésus-Christ,

Poursuivons notre voyage avec les « Psaumes des montées », qui nous aident à nous orienter dans la bonne direction. La route du pèlerin est raboteuse et dangereuse. Nous l’avons déjà vu au Psaume 120. Nos cœurs se confient dans le Protecteur du pèlerin. Le Psaume 121 nous a rassurés. Notre secours nous vient de l’Eternel, de notre départ jusqu’à notre arrivée. Et maintenant, le Psaume 122 nous mène à destination. Le pèlerin arrive, enfin, à Jérusalem. Quelle joie ! Le Psaume 122 nous décrit la joie du pèlerin. Une joie ressentie par anticipation, exprimée dans l’admiration, désirée dans l’intercession.

1. L’anticipation du pèlerin (Ps 122.1-2)

Le Psaume 122 est écrit par David. Le roi David a fait de Jérusalem la capitale de son royaume. Dieu avait dit à son peuple avant l’entrée dans la terre promise : « Tu te réjouiras devant l’Eternel, ton Dieu, dans le lieu que l’Eternel, ton Dieu, choisira pour y faire demeurer son nom. » (Dt 16.11) Plusieurs siècles plus tard, cet endroit a finalement été choisi. David a fait la conquête de Jérusalem (2 S 5.6-7). Il y a fait monter l’arche de l’alliance (2 S 6). C’est là, dans le sanctuaire, qu’on devait présenter les sacrifices et prier pour Israël. Dieu s’est, enfin, choisi un lieu stable et permanent pour y être adoré et pour affermir son royaume. Les pèlerins avaient besoin d’être encouragés à y aller. David a écrit le Psaume 122 pour inciter son peuple à venir en pèlerinage à Jérusalem. Dieu l’avait commandé. Trois fois par an, on devait s’y rendre pour célébrer les grandes fêtes en l’honneur de l’Eternel (la fête de la Pâque avec la fête des pains sans levain, la fête des semaines ou des prémices de la moisson, la fête des huttes ou des récoltes, Ex 23.14-17 ; Lv 23 ; Dt 16.1-16). Dans ce Psaume, David chante sa joie. Il donne à son peuple des paroles qui l’encouragent à chanter sa joie pendant le voyage.

« Je suis dans la joie quand on me dit : Allons à la maison de l’Eternel ! » (v. 1) David est dans la joie quand il entend son peuple dire : « Allons à la maison de l’Eternel ! » Quelle joie pour le roi de voir le peuple de l’alliance s’approcher de la maison de l’Eternel ! Quelle joie aussi pour les pèlerins ! Ils s’encouragent mutuellement quand ils partent de chez eux, quand ils sont sur la route, quand ils montent les collines de Juda : « Allons-y ! » Ils sont tous animés d’un même enthousiasme. « Je suis dans la joie quand on me dit : Allons à la maison de l’Eternel ! »  C’est une joie par anticipation. Les pèlerins ne sont pas encore arrivés à Jérusalem. Ils sont en marche, ils montent mais, déjà, leur cœur est tourné tout entier vers Jérusalem. La route est parfois raboteuse, il y a des obstacles et des dangers, mais c’est la joie qui prédomine. Pourquoi ? Parce que nous allons à la maison de l’Eternel ! Cela vaut la peine, cela vaut le déplacement. Nous allons là où Dieu habite ! « Oui, l’Eternel a choisi Sion, il l’a désirée pour son habitation : C’est mon lieu de repos à toujours ; j’y habiterai, car je l’ai désirée. » (Ps 132.13-14)

Et voilà, nous arrivons ! Nous sommes arrivés ! « Nos pieds se sont arrêtés à tes portes, Jérusalem! » (v. 2) Nous avons réussi à faire le voyage ! Nous venons de partout. Nous sommes tous là, regardez ! L’émotion est à son comble ! Le Psaume 121.3 avait déjà fait la promesse : « L’Eternel ne permettra pas que ton pied chancelle. » Eh bien, leurs pieds n’ont pas chancelé ! Ils ont marché de chez eux, Hébron, Sichem, Beér-Chéba, jusqu’à la ville sainte, sans se perdre, sans tomber dans un ravin. Ils sont entrés dans la ville et leurs pieds se sont arrêtés à l’intérieur des portes ! Ils sont tous là pour la fête. Les pieds en sécurité, le cœur en joie !

Comment vivons-nous, aujourd’hui, cette expérience du pèlerin ? Nous avons un grand Roi, Jésus-Christ, le Fils de David. Il a marché lui-même vers Jérusalem. Il est allé avec joie à la maison de l’Eternel, même lorsque la situation devenait dangereuse pour lui. Mais sa joie s’est transformée en pleurs et en tourments. Il s’est offert en sacrifice pour ôter nos péchés et calmer nos tourments. Il a remporté la victoire sur tous ses ennemis. Il est ressuscité des morts. Il est monté au ciel. Il a établi son règne à la droite de Dieu dans la nouvelle Jérusalem. Il est aujourd’hui dans la joie complète auprès de son Père. Il nous communique sa joie par son Esprit. « Et maintenant, [Père,] je vais à toi, et je parle ainsi dans le monde, afin qu’ils aient en eux ma joie parfaite. » (Jn 17.13)

Dans un sens, nous sommes déjà entrés dans la Jérusalem céleste. « Vous vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste. » (Hé 12.23) Nous y sommes déjà. Nos pieds se sont arrêtés dans ses portes. De quelle façon ? Par la médiation de Jésus ! Il nous a déjà fait entrer avec lui dans la présence bénie de son Père ! C’est merveilleux ! Nous en faisons déjà l’expérience aujourd’hui par le Saint-Esprit. Le culte d’adoration célébré le dimanche est un avant-goût du ciel. Nous venons dans sa maison, ensemble, en Eglise. Il a fait de nous son Temple, sa Maison.

Comment sommes-nous venus adorer le Seigneur aujourd’hui ? Sommes-nous venus avec joie, pleins d’enthousiasme ? Ou bien venons-nous simplement par habitude ou par obligation, parce qu’il le faut ? Qu’anticipez-vous quand vous pensez au culte d’adoration ? Comment communiquez-vous votre joie à vos enfants, à vos parents, à vos frères et sœurs dans l’Eglise ? Allons-y dans la joie !

Dans un autre sens, nous ne sommes pas encore arrivés. Nous sommes encore des pèlerins sur la terre. Nous le resterons toute notre vie. Un jour, nous entrerons dans la nouvelle Jérusalem qui descendra du ciel. Comment anticipez-vous cet événement ? Avez-vous hâte de voir ce grand jour ? Est-ce la joie qui prédomine dans votre vie, parce que vos pensées sont fixées sur le but du voyage ? Encourageons-nous dans cette espérance. Disons-nous les uns les autres pendant le voyage : « Je suis dans la joie quand on me dit : Allons à la maison de l’Eternel ! »

2. L’admiration du pèlerin (Ps 122.3-5)

Que faisaient les pèlerins une fois arrivés à Jérusalem ? Ils étaient dans l’admiration. Ils prenaient le temps de bien regarder autour d’eux, ce qui leur procurait beaucoup de joie. Ils admiraient les constructions. « Jérusalem, toi qui est bâtie comme une ville qui forme un ensemble bien uni. » (v. 3) Les maisons étaient déjà bâties quand David en a fait la conquête. Cependant, David a fait bâtir d’autres constructions et des forteresses autour de la ville (2 S 5.9). Toute cette architecture formait un ensemble bien uni. Les constructions sont toutes liées les unes aux autres, solides, harmonieuses. La ville forme un tout. Elle symbolise l’unité du peuple de Dieu. C’est magnifique !

Les pèlerins admiraient aussi la foule de tous les pèlerins arrivant de partout. « C’est là que montent les tribus, les tribus de l’Eternel. » (v. 4) Tous ces gens appartenaient à des tribus différentes, Zabulon, Nephtali, Ruben… Ces tribus sont unies devant un même but. Elles sont toutes ensemble « pour célébrer le nom de l’Eternel ». A Jérusalem ! Là où Dieu a établi sa résidence sur la terre ! Voilà ce qui fait toute la beauté de cette ville. Voilà ce qui garantit l’unité et la cohésion de son peuple : la présence de l’Eternel parmi eux et la célébration de son saint nom. Le pèlerin qui arrive n’adore pas Dieu tout seul. Il est conscient de la présence de tous ses frères et sœurs. Cela l’incite à remercier Dieu pour leur présence. L’adoration est une activité de groupe. C’est une affaire entre Dieu et son peuple. Quelle joie d’être là, avec tous ces adorateurs, pour célébrer son nom !

Les pèlerins admiraient le trône de David. « Car là sont installés les trônes pour le jugement, les trônes pour la maison de David. » (v. 5) Imaginez ! Ils avaient hâte d’aller à Jérusalem pour admirer le gouvernement ! Quand une injustice était commise, on se réjouissait de pouvoir aller à Jérusalem pour obtenir justice. « David régna sur tout Israël. Il faisait droit et justice à tout son peuple. » (2 S 8.15) Le gouvernement du pays représentait le règne de Dieu sur terre, un règne de justice. Toutes ces choses faisaient l’admiration du pèlerin et réjouissaient son cœur.

Pourquoi David a-t-il écrit tout cela ? C’était afin d’attirer l’attention des pèlerins sur l’importance de Jérusalem. C’était la ville la plus importante au monde. Le bien de l’Eglise et l’avenir de l’Eglise en dépendaient. C’est là que se trouvait la gloire de l’Eternel. C’est de là que venaient la stabilité du royaume et le salut d’Israël ! C’est là qu’on célébrait la promesse de Jésus-Christ ! Ce chant des pèlerins devait les aider à s’attacher de tout cœur à cette ville pour qu’ils ne l’oublient jamais, pour qu’ils ne soient jamais tentés de trouver ailleurs leur plaisir, pour qu’ils soient toujours désireux et joyeux d’y revenir.

Que venons-nous admirer aujourd’hui ? Nous n’admirons plus l’architecture d’une ville terrestre. Nous n’admirons plus des pèlerins qui arrivent des quatre coins de la Palestine. Nous n’admirons plus un gouvernement humain. Nous n’avons plus besoin d’aller faire un pèlerinage trois fois par année à Jérusalem, au Moyen-Orient. Ce n’est plus cela qui fait notre joie. Nous avons beaucoup mieux. Nous avons une joie et une admiration beaucoup plus grandes. Jésus est venu accomplir tout ce que Jérusalem représentait. Jésus est le nouveau David qui règne et qui fait justice.

Je suis injuste et pécheur. Nous sommes injustes et pécheurs. Jésus est mort pour nous, pour ôter nos péchés et nous donner sa parfaite justice. Il établit son règne de justice dans nos cœurs et dans le monde pour que nous puissions le célébrer et le remercier de tout cœur. Nous admirons son royaume éternel. Son règne fait notre joie. Nous admirons même son peuple, imaginez ! Un peuple composé de pécheurs, mais de pécheurs pardonnés, sanctifiés, attachés ensemble dans une même foi. Son Eglise est son œuvre, sa construction, sa maison qu’il est en train de bâtir. Nous admirons le miracle de la foi produit dans nos cœurs par le Saint-Esprit. Nous admirons les progrès de nos frères et sœurs dans leur vie chrétienne. Nous admirons l’unité qu’il met entre nous. Nous admirons le fait qu’il rassemble ses enfants des quatre coins de la terre et qu’il les met ensemble pour célébrer son nom. Quelle joie de voir le Seigneur à l’œuvre ! Avez-vous cette joie pour son Royaume ? Avez-vous cette admiration pour son Eglise ?

Nous ne sommes pas des adorateurs individuels, isolés les uns des autres. Il nous a réunis ensemble autour d’un même but: célébrer son nom ! Quelle joie ! Remercions-le pour nos frères et nos sœurs qui viennent adorer Dieu avec nous. Gardons bien à l’esprit que le Seigneur est présent au milieu de nous. C’est la chose la plus grande et la plus glorieuse au monde. Jésus veut que nos cœurs restent attachés fermement à son Eglise. N’ayons jamais l’idée de trouver notre plaisir en dehors de sa Maison. Dieu réside au milieu de nous. C’est là que nous trouvons notre joie !

Un jour, nous entrerons dans la nouvelle Jérusalem qui descendra du ciel. Ce jour-là, nous serons dans l’admiration totale. Quelle belle ville elle sera ! Tout ce beau monde racheté par le sang de Jésus, des hommes, des femmes, des enfants de toute langue, de toute nation, de tout peuple, réunis dans une parfaite unité pour célébrer le nom de l’Eternel ! Le règne de Dieu sera sans fin, un règne de justice ! Nous sommes dans la joie dès aujourd’hui parce que nous allons vers cette nouvelle Jérusalem. Nos cœurs, aujourd’hui, sont déjà pleins d’admiration. Imaginez la joie quand nous y serons arrivés !

3. L’intercession du pèlerin (Ps 122.6-9)

Mais avant d’arriver, il faut prier. David exhorte son peuple à l’intercession. « Demandez la paix de Jérusalem ! Qu’ils vivent tranquilles ceux qui t’aiment ! Que la paix soit dans tes remparts, et la tranquillité dans tes donjons ! » (v. 6) Les pèlerins devaient prier pour la paix et la tranquillité, la shalom et la shalwah. Deux mots qui se ressemblent. Quand on lit le Psaume en hébreu, on découvre que plusieurs mots ont la même consonance. Ils ont le même son « che ». C’est une façon poétique de nous mener à un point culminant. Ce point culminant se trouve au verset 6 : « Shaelou shalom Yeroushalaïm », « Demandez la paix de Jérusalem ». La joie du pèlerin ne sera complète que si Jérusalem demeure en paix.

David encourage donc les pèlerins à prier pour Jérusalem. Le fait-il par intérêt personnel ? Pour garder bien en main son pouvoir ? Pas du tout, sa motivation est pure. « A cause de mes frères et de mes amis, je dirai donc : Que la paix soit en toi. » (v. 8) David pense à ses frères, il veut leur bien. C’est pour cette raison qu’il veut la paix de Jérusalem. En fait, sa motivation est encore plus profonde. « A cause de la maison de l’Eternel, je recherche ton bonheur. » (v. 9) David aime Dieu, il aime la maison de l’Eternel. Il veut que cette maison rayonne de toute sa gloire. C’est aussi pour cette raison qu’il désire la paix de Jérusalem. Demandez la paix de Jérusalem, vous, les pèlerins qui venez de partout. Priez pour Jérusalem. Elle en a bien besoin. Dans l’histoire d’Israël, on n’a pas assez prié pour Jérusalem. La paix n’a pas toujours existé en Israël. Des ennemis de l’intérieur et des ennemis de l’extérieur sont venus troubler sa paix. Jusqu’à détruite la ville. Pourquoi ? Parce qu’Israël n’a pas été fidèle au Seigneur. Mais Dieu, lui, est fidèle.

Certains pensent que cette prière aujourd’hui s’appliquerait à la situation actuelle au Moyen-Orient. Il faudrait prier pour la paix entre Israéliens et Palestiniens, entre les juifs et les musulmans, pour que Jérusalem redevienne comme avant. Bien sûr, nous prions pour la paix partout dans le monde, mais cette prière du Psaume 122 est une prière pour l’Eglise. Jésus est la réponse à cette prière. Jésus se soucie de notre bien. Il prie pour la Maison de l’Eternel. Nous étions ennemis de Dieu et Jésus nous a réconciliés avec Dieu. Nous avons la paix avec Dieu par Jésus-Christ ! (Rm 5.1) Quelle joie ! Dieu nous donne son Esprit pour que nous vivions en paix entre nous, dans son Eglise. Jésus a dit : « Je vous donne ma paix. » (Jn 14.27) La paix vient de lui, de lui seul. Nous avons toujours besoin de la demander. Demandez la paix de l’Eglise par amour pour mes frères, par amour pour la maison de l’Eternel. Avons-nous à cœur le bien de nos frères et sœurs ? Aimons-nous le Seigneur ? Aimons-nous sa maison ?

Prions pour la paix entre nous. Prions que Dieu vienne ôter les froids, les jalousies et les conflits entre nous. Prions pour que nous vivions dans l’amour. Prions pour que Dieu nous protège des attaques de l’ennemi qui veut nous détruire. Prions pour la paix entre les différentes Eglises qui vivent séparées. Prions pour l’unité de l’Eglise comme Jésus a prié pour que tous soient unis dans la vérité (Jn 17). Demandons au Seigneur qu’il donne à tous les chrétiens du monde entier de confesser la même foi et la même doctrine, d’avoir un même cœur, un même amour et un même zèle. Prions pour les chrétiens persécutés pour qu’ils vivent en paix au milieu de ceux qui leur font du mal. « Demandez la paix de Jérusalem ! Qu’ils vivent tranquilles ceux qui t’aiment! »

Aujourd’hui, ce « cantique des montées » nous aide à prier et à chanter sur la route. Mais qu’adviendra-t-il de cette prière quand nous serons arrivés ? Quand nous mettrons les pieds dans la nouvelle Jérusalem, nous n’aurons plus jamais besoin de prononcer cette prière. Elle sera parfaitement exaucée ! Nous n’aurons plus besoin de demander la paix de l’Eglise. Tous les ennemis de l’Eglise auront disparu. Tous les conflits dans l’Eglise seront résolus. « Je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, prête comme une épouse qui s’est parée pour son époux. J’entendis du trône une forte voix qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. » (Ap 21.2-3) Nous serons enfin arrivés pour de bon ! Ce sera la joie parfaite, l’admiration totale et la paix complète. Oui, je suis dans la joie quand on me dit : Allons à la maison de l’Eternel ! Amen.

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Psaume 123 La perspective du pèlerin http://larevuereformee.net/articlerr/n269/psaume-123-la-perspective-du-pelerin Thu, 14 May 2015 11:13:59 +0000 http://larevuereformee.net/?post_type=articlerr&p=887 Continuer la lecture ]]> LA PERSPECTIVE DU PÈLERIN
Psaume 123

Paulin BÉDARD*

Bien-aimés du Seigneur,

Les « Cantiques des montées » sont des chants de voyage pour des pèlerins en route vers Jérusalem. Ils vont célébrer l’Eternel à l’occasion des trois grandes fêtes annuelles de l’Ancien Testament (la fête de la Pâque avec la fête des pains sans levain, la fête des semaines ou des prémices de la moisson, la fête des huttes ou des récoltes, Ex 23.14-17 ; Lv 23 ; Dt 16.1-16).

Au Psaume 120, le pèlerin se sent loin de Jérusalem. La route est raboteuse. Au Psaume 121, le pèlerin poursuit sa route avec l’assurance que Dieu le protège. Au Psaume 122, le pèlerin est tout joyeux d’arriver à Jérusalem. On aurait pu penser que les Psaumes suivants seraient de grands Psaumes de célébration. Pas du tout. Au contraire, notre pèlerin a de gros problèmes. Il crie à l’aide. Quand on a un projet de voyage, on est d’abord occupé à se préparer, ensuite vient l’excitation du voyage. Puis, après quelques jours de vacances, on commence à se relaxer. La fatigue commence à se faire sentir. Les problèmes refont surface dans notre esprit. Le pèlerin de ce Psaume semble vivre quelque chose d’un peu semblable. Il était confiant, enthousiaste, joyeux. Et, maintenant, il vit « un creux ». Le Psaume 123 est un chant de voyage que Dieu nous a donné pour nous aider lorsque la fatigue et les problèmes commencent à surgir sur la route. Ce Psaume vient resituer nos problèmes dans une bonne perspective. Le Psaume 123 nous parle de la perspective du pèlerin.

1. Le regard du pèlerin (Ps 123.1-2)

Il est étrange qu’avant d’exposer son problème, le pèlerin commence par en donner la solution. Il dit : « Je lève mes yeux… » (v. 1) Cela nous fait penser au Psaume 121 : « Je lève les yeux vers les montagnes… » Mais, maintenant, il regarde encore plus haut que les montagnes. Il regarde au-delà des obstacles. « Je lève mes yeux vers toi qui sièges dans les cieux. » (v. 1) Les « Psaumes des montées » nous élèvent toujours plus vers le haut ! En hébreu, l’accent est mis sur celui vers qui le regard se porte : « Vers toi je lève mes yeux. » Vers toi seul et vers personne d’autre. Quand nous avons des problèmes, nous sommes souvent tentés de fixer notre attention sur nos problèmes. Nous sommes tentés de nous apitoyer sur notre sort. « Pauvre de moi ! » Certaines personnes essaient de nous encourager en nous disant : « Regarde à l’intérieur de toi-même ; tu trouveras la solution. » Le pèlerin ne regarde ni vers le bas pour s’apitoyer, ni à l’intérieur de lui-même pour se remonter le moral. Il regarde vers le haut, vers celui qui règne au ciel.

Le ciel est tellement vaste et immense ! Les rares fois où je voyage en avion, je suis toujours fasciné en constatant combien les maisons et les voitures en bas sont minuscules. On dirait des jouets d’enfants miniatures. Nous sommes tout petits, minuscules, et Dieu est tellement grand ! Imaginez comment Dieu nous voit d’en haut. Dieu est immensément grand, plein de majesté. Il règne sur l’univers entier. C’est vers lui que je lève mes yeux, par la foi. Quelle belle perspective nous avons !

Vous connaissez, sans doute, ces nouveaux appareils qu’on appelle GPS, Global Positioning System, système de positionnement global. Le GPS est un système de géolocalisation par satellite. Les signaux transmis par satellite nous permettent de connaître précisément notre position n’importe où sur terre. C’est très utile si on veut aller d’un point A vers un point B. On reçoit toutes les informations nécessaires pour ne pas se perdre. Il n’est certes pas nécessaire de posséder un GPS. Une bonne vieille carte routière peut très bien faire l’affaire. Les pèlerins, dans l’Ancien Testament, n’avaient pas de GPS et savaient, pourtant, très bien se positionner pour ne pas se perdre sur la route. Ils avaient besoin de se situer par rapport aux problèmes qu’ils avaient à la maison, au travail, dans leur entourage. Le pèlerin du Psaume 123 avait de sérieux problèmes à résoudre. Pour trouver leur solution, il s’est servi d’un système de positionnement global très simple. « Je lève mes yeux vers toi qui sièges dans les cieux. » Il regardait vers celui qui est plus haut que nos satellites et plus puissant que nos technologies. Ce regard lui permettait de se positionner par rapport à ses problèmes.

En priant, nous commençons souvent par exposer nos problèmes. « Seigneur, viens m’aider. » Jésus nous dit plutôt : « Quand vous priez, dites Notre Père qui es aux cieux. » Prenons l’habitude de commencer par tourner nos regards vers notre Père qui est au ciel. Considérons, d’abord, la place qu’il occupe. Quand toutes les solutions terrestres sont épuisées, quand tout espoir semble perdu, rappelons-nous quel grand Dieu nous avons au ciel, un Dieu qui règne sur l’univers.

Certains disent que, si nous comptons trop sur le ciel, nous ne sommes pas en mesure de bien vivre sur terre. La Bible nous dit exactement le contraire. Si nous tournons les yeux vers le ciel où siège le Dieu vivant, nous serons les mieux préparés à vivre sur terre. Nous aurons alors une excellente perspective sur nous-mêmes. Le pèlerin en a fait l’expérience. « Voici : comme les yeux des serviteurs se tournent vers la main de leurs seigneurs, et les yeux de la servante vers la main de sa maîtresse, ainsi nos yeux se tournent vers l’Eternel, notre Dieu, jusqu’à ce qu’il nous fasse grâce. » (v. 2) La comparaison est intéressante. Le pèlerin se compare à un serviteur et il compare Dieu à un maître. Le serviteur regarde la main du maître et il attend, il attend que sa main s’ouvre pour donner. Ce regard exprime une dépendance totale. La main du maître n’est pas cruelle, elle n’écrase pas, elle pourvoit à nos besoins. Le serviteur attend que son maître satisfasse ses besoins. Il dépend de lui. Il compte sur lui. Il a besoin de lui.

Aujourd’hui, plusieurs diraient que ce pèlerin souffre d’un sérieux manque d’estime de soi, qu’il n’a pas appris à regarder à l’intérieur de lui-même. Il n’a pas trouvé cette force intérieure qui vient d’une source toute spéciale au-dedans de lui-même. Pauvre pèlerin ! Il ne doit pas s’aimer suffisamment. Il se considère dépendant comme un serviteur ! Quel est son problème ? Non, il n’a pas de problème ! Il a exactement la bonne perspective sur Dieu et sur lui-même. Quand il regarde à Dieu, il se voit entièrement dépendant. Quand je regarde au grand Roi de l’univers, je me vois comme un serviteur qui a besoin du Roi.

Autrefois, dans l’Eglise ancienne, quand on célébrait la sainte cène, on utilisait une formule liturgique intitulée Sursum corda. Cette expression veut dire « Elevez vos cœurs ». Pourquoi le pasteur peut-il dire « Elevez vos cœurs », lors de la célébration de la sainte cène ? Parce que la communion que nous avons avec Jésus-Christ est spirituelle. Ce n’est pas Jésus qui descend du ciel et qui entre corporellement dans le pain et le vin. C’est nous qui montons au ciel. Nous montons, par la foi, là où Jésus se trouve aujourd’hui. Nous communions spirituellement avec le Seigneur qui règne au ciel. La Bonne Nouvelle que nous célébrons à la table du Seigneur ne se limite pas à rappeler qu’il est mort pour nos péchés. Cette Bonne Nouvelle proclame que Jésus-Christ est ressuscité et qu’il est monté au ciel. Aujourd’hui, nous pouvons communier avec Jésus au ciel. De quelle manière ? En levant nos yeux vers lui, par la foi. Nous fixons nos yeux sur sa main. Nous attendons que sa main nous donne la nourriture dont nous avons besoin. Nous attendons le pardon de nos péchés. Nous attendons la force nouvelle qu’il nous donnera pour le servir. Nous attendons de sa main l’encouragement, les délivrances, le secours qui nous sont nécessaires. Nous attendons tout de lui. Nous sommes entièrement dépendants de lui. Telle est la perspective d’un vrai pèlerin.

L’attitude du pèlerin n’est pas, toutefois, celle de la passivité. Elle se transforme en prière.

2. La prière qui en découle (Ps 123.3-4)

La foi du pèlerin n’est ni faible, ni chancelante. Il ne dit pas : « Nos yeux se tournent vers l’Eternel pour le cas où il pourrait nous faire grâce. » Il dit : « Ainsi nos yeux se tournent vers l’Eternel, notre Dieu, jusqu’à ce qu’il nous fasse grâce. » (v. 2) Sa confiance est solide. Il attend avec certitude. Il ne sait pas quand il la recevra, mais, tôt ou tard, il la recevra ; il en est certain. Alors, la grande question : s’il est tellement certain de recevoir, pourquoi prier ? N’a-t-il pas besoin d’attendre seulement avec foi ? De toute manière, la main de son Maître finira bien par s’ouvrir pour lui donner tout ce dont il a besoin.

Le Psaume 123 aurait pu se terminer à la fin du verset 2. Mais non, il contient deux autres versets inspirés. Le regard du pèlerin se transforme en prière. Ses yeux fixés vers Dieu l’incitent à ouvrir la bouche. Il n’attend pas passivement. Il ne se contente pas de regarder vers le trône de Dieu. Il présente sa prière devant le trône de la grâce. Pourquoi prier ? Jésus nous le dit : « Demandez et vous recevrez. » (Jn 16.24) Il faut demander pour recevoir. La prière est le moyen choisi par Dieu pour nous donner ce qu’il nous a promis. Le pèlerin prie parce que Dieu a promis. Dieu a fait alliance avec nous et nos enfants. Il a promis son pardon, son secours, son Esprit Saint, ses délivrances, ses bénédictions, à nous et à nos enfants. Alors nous prions. L’alliance est une relation vivante. Dieu a fait des promesses : nous prions et nous demandons selon ses promesses.

Quelle est la demande du pèlerin ? « Fais-nous grâce, Eternel, fais-nous grâce ! » (v. 3) Il insiste et répète. Sa prière est fervente. Il a vraiment besoin de la grâce. Qu’est-ce que la grâce ? La grâce est un mot merveilleux. La grâce est une faveur non méritée. Nous méritons d’être rejetés par Dieu, abandonnés pour toujours. Nous méritons que Dieu nous punisse éternellement en enfer pour toutes les fautes que nous avons commises. Mais Dieu nous promet sa grâce. En Jésus-Christ, il nous promet sa faveur non méritée, un cadeau purement gratuit reçu par la foi. « Fais-nous grâce, Eternel, fais-nous grâce ! » Ne nous traite pas selon nos œuvres. Traite-nous selon ta grande bienveillance.

N’est-ce pas remarquable ? Le problème du pèlerin se situe autour de lui. La douleur qu’il ressent vient de la société incrédule qui est autour de lui. On se moque de lui, on méprise sa foi, on le tourne en ridicule. Voilà pourquoi il prie. Mais curieusement, dans sa prière, il ne demande pas : « Seigneur, change la société autour de moi. » Il demande : « Fais-nous grâce, Eternel, fais-nous grâce ! » N’agis pas envers nous selon nos œuvres mauvaises. Agis envers nous selon ta faveur non méritée. Le mal qu’il voit dans la société l’amène à prier pour lui-même et pour son peuple. La société est mauvaise, mais le pèlerin sait qu’il est mauvais, lui aussi, ainsi que tout le peuple de Dieu avec lui. Lui et son peuple ont besoin de la grâce ! Il implore Dieu pour cette grâce. Je reconnais mon péché, je sais que je ne mérite pas ta faveur, mais je t’en prie, fais-moi grâce ! Fais-nous grâce ! Délivre-nous de toutes ces moqueries qui nous font tellement mal.

« Car nous sommes par trop rassasiés de mépris ; notre âme est par trop rassasiée des moqueries des satisfaits, du mépris des hautains. » (vv. 3-4) Remarquez encore la répétition des mots clés : rassasiés, trop, mépris. Ils sont excédés. On se moque de nous, on se moque de notre foi, on nous méprise, on nous ridiculise. Voilà la douleur du pèlerin. C’est aussi la douleur de tout son peuple. Il parle au pluriel. Nous sommes rassasiés de mépris, nous subissons les moqueries.

Dans quelles circonstances ce Psaume a-t-il été écrit ? Nous ne le savons pas, mais nous savons que le peuple d’Israël a eu bien des occasions de chanter cette prière. Quand David était pourchassé par Saül, il a été méprisé. Quand l’armée assyrienne s’est dangereusement approchée de Jérusalem, l’orgueilleux Sennachérib est venu dire à Ezéchias ces paroles de mépris: « Ainsi parle le grand roi, le roi d’Assyrie : Quelle est cette confiance, sur laquelle tu t’appuies ? Je te le dis, ce ne sont que des paroles en l’air : Il faut pour la guerre un conseil et de la force. Et maintenant, en qui donc as-tu placé ta confiance ? » (Es 36.4-5) Quand les exilés à Babylone sont revenus en Israël et qu’ils ont voulu reconstruire les murs de Jérusalem, Sanballat et Tobiya se sont moqués d’eux : « Que font ces juifs impuissants ? (…) Redonneront-ils vie à des pierres ensevelies sous des monceaux de poussière et incendiées ? (…) Qu’ils bâtissent seulement ! Si un renard s’élance, il fera une brèche dans leur muraille de pierre. » (Né 3.34-35) Moqueries, dérisions, railleries. Bien des fois, Israël a eu l’occasion de prier le Psaume 123.

Il n’y a rien de plus blessant, rien de plus décourageant que d’entendre des moqueries au sujet de notre foi. « Si ton Jésus existe, comment se fait-il qu’il y ait tellement de guerres, de tremblements de terre et de souffrances dans le monde. » « La Bible ? C’est un ramassis de mythes et de légendes. Les archéologues et les historiens nous l’ont prouvé. » « Tu crois dans la création du monde en six jours ? Voyons donc ! Tout le monde, même le moins éduqué, sait très bien que la science a prouvé l’évolution. » « Tu dis que les relations sexuelles, c’est juste pour les gens mariés ? Tu es sûrement un arriéré ! » Les moqueries que nous subissons à cause de notre foi ne sont pas grand-chose comparées aux souffrances endurées par d’autres chrétiens persécutés dans le monde. Mais nous pouvons, cependant, nous identifier au Psaume 123. Nous avons besoin de la grâce de Dieu pour supporter les critiques et les moqueries.

Même si vous ne ressentez pas personnellement cette douleur, vous pouvez prier cette prière, parce que c’est une prière collective. Le pèlerin ne priait pas seulement pour lui, il priait pour tout son peuple. Priez pour que Dieu fasse grâce à vos frères et sœurs méprisés par la société, ici ou ailleurs dans le monde.

Dans cette prière, nous entendons la voix de l’Eglise ridiculisée, mais nous entendons aussi une autre voix, la voix de Jésus. Oui, on se moque de notre foi ; oui, on persécute l’Eglise. Mais ce n’est pas grand-chose comparé aux moqueries que Jésus a endurées. On s’est moqué de sa royauté. On l’a méprisé, on l’a ridiculisé parce qu’il est resté sur la croix pendant qu’il donnait sa vie par amour pour nous. On entend sa voix dans le Psaume 123 : « Je suis par trop rassasié de mépris ; mon âme est par trop rassasiée des moqueries des satisfaits, du mépris des hautains. » Seulement Jésus n’avait pas besoin de demander : « Fais-moi grâce. » Il pouvait demander : « Fais-moi justice. Agis envers moi, Père, selon mes œuvres. Je t’ai parfaitement obéi, délivre-moi, glorifie-moi de la gloire que j’avais auprès de toi, car je t’ai glorifié sur la terre ; j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire. » (voir Jn 17.1, 4) Oui, son Père lui a fait justice. Son Père l’a délivré des moqueries des hommes parce que Jésus le méritait pleinement. Son Père l’a ressuscité des morts. Il l’a fait monter au ciel, auprès de lui, dans sa gloire.

Jésus règne, aujourd’hui, sur son trône pour nous donner sa grâce. C’est vers lui que nous regardons. « Courons avec persévérance [l’auteur ne dit pas seulement marchons avec persévérance sur la route du pèlerin, il dit courons avec persévérance] l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est l’auteur de la foi et qui la mène à la perfection. Au lieu de la joie qui lui était proposée, il a supporté la croix, méprisé la honte, et s’est assis à la droite du trône de Dieu. » (Hé 12.1-2) Jésus a subi les pires moqueries pour nous délivrer de nos pires péchés. Ensuite, il est monté au ciel pour nous donner accès à la plus grande grâce. Il règne au ciel pour que nous regardions à lui et pour nous donner sa grâce. Regardons à Jésus. Contemplons sa royauté. Plaçons nos problèmes dans cette perspective. Attendons-nous à lui. Ouvrons la bouche, présentons-lui nos douleurs. Demandons-lui : « Fais-nous grâce, Eternel, fais-nous grâce. » Délivre ton Eglise des moqueries comme Jésus a été délivré. Non pas à cause de nous, mais à cause de toi, Seigneur Jésus. Amen.

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Psaume 124 La reconnaissance du pèlerin http://larevuereformee.net/articlerr/n269/psaume-124-la-reconnaissance-du-pelerin Thu, 14 May 2015 11:13:59 +0000 http://larevuereformee.net/?post_type=articlerr&p=888 Continuer la lecture ]]> LA RECONNAISSANCE DU PÈLERIN
Psaume 124

Paulin BÉDARD*

Peuple du Seigneur,

Nous continuons notre marche sur la route du pèlerin. Les pèlerins d’Israël partaient de chez eux pour se rendre à Jérusalem. Ils s’en allaient célébrer l’Eternel. Pendant leur marche, ils chantaient des Psaumes. Dieu leur avait donné de beaux chants de voyage. Les « Psaumes des montées » préparaient leurs cœurs à mieux célébrer l’Eternel. Nous sommes des pèlerins, nous aussi, en marche vers la nouvelle Jérusalem. Nous avons besoin de préparer nos cœurs au grand jour où nous arriverons, enfin, dans la présence de notre Sauveur.

Le Psaume 124 nous aide à nous y préparer. Au Psaume 122, le pèlerin regardait vers l’avant. Il avait hâte d’arriver: « Je suis dans la joie quand on me dit: Allons à la maison de l’Eternel. » Au Psaume 123, le pèlerin regardait vers le haut. Pendant sa marche, il fixait les yeux au ciel pour demander secours à Dieu dans ses problèmes: « Fais-nous grâce, Eternel, fais-nous grâce ! » Au Psaume 124, le pèlerin regarde vers l’arrière. Il se souvient des délivrances passées. Quelle bonne raison de louer Dieu et d’espérer pour l’avenir ! Quand nous regardons en arrière et que nous réfléchissons aux grandes délivrances du Seigneur, nos cœurs sont pleins de reconnaissance et de confiance. Le Psaume 124 nous parle de la reconnaissance du pèlerin. Cette reconnaissance s’exprime de trois façons.

1. David rappelle la grandeur du danger qui les menace (Ps 124.1-5)

Il le fait en s’imaginant comment cela aurait été si Dieu n’avait pas été là. Imaginez ! Vous vous souvenez peut-être d’une chanson de John Lennon intitulée « Imagine ». « Imagine there is no heaven. » Imaginez qu’il n’y a pas de ciel. Imaginez qu’il n’y a pas d’enfer. Imaginez qu’il n’y a pas de religion, cela irait tellement bien sur la terre ! Nous serions tous unis dans une belle harmonie, la fraternité universelle. John Lennon et les Beatles ont rêvé d’un monde utopique, irréel. Ils ont fait rêver des millions de gens qui doivent être bien déçus aujourd’hui ! Tous ceux qui se sont imaginé un monde meilleur en mettant de côté le ciel et l’enfer se sont trompés lamentablement.

Le roi David était beaucoup plus réaliste. Il ne rêvait pas d’un monde utopique sans Dieu. Il connaissait les dangers réels de cette vie. Lui aussi chantait: « Imagine ! » Imaginez que Dieu n’ait pas été là. Quelle catastrophe cela aurait été ! « Sans l’Eternel qui était pour nous – qu’Israël le dise ! – sans l’Eternel qui était pour nous, quand les hommes s’élevèrent contre nous (…). » (vv. 1-3) Si l’Eternel n’avait pas été pour nous quand les ennemis sont venus nous attaquer, imaginez tous les malheurs qui se seraient produits !

David se souvient d’un danger extrême qui avait menacé Israël. Quel était ce danger ? Quel est le contexte de notre Psaume ? Nous ne le savons pas. Le Psaume n’en dit rien. Israël, dans son histoire, a fait face à toutes sortes de dangers. Ce n’est pas le choix qui manque. Ecrasé sous l’esclavage en Egypte. Menacé par les Madianites. Attaqué par les Philistins. David se souvient de Goliath. Il se souvient de Saül. Il se souvient de l’attaque des Philistins le jour où il a été nommé roi (2 S 5.17-25). Il se souvient de son propre fils Absalom, qui voulait prendre sa place sur son trône. La liste est longue. Le Psaume 124 commémore toutes les fois où Dieu a délivré son peuple d’un danger mortel. L’Eglise est si souvent attaquée ! Des ennemis redoutables cherchent à la détruire. « Leur colère s’enflamma contre nous. » (v. 3) La route du pèlerin n’est pas une route facile et sans danger. Imaginez ce qui serait arrivé si Dieu n’avait pas été là pour nous délivrer !

David ne chante pas tout seul comme un soliste. Il chante avec son peuple. Il entraîne le peuple de Dieu à chanter avec lui. « Sans l’Eternel qui était pour nous – qu’Israël le dise ! – sans l’Eternel qui était pour nous (…). » (v. 1) Qu’Israël répète après moi ! Un pèlerin entonne la première strophe et demande aux autres pèlerins de répéter après lui. Chantez-le, vous aussi ! Imaginez que Dieu n’ait pas été avec nous ! Qu’Israël le dise ! Que l’Eglise le chante et le répète ! Mais pourquoi revenir sur le passé ? Pourquoi rappeler des événements qui auraient pu tourner au tragique ? C’est pour nous souvenir que jamais nous n’aurions pu nous en sortir par nous-mêmes. Ce souvenir va nous pousser à remercier notre Dieu et à le louer tous ensemble. Tous dans l’Eglise sont appelés à chanter les louanges de Dieu, parce que tous ont été délivrés. Sommes-nous venus ici aujourd’hui avec ce désir, en nous rappelant notre misère, afin de louer Dieu et de nous réjouir de ses délivrances ?

Mais que serait-il arrivé si Dieu n’avait pas été pour nous ? Les versets 1 à 5 contiennent un enchaînement logique très simple. Sans l’Eternel… (v. 1), sans l’Eternel… (v. 2). Alors… (v. 3). Alors… (v. 4). Alors… (v. 5). Sans l’Eternel : « Alors ils nous auraient engloutis tout vivants, quand leur colère s’enflamma contre nous ; alors les eaux nous auraient submergés, un torrent aurait passé sur notre âme. Alors auraient passé sur notre âme les flots impétueux. » (vv. 3-5)

David s’exprime de façon poétique. Les ennemis d’Israël sont comparés à de grandes eaux, un torrent, des flots impétueux. Si Dieu n’avait pas été là, une inondation catastrophique nous aurait engloutis. Comme le grand tsunami en Asie du Sud-Est, comme les inondations en Louisiane. Vous vous souvenez ! Les Egyptiens les auraient engloutis. Les Philistins les auraient détruits. Goliath, Saül, Absalom auraient tué David et mis fin à la promesse du grand Roi. Il est important de s’en souvenir. Pourquoi ? Parce que le cœur humain a tendance à oublier. Quand nous oublions la grandeur du danger qui nous menaçait, nous oublions aussi la grandeur de la délivrance que Dieu nous a procurée, nous négligeons de le remercier. Voilà pourquoi nous avons besoin du Psaume 124. Imaginez un instant si Dieu n’avait pas été là pour nous délivrer ! Nous aurions tous péri, c’est certain.

Nous sommes des pèlerins, nous aussi, en marche vers la nouvelle Jérusalem. Mais qui sont nos ennemis aujourd’hui ? De quels dangers avons-nous été délivrés ? Nous avons peut-être des petits conflits personnels de temps à autre, mais cela n’a rien de comparable à un déluge ou à une armée de soldats égyptiens. Comment le Psaume 124 peut-il « coller » à notre propre expérience ? Ce Psaume est inspiré de Dieu pour être chanté par chaque nouvelle génération de pèlerins. Chaque fois que d’autres ennemis viendront s’attaquer à Israël et que Dieu viendra le délivrer, le Psaume 124 sera là pour aider la nouvelle génération à se rappeler ces nouvelles délivrances. La plus grande et la plus merveilleuse délivrance est celle que Jésus est venu accomplir. Jésus-Christ, le Fils de David, notre Rédempteur !

Aujourd’hui, nous marchons vers la nouvelle Jérusalem en prenant le temps de regarder en arrière. Si Jésus n’avait pas été pour nous, que l’Eglise le dise ! Si Jésus n’avait pas été pour nous, que serait-il arrivé ? Imaginez que Jésus ne soit pas venu ! Nous aurions tous été engloutis dans nos péchés. Nous serions restés misérablement enfermés dans l’obscurité du mensonge. Nous serions prisonniers du royaume de Satan, esclaves de nos péchés, enfermés dans nos propres convoitises. Nous serions sans aucune réponse aux grandes questions de la vie. Si Jésus ne nous avait pas délivrés de nos péchés, nous serions toujours morts spirituellement. Nous serions incapables le moindre amour pour Dieu et pour notre prochain. Nous serions sans joie et sans paix véritables. Nos ennemis jurés, Satan, le monde et notre nature pécheresse, nous écraseraient. Nous serions sans espérance et sans Dieu dans ce monde perdu. Imaginez ce que cela serait ! Une vie misérable, engloutie dans la mort éternelle. Qu’Israël le dise ! Que l’Eglise le chante et s’en souvienne !

2. David attribue la gloire de la délivrance à Dieu seul (Ps 124.6-7)

La deuxième partie du Psaume nous fait passer de l’imaginaire à la réalité. Le pèlerin ne dit plus : « Imaginez ce qui serait arrivé si Dieu n’avait pas été là. » Il dit : « Voici ce qui est réellement arrivé. Quelle belle raison de louer Dieu d’un cœur joyeux et reconnaissant ! » « Béni soit l’Eternel, qui ne nous a pas livrés en proie à leurs dents ! Notre âme s’est échappée comme l’oiseau du filet des oiseleurs ; le filet s’est rompu, et nous nous sommes échappés. » (v. 6)

Les ennemis d’Israël sont comparés à des animaux sauvages. Ils ont des crocs solides et pointus, capables de déchirer leurs proies comme un lion ou un léopard. Ils sont également comparés à un filet pour attraper des oiseaux. Un filet, c’est moins menaçant que les dents d’un lion. Un filet bien camouflé est invisible. L’ennemi excelle dans l’art du camouflage. Un jour, il est effrayant comme un lion rugissant. Le lendemain, il se déguise sous des apparences trompeuses, subtiles et difficiles à détecter. Qui peut réussir à éviter tous ces pièges ? Mais Dieu, dans sa grâce, a délivré son peuple. Il ne les a pas abandonnés entre leurs crocs. Le filet les a attrapés, mais au dernier instant, il s’est déchiré, ils se sont échappés de justesse.

Voyez comme ce Psaume est plein de soulagement et de joie. Personne ne peut se vanter de s’être échappé grâce à son intelligence, sa force ou ses prouesses. Chaque fois qu’Israël a été délivré, Dieu a fait tourner les événements de telle manière qu’il soit le seul à recevoir toute la gloire. Moïse, vainqueur des Egyptiens, a chanté : « Ta droite, ô Eternel, a écrasé l’ennemi. » (Ex 15.6) Jephté, vainqueur des Ammonites, a dit: « L’Eternel les a livrés entre mes mains. » (Jg 12.3) Samson, vainqueur des Philistins, a reconnu : « C’est toi qui as accordé par la main de ton serviteur ce grand salut. » (Jg 15.18) David a souvent eu l’occasion de s’exclamer : « Tu me délivres de l’homme violent. C’est pourquoi je te célébrerai parmi les nations (…). Il accorde de grandes délivrances à son roi. » (Ps 18.49-51) « Ce n’est pas avec leur épée qu’ils ont pris possession du pays, ce n’est pas leur bras qui les a sauvés ; mais c’est ta droite, c’est ton bras, c’est la lumière de ta face, parce que tu leur étais favorable. » (Ps 44.4) Personne ne peut se dégager de l’emprise de l’ennemi. Ceux qui ont été délivrés se réjouissent en Dieu et le glorifient, lui seul. Béni soit l’Eternel qui nous a délivrés ! Allons à Jérusalem le célébrer de tout notre cœur !

Nous vivons à une époque différente de David. Les Egyptiens et les Philistins, tout cela, c’est fini. De quelle sorte de délivrance avons-nous besoin ? De quoi Jésus nous a-t-il délivrés ? Ecoutons quelques passages de la Parole de Dieu.

« Le Fils de Dieu est apparu afin de détruire les œuvres du diable. » (1Jn 3.8) « Il nous a délivrés du pouvoir des ténèbres et nous a transportés dans le royaume de son Fils bien-aimé. » (Col 1.13) « Jésus nous délivre de la colère à venir. » (1 Th 1.10) « Jésus a participé au sang et à la chair afin d’écraser par sa mort celui qui détenait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable. » (Hé 2.14) « Car nous aussi, nous étions autrefois insensés, désobéissants, égarés, asservis à toute espèce de désirs et de passions, vivant dans la méchanceté et dans l’envie, odieux et nous haïssant les uns les autres. Mais lorsque la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes ont été manifestés, il nous a sauvés – non parce que nous aurions fait des œuvres de justice, mais en vertu de sa propre miséricorde – par le bain de la régénération et le renouveau du Saint-Esprit ; il l’a répandu sur nous avec abondance par Jésus-Christ, notre Sauveur. » (Tt 3.3-6) « A celui qui nous aime et qui nous a délivrés de nos péchés (…) à lui la gloire et le pouvoir aux siècles des siècles ! » (Ap 1.5-6)

Quelle grande délivrance ! Voyez de quels ennemis redoutables il nous a délivrés ! Toute cette délivrance est accomplie, une fois pour toutes, à la croix. Nous l’avons vraiment échappé belle ! Comment aurions-nous pu nous en sortir ?

Prenons-nous le temps de regarder en arrière tout ce que Jésus a déjà fait pour nous ? Prenons-nous le temps de nous réjouir de tout ce qu’il a accompli en faveur de son peuple ? Plus nous le ferons, plus nous serons portés à lui rendre gloire, lui seul. Nous serons poussés à le remercier, à le glorifier, à nous réjouir avec nos frères et sœurs d’avoir échappé à l’ennemi. Béni soit l’Eternel pour son si grand salut ! Il ne nous a pas abandonnés à nos ennemis ! A Dieu seul la gloire pour cette si grande délivrance !

3. David exprime une entière confiance pour l’avenir (Ps 124.8)

David savait très bien que la route du pèlerin n’est pas terminée. Bien des dangers nous guettent encore sur cette route. David était-il inquiet ? Etait-il accablé de soucis en pensant à l’avenir ? Pas du tout ! Son regard vers le passé l’a rendu confiant pour l’avenir. Quand il regardait en arrière, il disait : « Imaginez ce qui serait arrivé si… » Mais quand il regarde en avant, il ne dit pas : « Imaginez tous les malheurs qui pourraient maintenant nous arriver… » Non, il dit: « Notre secours est dans le nom de l’Eternel. » (v. 8)

Certaines personnes sont rongées d’inquiétude parce qu’elles imaginent tous les scénarios catastrophiques possibles et imaginables qui pourraient leur arriver un jour. Avez-vous pensé à toutes les sortes de maladies dont vous pourriez souffrir ? Avez-vous imaginé tous les accidents, tous les malheurs qui pourraient vous arriver ? Avez-vous songé à tous les problèmes économiques, politiques, écologiques qui pourraient nous affliger ? Vos épaules sont-elles chargées d’inquiétudes ? J’espère que non, parce que Dieu ne nous a pas promis de nous donner la force de supporter tous les fardeaux imaginaires qui pourraient un jour nous tomber dessus. Dieu a seulement promis de nous donner la force de supporter les fardeaux réels qu’il nous envoie : « Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine ; Dieu est fidèle et ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation, il donnera aussi le moyen d’en sortir, pour que vous puissiez la supporter. » (1Co 10.13) David marche donc avec confiance sans imaginer tous les malheurs qui pourraient lui arriver. Il encourage tous les pèlerins à chanter avec confiance : « Notre secours est dans le nom de l’Eternel, qui a fait les cieux et la terre. » (v. 8)

C’est vrai, nos ennemis sont encore bien réels. Notre nature pécheresse est coriace. Nos tentations sont nombreuses. Le monde veut nous éloigner de la Parole de Dieu. Jésus a bien averti ses disciples : « (…) parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, le monde a de la haine pour vous. » (Jn 15.19) Le diable est rusé. Pierre nous prévient : « Le diable rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer. » (1P 5.8) Nous sommes comme un petit oiseau facile à capturer. Nous risquons si facilement d’être pris au piège si nous laissons nos désirs nous dominer. Le filet va tomber sur nous et nous enserrer. Mais béni soit l’Eternel, car il a promis de nous délivrer encore ! Il a promis d’être avec nous sur la route.

Les pèlerins tous ensemble chantent avec confiance : « Notre secours est dans le nom de l’Eternel, qui a fait les cieux et la terre. » L’Eternel, c’est le nom du Dieu de l’alliance, le Dieu qui a fait des promesses et qui s’est engagé envers son peuple. Faisons-lui confiance ! Il est le Créateur du ciel et de la terre. Il a fait le monde entier. Qui peut lui résister ? Les nations sont à lui. Même le diable est une créature de Dieu. Qui peut s’opposer à l’Eternel ? « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rm 8.31) Il rassemble son Eglise jusqu’à la fin du monde. Il secourt son Eglise en détresse. Il nous parle, il nous appelle, il nous avertit, il nous console, il nous conduit vers la nouvelle Jérusalem. Jésus a versé son sang pour nous délivrer des plus grands dangers qui soient : le péché, le diable et la mort. Son Saint-Esprit nous est donné pour nous diriger et nous fortifier. Il nous accompagne sur la route.

Pèlerins du Seigneur : en route vers la nouvelle Jérusalem ! Rappelons-nous notre péché et notre misère. Célébrons notre délivrance. Soyons reconnaissants pour cette délivrance. Marchons confiants. Marchons en bénissant l’Eternel. « Notre secours est dans le nom de l’Eternel, qui a fait les cieux et la terre. » Béni soit l’Eternel ! A lui seul toute la gloire ! Amen.

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Psaume 125 La sécurité du pèlerin http://larevuereformee.net/articlerr/n269/psaume-125-la-securite-du-pelerin Thu, 14 May 2015 11:13:59 +0000 http://larevuereformee.net/?post_type=articlerr&p=889 Continuer la lecture ]]> LA SÉCURITÉ DU PÈLERIN
Psaume 125

Paulin BÉDARD*

Bien-aimés en Jésus-Christ,

Nous vivons dans un monde rempli de dangers. Le bien et le mal sont mélangés, les justes et les méchants se côtoient. Sommes-nous en sécurité dans ce monde mauvais ? Les hommes ont développé toutes sortes de systèmes de sécurité pour se protéger : des systèmes d’alarme, des systèmes de sécurité informatiques, la sécurité policière, la sécurité civile, des plans de sécurité financière. Et pourtant, nous nous sentons de moins en moins en sécurité. L’Eglise du Seigneur a besoin de vivre en sécurité devant les dangers qui la menacent.

Nous qui croyons en Jésus-Christ, nous sommes des pèlerins en route vers la nouvelle Jérusalem. Nous marchons vers un monde meilleur où la justice et la paix régneront. Mais tant que nous sommes en route, nous sommes exposés à de multiples dangers. Le Psaume 124 célébrait l’Eternel pour ses délivrances passées. Le Psaume 125 donne confiance pour l’avenir. C’est un autre « Psaume des montées ». Le pèlerin marche vers Jérusalem et voit l’avenir avec confiance. Il trouve sa sécurité en Dieu seul. Le Psaume 125 nous parle de la sécurité du pèlerin.

1. Une promesse de stabilité et de sécurité (Ps. 125.1-3)

Vers qui nous tourner ? Sur qui compter pour être en sécurité ? Le verset 1 nous donne immédiatement la réponse : « Ceux qui se confient en l’Eternel… »  C’est lui, l’Eternel, qui est notre sécurité. Il est le Tout-Puissant qui règne sur toutes choses. Il est notre appui, notre forteresse au milieu de toutes nos craintes. Nous pourrions nous entourer de toutes sortes de systèmes de sécurité mais, en fin de compte, c’est à lui seul qu’il faut faire entière confiance. En qui ou en quoi avez-vous confiance ? Dans votre médecin ? Dans les dirigeants ? Dans les marchés boursiers ? Dans votre travail ? Dans votre santé ? Aucun système de sécurité ne peut nous garantir une sécurité parfaite. Qui peut nous assurer une sécurité financière devant l’écroulement des marchés boursiers ? Qui peut nous mettre en sécurité devant une maladie incurable ? Qui peut enlever nos craintes à l’approche du jour où nous devrons nous présenter face à face devant Dieu ? Il n’y a qu’une seule façon de vivre en sécurité, c’est de mettre sa confiance en Dieu. « Ceux qui se confient en l’Eternel sont comme la montagne de Sion. » (v. 1)

La montagne de Sion est l’image de la stabilité. Le pèlerin est en marche. Il monte vers Jérusalem. Il gravit les collines. Il voit la montagne de Sion à l’horizon. La solidité de la montagne lui donne un sentiment de stabilité. Le Psaume ne dit pas : « Ceux qui se confient en l’Eternel sont comme le sable transporté par le vent. » « Ceux qui se confient en l’Eternel sont comme la mer ballottée par les vagues. » « Ceux qui se confient en l’Eternel sont comme le vent dont la direction est incertaine. » Non, le Psaume dit : « Ceux qui se confient en l’Eternel sont comme la montagne de Sion, qui ne chancelle pas, elle subsiste à toujours. » L’Eglise est comme la montagne de Sion. L’Eglise est bâtie sur un rocher inébranlable, sur Jésus-Christ et sur l’enseignement des apôtres. Ceux qui se confient en l’Eternel sont inébranlables. Si notre confiance est en lui, nous ne pouvons pas chanceler. Les croyants sont solides comme le roc. « Car il ne chancellera jamais (…). Il ne craint pas de mauvaise nouvelle ; son cœur est ferme, confiant en l’Eternel. Son cœur est inébranlable, il n’a pas de crainte. » (Ps 112.6-7)

Et pourtant, nos cœurs chancellent bien souvent. Oui, le pèlerin tremble intérieurement quand il a peur et quand il est anxieux. Nous vivons dans le monde réel. Que ressentons-nous dans nos cœurs ? Avons-nous toujours le sentiment d’une parfaite sécurité ? Parfois, nous sommes solides et confiants dans la foi et, bien souvent, nous avons des craintes et des inquiétudes. Avez-vous l’impression d’être solidement ancrés comme la montagne de Sion ? Ou vous arrive-t-il d’être ébranlés dans votre foi ?

Le verset 2 développe davantage l’image poétique : « Jérusalem est entourée de montagnes, ainsi l’Eternel entoure son peuple, dès maintenant et à toujours. » Voilà une image de sécurité. Les montagnes autour de Jérusalem étaient un abri contre le vent et la tempête, mais aussi une protection contre les attaques ennemies. Dieu lui-même entoure son peuple comme les montagnes entourent Jérusalem. Même les montagnes peuvent trembler et s’écrouler, mais le Seigneur nous garantit une sécurité absolue. « Quand les montagnes s’ébranleraient, quand les collines chancelleraient, ma bienveillance pour toi ne sera pas ébranlée et mon alliance de paix ne chancellera pas, dit l’Eternel, qui a compassion de toi. » (Es 54.10)

Qu’est-ce qui peut nous ébranler ? Une mauvaise nouvelle peut nous secouer. Le médecin nous annonce : « Monsieur, vous avez le cancer. » Cela ébranle. Des problèmes financiers font monter notre anxiété. Des problèmes reliés au travail nous donnent des inquiétudes. L’avenir de l’Eglise nous cause des soucis. Des problèmes familiaux nous préoccupent. Cela ébranle nos cœurs. Les chrétiens ne sont pas immunisés contre l’inquiétude. Ce « Psaume des montées » nous aide à faire monter nos cœurs vers notre vraie sécurité. « Ceux qui se confient en l’Eternel sont comme la montagne de Sion qui ne chancelle pas. » Ils sont entourés de la merveilleuse protection divine, comme Jérusalem est entourée de montagnes.

Nous ne ressentons pas toujours dans nos cœurs ce sentiment de sécurité, mais nous sommes en sécurité. Confions-nous en l’Eternel ! Le Tout-Puissant nous entoure, nous garde et nous soutient tout au long de notre pèlerinage, « dès maintenant et à toujours ». « Remets ton sort à l’Eternel, et il te soutiendra, il ne laissera jamais chanceler le juste. »  (Ps 55.23) « Oui, c’est lui mon rocher et mon salut ; ma forteresse ; je ne chancellerai pas. » (Ps 62.7)

Les fidèles en Israël étaient souvent menacés par des ennemis, mais le Seigneur leur a donné une espérance. « Car le sceptre de la méchanceté ne reposera pas sur le lot des justes, afin que les justes ne tendent pas les mains vers la fraude. » (v. 3) Dieu ne nous promet pas une vie facile dans ce monde, sans tentations et sans afflictions. Le « sceptre de la méchanceté » existe, c’est-à-dire le pouvoir des ennemis. Israël a été touché par le sceptre de la méchanceté du pharaon d’Egypte. Israël a été frappé par le sceptre de la méchanceté de Sennachérib et des Assyriens. Israël a été placé sous le sceptre de la méchanceté de Néboukadnetsar et des Babyloniens. Jésus a souffert sous le sceptre de la méchanceté de Ponce Pilate. Tous les fidèles ont été touchés d’une manière ou d’une autre par le bâton de la méchanceté : Job, Joseph, David et surtout Jésus. Dieu ne nous promet pas de nous épargner ce bâton. Dieu promet toutefois que « le sceptre de la méchanceté ne reposera pas sur le lot des justes ».

Qu’est-ce que cela signifie ? Le lot des justes, c’est la portion de territoire attribuée à chaque Israélite. Dieu a fait alliance avec Abraham. Il lui a promis que sa descendance hériterait d’un beau pays. Quand Israël est entré dans la terre promise, le pays a été divisé par tirage au sort pour que chaque tribu et chaque famille reçoive son « lot », son territoire en héritage (Jos 14 à 21). Le pays d’Israël a souvent été menacé par des ennemis, il a même été conquis par les Assyriens et les Babyloniens. Dieu a cependant promis que leurs ennemis n’allaient pas toujours garder la possession du pays. La méchanceté ne va pas toujours régner dans le pays. Le pays promis est pour les justes. C’est le lot des justes.

Qui sont les justes ? Ce sont les mêmes personnes qu’au verset 1, « ceux qui se confient en l’Eternel ». Comment peut-on être juste ? Y a-t-il des justes sur la terre ? Est-il possible d’être justes aux yeux de Dieu ? Par nous-mêmes, il est impossible d’être justes. « Il n’y a pas de juste, pas même un seul. » (Rm 3.10) Par nos propres œuvres, il nous est impossible d’être justes devant Dieu. Nous avons besoin de recevoir le cadeau de sa justice. Ce cadeau nous est offert gratuitement en Jésus-Christ. Jésus a pris sur lui nos injustices, il a porté nos péchés sur la croix. En échange, il nous a donné sa justice, il a mis à notre compte sa parfaite obéissance. Nous sommes justifiés par la foi et non par les œuvres, nous dit l’apôtre Paul (Rm 3.28, 4.5 ; Ga 2.16). Voilà comment être justes devant Dieu : en étant revêtus de sa justice. C’est la seule manière d’être justes.

Dieu a promis la sécurité à ceux qui sont justes par la foi. Il a promis sa protection à ceux qui se confient en l’Eternel. Dieu n’a pas promis que tout serait facile, mais il a promis que le sceptre de la méchanceté ne reposerait pas toujours sur le lot des justes. Soyons patients ! Les méchants n’auront pas le dernier mot. Dieu nous a fait la promesse d’un héritage éternel, un nouveau ciel et une nouvelle terre qui sera notre « lot » pour toujours. Le pays promis à Israël était une image en miniature du grand et magnifique pays qui nous est promis pour l’éternité. Rien ni personne ne pourra nous ôter ce pays. Nous sommes en sécurité ! Nous marchons au milieu de bien des dangers, mais nous avons la promesse d’arriver un jour sains et saufs dans la nouvelle Jérusalem. Les pèlerins peuvent marcher avec confiance. Peu importe ce qui nous arrive, peu importent nos inquiétudes et nos combats, nous sommes en sécurité.

Pourquoi Dieu nous fait-il cette promesse? « Afin que les justes ne tendent pas les mains vers la fraude » (v. 3), afin que les justes ne soient pas tentés de faire le mal comme les méchants. Le bâton de la méchanceté est souvent une occasion de nous faire tomber dans la tentation. Quand des méchants dirigent le pays, les justes sont tentés de se révolter. Quand le sceptre de la méchanceté était sur David, David a été tenté de tuer Saül. C’est pour cela que Dieu n’a pas permis que le sceptre de la méchanceté repose toujours sur son serviteur David. Dieu connaît nos faiblesses. Il connaît nos tentations. Le Seigneur nous envoie des épreuves pour nous garder humbles et développer notre patience. Quand notre patron est difficile, il est tentant de lui manquer de respect. Pierre nous demande de respecter nos patrons, même ceux qui sont difficiles (1P 2.18). Il faut beaucoup d’humilité et de patience pour être capables de respecter des patrons non chrétiens qui sont difficiles. Mais Dieu connaît aussi nos faiblesses. Il atténue nos épreuves pour que nous ne soyons pas tentés au-delà de nos forces. Il impose une limite à nos tentations parce qu’il sait que nous sommes trop faibles pour les supporter. Il est notre sécurité au milieu des combats.

2. Une prière pour le bonheur et pour la paix (Ps 125.4-5)

La belle promesse de Dieu est suivie d’une belle prière présentée à Dieu. Les promesses de Dieu ne nous encouragent pas à la paresse, au contraire ! Les promesses de Dieu descendent vers nous pour que nos prières remontent vers lui. Les promesses de Dieu nous donnent confiance. « Ceux qui se confient en l’Eternel sont comme la montagne de Sion. » (v. 1) Cette confiance dans nos cœurs nous amène à prier. Le bâton de la méchanceté est encore là. Il touche nos têtes. Il touche nos vies. Il touche l’Eglise. Mais quand nous devenons convaincus que Dieu est notre sécurité, nous saisissons sa promesse. « Seigneur, j’ai entendu ta bonne Parole, alors accomplis ta promesse. » « Eternel, sois bienfaisant pour les gens de bien et pour ceux dont le cœur est droit ! » (v. 4)

C’est la prière du pèlerin. C’est la prière du pèlerin en route vers Jérusalem. Vous est-il déjà arrivé de dire cette prière ? Combien de fois prions-nous de cette manière ? « Eternel, sois bienfaisant pour les gens de bien et pour ceux dont le cœur est droit ! » Quelqu’un dira peut-être : « Mais je ne peux pas dire une telle prière parce que je sais que je ne suis pas parfait. Je crois que personne ne fait le bien. La Bible nous dit que personne n’est bon. Comment pourrions-nous prier pour des gens de bien ? » Cette prière est pourtant dans la Bible. Dieu nous l’a donnée, il doit sûrement y avoir une raison. Il est vrai que personne n’est bon en lui-même. Mais une fois que nous sommes justifiés en Jésus-Christ, une fois que nous sommes purifiés de nos péchés et revêtus de sa justice, le Seigneur nous transforme par son Esprit.

La Bible divise le monde en deux groupes : les fidèles et les infidèles, les bons et les méchants. Qu’est-ce qui fait que le fidèle soit bon ? C’est la régénération du cœur par le Saint-Esprit. Si le cœur est transformé, nous allons commencer à faire des œuvres bonnes. Ce n’est pas le bon fruit qui produit un bon arbre, c’est le bon arbre qui produit du bon fruit. Ce ne sont pas les bonnes œuvres qui produisent un homme bon, c’est un homme bon qui produit des œuvres bonnes. Il reste encore beaucoup de mauvais dans nos vies, mais la foi que Dieu a mise en nous y produit inévitablement le bien. Ce bien commence par un cœur droit et sincère.

Le bâton de la méchanceté touche nos vies et nous prions : « Eternel, sois bienfaisant pour les gens de bien et pour ceux dont le cœur est droit ! » Nous prions pour nous-mêmes. Nous avons besoin que Dieu nous fasse du bien. Nous prions pour nos frères et sœurs dans l’Eglise. Ils ont besoin que Dieu leur fasse du bien. « Sois bienfaisant, Seigneur, pour mes frères et sœurs qui sont malades, qui ont des problèmes au travail, qui vivent des tensions, qui ont des inquiétudes, qui sont fatigués. Fais-leur du bien. Entoure-les de ta bonté, selon ta promesse. » Nous prions pour les chrétiens ailleurs dans le monde, pour ceux qui sont durement touchés par le sceptre de la méchanceté. Nous prions pour les chrétiens persécutés en Chine, en Corée, au Pakistan, en Arabie, et ailleurs encore. Demandons au Seigneur : « Eternel, sois bienfaisant pour les gens de bien. » Fais du bien à ceux qui croient en Jésus-Christ. Répands sur eux tes bénédictions et tes richesses.

Qu’en est-il des méchants ? Que doit-il leur arriver ? « Mais ceux qui s’engagent dans des voies tortueuses, que l’Eternel les emmène avec ceux qui commettent l’injustice ! » (v. 5) Qu’ils soient bannis ! Qu’ils soient retranchés ! Que Dieu les amène au loin, tous ceux qui se détournent de la bonne voie ! Que va-t-il se produire ensuite ? La paix ! La paix dans l’Eglise. « Que la paix soit sur Israël ! » Jésus est venu apporter la paix entre Dieu et nous. Il est mort sur la croix pour nous réconcilier avec Dieu. Nous avons la paix avec Dieu. Mais Jésus est venu apporter une paix encore plus grande. Un jour, nous goûterons cette paix, quand Jésus viendra séparer les justes et les injustes, les boucs d’un côté et les brebis de l’autre. Le monde goûtera alors, pour la première fois, une paix complète et parfaite, quand les justes et les injustes seront définitivement séparés pour toujours. « Que la paix soit sur Israël ! » Que la paix soit sur ton Eglise !

Nous sommes en route vers cette paix. Nous sommes des pèlerins. Nous marchons vers la nouvelle Jérusalem. Nous vivons dans un monde mauvais, mais soyons convaincus que nous sommes inébranlables, aussi solides que la montagne de Sion. Que Dieu nous délivre du péché de l’inquiétude et de l’anxiété. Qu’il nous délivre du doute et qu’il nous affermisse dans la foi dans ses promesses. Nous sommes en sécurité, le Seigneur entoure son peuple comme les montagnes entourent Jérusalem. Oui, c’est vrai, nous sentons encore le bâton de la méchanceté sur nos têtes. Nous vivons dans un monde mauvais. La douleur et la souffrance sont encore là. Les tentations nous assaillent, le péché nous enveloppe facilement, le combat n’est pas terminé. Prions pour que Dieu fasse du bien à ceux qui font le bien et qui ont le cœur droit. Croyons qu’un jour le Seigneur viendra mettre fin à la méchanceté. Il viendra retrancher ceux qui font le mal et établir la paix parfaite. Ceux qui se confient en l’Eternel vivront pour toujours en sécurité. Amen.

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